(L'Equipe)
Ligue 1 - 5e journée

On a aimé... ou pas : le débrief de FF pour la 5e journée de Ligue 1

Après chaque journée de Ligue 1, FF.fr débriefe le week-end à travers ce qui a plu ou non à la rédaction. Cinquième épisode avec le car régie de la VAR, le manque d'audace de Jardim ou encore la com' de Neymar.

On a aimé

La masterclass de com' de Neymar
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on n'entend pas souvent le Brésilien dans les médias. Pas même lorsque ses manœuvres estivales lui intimeraient de le faire avant de retrouver le Parc des Princes. Mais Neymar est un malin : intimement, il a dû espérer que le scénario rêvé de samedi face à Strasbourg se réalise, afin de lâcher quelques mots en zone mixte. Chaque syllabe soupesée, chaque tournure précieusement choisie. L'objectif ? Se remettre en position de force par rapport aux travées du Parc, sans pour autant paraître impétueux et sans se cacher derrière des faux-semblants. «Tout le monde sait que je voulais partir. (...) Je comprends que ce soit très difficile pour eux. Mais à partir de maintenant, je suis un joueur du PSG. S'ils veulent me siffler, il n'y a pas de problème. (...) Les autres joueurs ne méritent pas de vivre cette situation. (...) Je n'ai pas besoin qu'ils soient là pour moi. Ce que je veux c'est qu'ils soient là pour le PSG.» Reçu cinq sur cinq ? Pas encore sûr, mais Neymar a fait un sans-faute pour sa reprise. Si sa com' pouvait passer davantage par lui-même et moins par son père, le Brésilien y gagnerait au change.

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La com' de Neymar après Strasbourg était parfaite

L'osmose marseillaise
Au coup de sifflet final à Louis-II, les embrassades ont duré, notamment entre Villas-Boas, Sanson et Benedetto, le double buteur du soir. Les sourires affichés ne trompent pas : la victoire des Marseillais sur Monaco peut être fédératrice. Et que cela tranche avec la saison dernière, où chaque joueur donnait l'impression de regarder ses pieds, où le collectif n'affichait aucune force, aucune vigueur. Non pas que l'on souhaite voir Villas-Boas développer une «Tuchelite» aïgue à base de câlins et de tendres déclarations en conférence de presse. Mais ces images d'un collectif marseillais retrouvé et d'un coach dont la confiance a été rendue au centuple par ses joueurs ce dimanche face à Monaco, ont de quoi réjouir. Pour l'OM, mais aussi pour la Ligue 1, qui devait se morfondre de voir un de ces monuments pâlir comme ce fut le cas la saison passée.

La victoire de l'OM à Monaco peut être fédératrice

Traoré et Araujo, la revanche dans la peau
Fini la rigolade. Terminé les crochets déroutants suivis d'une touche de balle approximative qui termine en six mètres, exit les conduites de balle douteuses la tête dans le guidon. Bertrand Traoré et Luiz Araujo ont dû se passer le mot : hors de question d'être réduits à des poulets sans tête une année de plus en Ligue 1. Alors vendredi, à quelques heures d'intervalle, les deux bonhommes ont fait la misère à Amiens et Angers. Si ça n'a pas suffi à Lyon, tenu en échec (2-2), Traoré s'est illustré d'un sublime centre décisif pour Dembélé (et oui, il a levé la tête pour y parvenir !). Un match dans la continuité de son début de saison. Quant au Brésilien, pour sa première titularisation, il a été au four et au moulin, et buteur pour la victoire du LOSC (2-1). Allez Messieurs, maintenant, le plus dur reste à venir : être réguliers !

Araujo et Traoré peuvent prétendre à des places de titulaires à Lille et Lyon

Dijon, des recrues à potentiel
Mama Baldé, Matheus Pereira, Stephy Mavididi... A Dijon, pour renforcer un secteur (in)offensif ultra-dépendant des fulgurances d'un Naïm Sliti parti, on a misé sur les jeunes. Les recalés des grands clubs, en l'occurrence le Sporting et la Juventus, dixit les mauvaises langues. Alors oui, face à Nîmes, les trois ont été maladroits, malchanceux, pas récompensés, à l'image de ce penalty qu'aurait pu (dû ?) obtenir Baldé en fin de partie. Ils connaissent un déchet imputable à leur jeune âge et le mauvais choix est, pour le moment, quasi systématique. Reste que par leur percussion et appels incessants, ils étaient les seuls à réveiller un secteur offensif à l'agonie. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Dijon a tiré seize fois contre Nîmes, contre cinq à Angers. Ne manque maintenant plus que la réussite. Mais on a tant raillé l'attaque dijonnaise que l'on ne peut que se réjouir de ces nouvelles têtes fraîches.

