ben arfa (hatem) (S.Mantey/L'Equipe)
CDF - Rennes

«On a fait une remontada. Mais ils ont l'habitude» : Pour Hatem Ben Arfa, la vengeance est un plat qui se mange froid

En remportant la Coupe de France face au PSG, Hatem Ben Arfa s'est vengé de deux saisons qui l'avaient marqué au sein du champion de France. Et il ne s'est absolument pas privé de dézinguer son ancien club.

Il ne pouvait plus se retenir. L'émotion était bien trop forte. Les larmes coulaient. «Je ne pleure jamais d'habitude, racontait Ben Arfa après la victoire rennaise en Coupe de France. Là, c'était trop fort. Avant, quand je regardais les Jeux Olympiques et que je voyais les athlètes pleurer, je ne comprenais pas. Mais là, je comprends. L'émotion monte et tu ne peux rien faire.»

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Ben Arfa ne pouvait retenir ses larmes après avoir remporté la Coupe de France face au PSG. (A.Mounic/L'Equipe)
Ben Arfa ne pouvait retenir ses larmes après avoir remporté la Coupe de France face au PSG. (A.Mounic/L'Equipe)

Comme une plaie qui ne s'était jamais renfermée

Une scène rare mais qui révélait beaucoup de choses. Comme si cette soirée magique du 27 avril 2019 renfermait enfin une plaie qui l'avait fait souffrir pendant des mois. Ces deux saisons, de 2016 à 2018, où Hatem Ben Arfa n'avait pas réussi à se faire une place dans l'effectif cinq étoiles du PSG. Placardisé, presque humilié (même s'il avait également une part de responsabilité), en conflit avec Unai Emery (après la remontada barcelonaise, Ben Arfa lui avait lancé qu'il ne dépasserait jamais les huitièmes de finale de la Ligue des champions même avec la meilleure équipe du monde), en guerre froide avec Nasser Al-Khelaïfi qui n'avait pas digéré la sortie de son ancien joueur devant l'émir du Qatar, expliquant qu'il ne parvenait jamais à joindre le président du PSG. HBA avait quitté Paris en ne jouant carrément aucun match lors de la saison 2017-18.

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Une envie de revanche, et même de vengeance.
Si l'objectif premier de cette finale de la Coupe de France était un objectif collectif, pour ramener un trophée à Rennes pour la première fois depuis 48 ans, il ne fait aucun doute que Ben Arfa avait également un objectif personnel, au plus profond de lui. Une envie de revanche, et même de vengeance. L'envie de mettre un point final à sa relation tumultueuse avec le PSG. C'était la troisième fois de la saison qu'il affrontait son ancien club (deux défaites en Championnat 1-3 et 1-4) mais l'occasion était là idéale pour enfoncer un peu plus un Paris qui a validé la pire saison de l'histoire de QSI.

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Pas auteur d'un très grand match, Ben Arfa s'est montré plutôt imprécis sur la pelouse du Stade de France. Un peu trop soliste, mais tout en gardant une fraîcheur physique pour disputer les 120 minutes de la rencontre. Signe aussi qu'il a retrouvé ses capacités après sa saison blanche en 2017-18. Dangereux dans la prolongation, notamment avec une frappe non cadrée (110e), Ben Arfa, 32 ans, a usé de son sang-froid pour transformer le deuxième tir au but de son équipe. Un 6/6 pour les Rennais qui ont ensuite vu Christopher Nkunku envoyer sa tentative dans les tribunes pour offrir la Coupe de France aux Bretons et à Ben Arfa.

«Un jour, Adrien Rabiot va revenir avec une équipe et il va leur faire mal»

L'ancien international français (15 sélections) venait, selon ses dires, de valider le «plus beau titre» de sa carrière. Le moment était alors venu de régler ses comptes. D'abord face à Nasser Al-Khelaïfi, quand HBA est allé chercher le trophée et la médaille du vainqueur. On attendait sûrement un président du champion de France plus digne, lui qui faisait d'abord mine de ne pas avoir vu son ancien joueur, avant, tel un mauvais perdant, de s'obliger à lui serrer la main devant celle tendue par Ben Arfa.
Le Rennais commençait ensuite son festival, micro ouvert. «Ça m'amène une émotion exceptionnelle, raconte-t-il d'abord à France 2 quand il descend du podium de l'enceinte de Saint-Denis. Oui, c'est particulier, surtout par rapport au président Nasser. Dans la vie, il ne faut jamais sous-estimer son adversaire. Un jour ou l'autre, il revient plus fort.» Round 1 terminé. La suite en zone mixte, avec évidemment des propos qui font écho à ce qu'il a vécu à Paris : «Il faut toujours respecter l'humain, lance-t-il. Quand on respecte l'humain, ça se passe bien. Quand on ne le respecte pas, à un moment donné, tu le payes. Je ne parle pas du club du PSG. Le PSG, je l'aime beaucoup. Je parle plutôt de ceux qui gouvernent.» Round 2, le K-O n'est pas loin.
«C'était vraiment le gros PSG, et on a fait une remontada. Mais ils ont l'habitude.»
Ben Arfa déroule encore. «Un jour, Adrien Rabiot va revenir avec une équipe et il va leur faire mal. C'est la vie. On doit respecter l'être humain. Le respect de l'humain, c'est ce qu'il y a de plus important.» Avant une dernière salve. «C'était vraiment le gros PSG, et on a fait une remontada. Mais ils ont l'habitude.» Clinique.
Timothé Crépin 
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jose.gordino 29 avr. à 19:42

BA s’est vengé!!?!!En dehors de la hargne des ses coéquipiers qui a permis à Rennes d’emporter la coupe, BenArfa lui a été transparent. Pas un tir cadré, pas une passe décisive, que dalle!Alors il nous fait rigoler avec sa vengeance et ses paroles qui font bander les médias! Ah et Veronique Rabiot aussi, c’est vrai.

Lartiste 28 avr. à 16:56

Clean sheet Hatem! Propre !!!

Om830000 28 avr. à 11:03

mdr psg a jamais les premiers

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