(L'Equipe)
Ligue 1 - 2e journée

On a aimé... ou pas : le débrief de la deuxième journée de Ligue 1

Après chaque journée de Ligue 1, FF.fr débriefe le week-end à travers ce qui a plu ou non à la rédaction. Deuxième épisode avec Camavinga, Vieira, Payet ou le VAR.

On a aimé

La jeunesse insouciante d'Eduardo Camavinga
Son match contre Montpellier en avait déjà fait l'attraction de ce début de saison en Ligue 1. Mais du haut de ses 16 ans, le Rennais Eduardo Camavinga a montré, dimanche face au Paris Saint-Germain, qu'il était potentiellement bien plus qu'une hype passagère. Étonnant de justesse au milieu de terrain, il n'a jamais perdu le contrôle de son match face à un milieu parisien aux abonnés absents. Sa passe décisive lumineuse pour Romain Del Castillo (48e) est venue sublimer une prestation très aboutie, avec 57 ballons touchés (1er Rennais) et 100% de passes réussies. Malgré son jeune âge et son physique encore frêle, il ose et joue avec une insouciance rafraîchissante qui lui a certes valu quelques taquets dimanche soir (6 fautes subies), mais qui a mis son équipe sur le chemin de la victoire.

Eduardo Camavinga sera la révélation de cette saison en Ligue 1

Le geste de Payet
On l'a vu entreprenant, inspiré, le seul à même de porter le danger au sein d'une ligne offensive marseillaise morose. Alors, quand un penalty estampillé VAR a pointé le bout de son nez à la demi-heure, rien de plus naturel que de voir Dimitri Payet, tireur attitré, prendre le ballon dans les mains et s'élancer vers le petit point blanc. Sauf que le Réunionnais est un gentleman. Un seul coup d'œil vers Dario Benedetto a suffi au numéro 10 pour se raviser et offrir l'opportunité à l'Argentin de lancer son aventure olympienne de la meilleure des manières. Quand les crêpages de chignon dignes d'une cour de récré sont légion pour ce court instant de splendeur, l'offrande frôle la passe décisive. Frôle, seulement, car Pipa a finalement envoyé un drop en tribune Loire.

Dimitri Payet a eu raison de laisser tirer Dario Benedetto

Patrick Vieira, la réussite se charge du bruit
On a vu son adversaire du soir, Bernard Blaquart, maugréer sur le manque de profondeur de son effectif l'été durant. Son homologue Patrick Vieira, lui, navigue à vue dans l'horizon nébuleux de l'été niçois. Pourtant, l'ancien milieu d'Arsenal ne souffle pas mot en public d'un mercato qui le préoccupe sans aucun doute. Sa meilleure carte offensive, Allan Saint-Maximin, s'en est allée à Newcastle, et son secteur offensif est aujourd'hui désert. A défaut d'un rachat qui tarde à s'officialiser, Patrick Vieira continue de travailler humblement. Mieux, le champion du Monde 98 tire la quintessence de son groupe, et les deux premières journées ont été ponctuées d'autant de succès face à Amiens (2-1) et Nîmes (2-1). On ose à peine imaginer ce que donneraient les Azuréens avec un effectif plus garni...

Patrick Vieira est l'un des meilleurs entraîneurs de Ligue 1

La patte Sylvinho
D'aucuns diront que, si elle ne s'est pas vraiment faite ressentir durant la préparation lyonnaise, c'était pour mieux éclater aux yeux de tous en ce début de saison. En ouverture de la deuxième journée de Ligue 1, c'est un véritable festival offensif que l'Olympique Lyonnais de Sylvinho nous a offert, balayant d'un revers de main une équipe d'Angers dépassée (6-0). Dans l'attitude, le pressing très haut et agressif, le jeu rapide et les mouvements, notamment sur les côtés, cet Olympique Lyonnais porte déjà des signes intéressants d'évolution par rapport au dernier exercice. Avec un effectif aussi riche en qualité, notamment un milieu de terrain qui s'est largement renforcé, et un entraîneur avec des idées à revendre, cet OL peut faire de belles choses cette année en Ligue 1. Et, même s'il est encore trop tôt pour être définitif, on a envie de croire que ce début de saison en fanfare n'est pas étranger à la patte de Sylvinho.