Dijon a intelligemment renforcé son secteur offensif

Bordeaux, de la suite dans les idées
Depuis la défaite en ouverture de la saison à Angers, Bordeaux ne perd plus. Quatre journées après ce revers inaugural, voilà que les Girondins sont à égalité de points avec Lyon. Samedi encore face à Metz, une formation joueuse - et ça fait plaisir qu'une équipe qui se bat pour le maintien produise du jeu - les hommes de Paulo Sousa ont maîtrisé leur match de bout en bout. Dans la continuité de ce que l'on avait pu apercevoir face à Lyon (1-1), avec une défense enfin stabilisée et une attaque libérée, délivrée ! Pour Paulo Sousa, le chantier était considérable. Et s'il ne faut pas s'enflammer, on peut au moins se dire que le technicien portugais a eu raison de s'obstiner, se dresser devant vents et marées, pour imposer sa patte. En plus de ça, le type est jusqu'au-boutiste, pas satisfait malgré la très belle victoire des siens : «On a donné à l'adversaire la possibilité de s'installer dans notre milieu de terrain et de construire des occasions de buts. Pour ça, je ne suis pas content du tout. Ma seule satisfaction, c'est de ne pas avoir encaissé de but.» Ca doit filer doux à Bordeaux. Et c'est pas plus mal.

Paulo Sousa a eu raison de s'obstiner avec sa philosophie de jeu

On n'a pas aimé...

La léthargie du PSG
Parfois, souvent même, le Paris Saint-Germain est la caution spectacle du week-end de Ligue 1. Forcément, car qui dit stars dit beaux gestes, et qui dit domination collective dit enchaînements de haute volée. Le PSG est pourtant coutumier des matches indigestes ces derniers mois, et celui face à Strasbourg entre facilement dans le top 10 des derniers exercices. Outre le manque d'intensité, le PSG n'a jamais su trouver la solution face au bloc dense du RCSA. Pas étonnant, quand on attaque à 100% par... l'axe. Neymar en 10, Di Maria recentré, Sarabia sans folie, Choupo-Moting inutile, Kurzawa sans plus-value : un bon cocktail de rentrée. Au moins, ce scénario total ennui a permis à Neymar de se muer en héros du jour. Caution spectacle on vous disait...

Tuchel a de plus en plus de mal à faire jouer son onze

Y a-t-il un pilote dans le car régie ?
Ce week-end de la 5e journée a une nouvelle fois été marqué par l'importance de la VAR. Avec des conséquences désastreuses au cours de Brest-Rennes, où le jeu a été interrompu dix minutes. Avec Monsieur Turpin qui avait d'abord décidé d'accorder le but aux Rennais avant de changer d'avis, visiblement sous la pression finistérienne. Premier (gros) problème, mais difficile de ne pas pointer du doigt les arbitres du car vidéo, censés aider au mieux le directeur de jeu pour limiter les erreurs. Sauf qu'on aimerait bien savoir ce qu'il se passe lorsque la VAR doit intervenir. L'impression que certains arbitres vidéo ne parviennent pas à se faire à ce rôle nouveau du foot moderne. Samedi soir, c'est clairement leur incapacité à comprendre ce qu'il se passait qui a entraîné ce Brest-Rennes dans cette situation. Un problème d'hommes ? Un problème de pression du poste ? Autre chose ? Sur ce match, rappelons aussi que Monsieur Turpin n'a pas du tout été alerté sur un penalty qui semblait évident pour les hommes de Stéphan en première période... Peu importe, à vous de bouger Monsieur Garibian et les instances de l'arbitrage. C'est très, très, très urgent.

Lire aussi : VAR : Turpin, une décision qui pourrait faire date

Le car vidéo et les assistants, le noeud du problème de la VAR

Le manque de courage de Jardim
Les arabesques de Golovin, les percussions de Gelson Martins, le sens du positionnement de Slimani. Alors que les joueurs offensifs de Monaco s'illustrent depuis le début de la saison, ils sont plombés par une défense qui accumule les erreurs défensives. Alors, oui, nous ne sommes pas à l'entraînement tous les jours, nous n'avons pas autant d'éléments que Jardim pour choisir ses joueurs. Mais à moins que le petit Arthur Zagre soit encore trop occupé à nettoyer les crampons des anciens et que Benoît Badiashile refuse obstinément de sortir du bus de l'équipe, difficile de croire qu'eux, et Benjamin Henrichs actuellement blessé, feraient pire que la ligne défensive actuelle. Un peu d'audace, que diable ! Etant donné l'état de décrépitude de sa charnière, Leonardo Jardim serait bien inspiré de renverser la table. Au risque de mourir avec ses idées...

Jardim doit reconsidérer sa défense en faisant confiance aux jeunes

E.S, C.R, J.C, T.C et A.D.
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