Le président de Pau Bernard Laporte-Fray (troisième en partant de la gauche), ici lors de la défaite de Pau face au PSG (0-2), le 29 janvier, en 8es de finale de la Coupe de France. (N. Luttiau/L'Équipe)
National

Pau et Dunkerque choqués par la décision de la FFF de ne pas arrêter définitivement le National

Les deux premiers du National, Pau et Dunkerque, se voyaient en L2 quand la Fédération a décidé, jeudi, de laisser la porte ouverte à une éventuelle reprise de la saison, stoppée en raison de la pandémie de coronavirus. Les présidents des deux clubs sont amers.

La saison du National ira-t-elle vraiment jusqu'à son terme ? Jeudi, la FFF a sifflé la fin des Championnats amateurs jusqu'en N2, mais pas celui du troisième échelon du football français, stoppé à la 25e journée avec encore neuf matches à disputer pour les équipes dont le calendrier est à jour.
Pau et Dunkerque occupaient les deux premières places du classement, synonyme de montée en L2, au moment où la pandémie de coronavirus a gelé les compétitions. Mais le suspense pouvait être encore très grand avec neuf journées restantes. En tout cas, ils n'imaginaient pas que la FFF décide de laisser la porte ouverte à une reprise.
« On n'est pas en L1 ou en L2, nos joueurs n'ont pas des maisons, des jardins, des salles de muscu chez eux »
« Je suis déçu, avoue le président palois Bernard Laporte-Fray dans La République des Pyrénées. Pourquoi est-ce qu'on nous prend pour des pros aujourd'hui alors qu'on sait nous rappeler à maintes reprises qu'on est amateurs ? Il y a plusieurs discours, considérations. Il aurait été beaucoup plus simple d'acter, comme pour les autres clubs amateurs, un arrêt et une validation de notre Championnat. La Fédération espère pouvoir poursuivre le National, mais comment et quand ? Nous, on n'est pas en L1 ou en L2, nos joueurs n'ont pas des maisons, des jardins, des salles de muscu chez eux. Certains sont confinés depuis un mois dans des chambres de 15 mètres carrés avec une heure d'autorisation de sortie par jour pour aller se défouler. Il y avait une dynamique sportive. Aujourd'hui, elle n'y est plus. Sachant qu'il faut cinq semaines de réathlétisation par rapport à une coupure supérieure à un mois, on finira peut-être par nous demander d'arrêter le Championnat à la 28e journée plutôt qu'à la 25e ! Je ne comprends pas. »

Le président de Dunkerque démissionne de la présidence de l'U2C2F

Président de Dunkerque, Jean-Pierre Scouarnec a lui décidé de démissionner de la présidence de l'U2C2F (Union des clubs amateurs). « Je ne suis plus président parce que pour défendre mon club, je ne peux pas aller contre les intérêts de l'U2C2F, a-t-il expliqué à RMC Sport. Donc à partir de ce moment-là, j'ai préféré démissionner avec effet immédiat de ma mission de président que m'avaient confié les clubs de football amateur. J'aimerais aujourd'hui que la Fédération et la Ligue du foot amateur m'expliquent la différence entre le N2 et le National. J'ai une incompréhension totale mais j'ai un avis sur la question car notre Championnat est particulier avec la présence de clubs professionnels (Red Star, Bourg-en-Bresse, Gazélec Ajaccio, Béziers), qui ont gardé leur statut depuis leur passage en L2. Et ces clubs pros ont mis la pression sur la Fédération qui a répondu en disant : on va botter en touche en attendant et en laissant entendre que cela pourrait reprendre. »
« Cette réflexion signifie qu'on nous considère davantage comme professionnels. C'est une bonne chose dans le sens où on demande d'avoir cette considération-là depuis pas mal de temps »
Le sentiment des deux premiers du Championnat n'est pas forcément partagé. « C'est une décision cohérente, estime dans Ouest-France Jacques Piriou, président de Concarneau (11e). Le National est un Championnat hybride, à mi-chemin entre l'amateurisme et le professionnalisme. Le fait que cette décision soit adossée au fonctionnement de la L1 et de la L2 et qu'on soit intégré dans cette réflexion me satisfait, car elle signifie qu'on nous considère davantage comme professionnels. C'est une bonne chose dans le sens où on demande d'avoir cette considération-là depuis pas mal de temps. Depuis le début, le souhait des clubs de National a toujours été de pouvoir continuer et terminer le Championnat. La seule problématique, c'est l'organisation. Aujourd'hui, que ce soit en National, L2 ou L1, personne n'est capable de dire comment tout va se passer si on doit reprendre. »
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Heraclite 17 avr. à 13:13

Donc on pourrait reprendre une saison après 3 mois de coupure et a huis-clos au prétexte d'une équité sportive qui somme toute plus qu'aleatoire et å tendance misanthropique alors que les deux tiers du championnat se sont déjà déroulés. Enterinons les classements, laissons les joueurs se remettre tout doucement de ces trois mois d'interruption, l'équité sportive en sortira tout aussi grandie

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