Le Lyon de Sylvinho peut titiller le PSG cette saison

L'adaptation express d'Habib Diallo à la Ligue 1
Deuxième meilleur buteur du dernier exercice de Ligue 2 avec 26 pions, l'attaquant sénégalais a été maintenu cette saison par Vincent Hognon et Frédéric Antonetti pour tenir les rênes de l'attaque messine. Et à ce jour, ils ne s'y sont pas trompés. Déjà auteur du but de l'égalisation la semaine passée à Strasbourg, Habib Diallo a récidivé samedi. Et cette fois sa victime fut monégasque. Après avoir ouvert le score sur penalty, il a fait le break en début de seconde période sur une réalisation pleine de sang-froid dans les six mètres de Lecomte. La Ligue 1 ne fait pas peur à Diallo, qui contrairement aux Bozok, Niane et autres Diedhiou -qui avaient brillé en Ligue 2-, a fait une entrée fracassante dans l'élite. Prometteur.

Habib Diallo terminera dans le Top 10 des buteurs de Ligue 1

On n'a pas aimé

Ce Monaco sans réaction
Déjà bien abîmé par la saison passée, le Rocher monégasque se fissure toujours un peu plus de semaine en semaine. Après avoir encaissé une lourde défaite contre Lyon en ouverture (0-3), on pouvait s'adonner au petit jeu de trouver des excuses aux troupes de Jardim. Un groupe rajeuni, un carton rouge tôt dans la partie, la belle adversité lyonnaise...Mais ce samedi, les Monégasques sont repartis de leur déplacement chez le promu messin avec une nouvelle valise (3-0), malgré le onze plus qu'attrayant mis en place par Leonardo Jardim. Ben Yedder et Onyekuru alignés d'entrée, un bloc défensif séduisant, un gardien de top niveau... Tous les signes étaient pourtant au vert pour lancer leur saison. Mais rien n'y a fait. Pas de réaction, pas de révolte... Les dirigeants vont encore recruter, chercher les solutions de ces échecs à répétition pour tenter irrémédiablement de reprendre du poil de la bête, mais ce Monaco est inquiétant. Effrayant même.

Le modèle monégasque a atteint ses limites

L'entêtement de Paulo Sousa
Lorsqu'il est arrivé à la tête des Girondins de Bordeaux, en mars dernier, Paulo Sousa avait des idées de jeu bien claires : mettre en place son fameux 3-4-3. Un dispositif qui avait plutôt bien fonctionné lors de son passage à la Fiorentina. Sauf que l'effectif n'est cette fois pas le même. Mais rien n'y fait... Son équipe a eu beau paraître perdue sur le terrain samedi soir face à Montpellier, surtout en première période, le technicien n'a pas cherché à s'adapter. Son système, qui repose sur des pistons (qu'il n'a pas vraiment) et sur des milieux avec plus de coffre, ne fonctionne pas avec l'effectif actuel. Alors, en attendant d'éventuelles recrues, on aurait aimé le voir tenter autre chose. En vain. Une chose est sûre, pour l'instant, les résultats ne parlent pas pour lui : 2 victoires sur ses 12 derniers matches de L1. Il serait peut-être temps de réfléchir, non ?

En attendant d'éventuelles recrues, Paulo Sousa doit changer de système

Le flou permanent autour du VAR et de son utilisation
L'assistance vidéo était censée fournir un peu de latitude, mais aussi de la visibilité et des certitudes au corps arbitral. Une aide précieuse, en théorie, mais quelque peu néfaste dans la pratique. Et pour cause, depuis son instauration sur le territoire hexagonal, force est de constater que cette dernière déchaine les passions et fait l'objet d'une campagne vindicative, dans laquelle la critique acide est de mise. Et la décision d'allouer un penalty à l'OM après une mimine nantaise, sur la pelouse de la Beaujoire, et ce, alors que Kamara a touché au préalable le cuir avec sa patoche ne fera pas taire les plus sceptiques. Particulièrement lorsque, quelques heures plus tard, dans un cas semblable, François Letexier ne jugeait pas bon d'incriminer Dante. La bonne utilisation du VAR semble aujourd'hui si rare, que sa plus-value n'en est que dérisoire. L'arbitre central, lui, à la botte de la technologie, en perd même toute capacité réflexive. De nombreux réglages sont encore à faire...

La LFP doit absolument communiquer sur la bonne ou mauvaise utilisation du VAR

M.A, C.R, A.A et N.J.
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ghys59 19 août à 13:04

La mise en place de la VAR date de plus d'une saison et son utilisation pose problème. De ce point de vue, la coupe du monde féminine fut une catastrophe. On peut même parler de sabotage. Ce ne fut guère mieux à la CAN et lors de la Copa America. Il est grand temps de se servir correctement de cet outil. Et d'obliger les arbitres à aller regarder l'écran lorsqu'il y a doute. La VAR n'a pas corrigé les erreurs d'arbitrage, bien au contraire!

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