bouby (pierre) (MAO/L'Equipe)
Médias

Pierre Bouby : «Les Grosses Têtes, je me suis marré comme une baleine»

Un footeux aux Grosses Têtes, c'est ce qui s'est passé la semaine dernière avec le passage de l'Auxerrois, prêté à Orléans, Pierre Bouby. Le milieu de terrain est si drôle sur Twitter que cela incité Laurent Ruquier à l'inviter. Bouby raconte son passage sur les ondes. Et ce n'est qu'un début...

«Est-ce qu'on vous appelle déjà la Grosse Tête à Orléans ?
Non ! Certains coéquipiers ont écouté.
 
Et ils ont chambré ?
Non, pas du tout. Ils m'ont même dit que c'était bien, ils étaient contents de ma prestation, c'est que ç'a dû leur plaire.
 
C'était une émission que vous écoutiez dans le passé ?
Pas du tout. J'en ai toujours entendu parler puisque Philippe Bouvard reste quand même une figure. Mais sinon j'étais trop jeune et je ne me rappelais pas du tout que ça se passait dans cet état d'esprit. Je dois d'ailleurs être le plus jeune à avoir intégré cette équipe. Le public de cette émission est complètement différent du mien sur Twitter et de ce que je regarde en général. Et finalement, j'ai vraiment passé un super moment, je me suis marré comme une baleine, j'ai kiffé de ouf (sic). Bernard Mabille, par exemple, est trop marrant. C'est quelqu'un qui ne regarde pas du tout le foot. Et une fois, je l'avais attaqué parce qu'il avait dit que c'était un sport de cons, regardé par des cons. J'avais repris sa phrase en disant : ''Les cons t'emmerdent.'' Ca remonte à un moment déjà, mais je suis arrivé à l'émission avec un petit a priori sur lui. Et franchement, c'est l'une des personnes qui m'a le mieux accueilli. C'est quelqu'un qui fait partie des murs. On a bien discuté et j'ai vite vu qu'il avait dit ça pour faire le con et ç'a marché parce que je suis rentré dedans comme un couillon.

«Ruquier était à la recherche d'un sportif»

Depuis une semaine, réalisez-vous ce qui vous arrive médiatiquement ?
Je m'en rends compte par rapport aux interviewes qui me sont demandées. Après, moi, je subis un peu la chose, mais ça me fait kiffer, je suis content.
 
Si on refait le cours de l'histoire, c'est sur Twitter que ç'a pu être possible...
J'ai tweeté en premier, Ruquier m'a répondu. Je n'ai pas pris ça au premier degré mais comme un jeu. Derrière, deux ou trois personnes qui bossent à la télé et que je connais m'ont dit que Ruquier n'avait pas l'habitude de jeter des tweets comme ça dans le vent et qu'il fallait peut-être que je m'attende à recevoir un coup de fil. On s'est appelé quinze jours plus tard, il m'a détaillé le principe de l'émission, ce qu'il attendait de moi, ce qu'il recherchait. Il m'a ainsi expliqué qu'il était à la recherche d'un sportif pour intégrer l'équipe. Il ne trouvait pas spécialement. Sur Twitter, il a ainsi vu mon état d'esprit, ce que je dégageais. Ca l'a sûrement fait marrer et il s'est dit que j'avais peut-être ma place avec eux pour balancer des conneries ! Il ne m'a pas mis de pression du tout, il m'a dit que je passais quand je pouvais.
 
Entre janvier et mars, il a alors fallu trouver un créneau...
Il ne faut pas oublier que j'ai un métier avec un club à respecter. Il me fallait l'aval d'Orléans. La semaine dernière, on n'avait pas de match, ça rentrait dans les clous parce que j'avais des rendez-vous personnels à Paris. Je pouvais faire d'une pierre, deux coups. Le coach m'a donné son autorisation. Je lui ai exposé le problème, il m'a dit qu'il n'y avait aucun souci. Il m'a juste dit d'être bon !
 
Dans quel état d'esprit vous êtes-vous rendu là-bas ?
Je n'avais pas d'appréhension, toute l'équipe m'a mis à l'aise avec Laurent (Ruquier), Isabelle Mergault, Jean-Pierre Coffe (NDLR : décédé le 29 mars 2016 après l'interview), Florian Gazan : tous ceux qui étaient là, ça s'est vraiment bien passé. Une équipe sympa qui ne m'a pas du tout pris de haut.
J'y suis allé dans l'état d'esprit suivant : à partir du moment où je ne triche pas sur Twitter, c'est-à-dire que je suis comme dans la vie, je vais être comme je suis dans la vie à la radio. Je n'avais pas besoin de jouer un rôle. Je n'étais donc pas spécialement tendu, en train de chercher des vannes toutes les deux secondes. Je sortais ce qui me passait par la tête...
«J'ai un peu de culture, mais au cours des questions sur les académiciens ou les poètes des années 1530, je n'étais pas très au taquet»
Avant l'antenne, pendant ce premier accueil, avez-vous tenté de tester vos blagues ?
Ils m'ont dit d'y aller franco ! Après, c'est compliqué, je ne connais pas leur vie, je les connais de nom, j'ai un peu de culture, mais au cours des questions sur les académiciens ou les poètes des années 1530, je n'étais pas très au taquet. Mais ce n'est pas ce qu'ils recherchaient non plus. C'était plus l'esprit vanneur de Twitter que je peux avoir, le tout avec un peu de répartie.
 
Est-ce qu'ils savaient qui vous étiez ? 
De Twitter uniquement. Sinon, il n'y avait que Florian Gazan qui me connaissait de nom. C'est tout.
 
Pour un blagueur comme vous, le bide était-il une peur ?
Pas du tout. Là où j'ai eu le plus de difficulté, c'est par rapport à la radio, au micro et au fait de me faire entendre. Il faut que j'apprenne, je n'ai pas vingt ans de radio derrière moi.
 
Puisque vous êtes un footballeur, on a vite senti que vous étiez une sorte d'attraction. Et on a eu l'impression que vous vouliez en quelque sorte défendre votre profession...
Oui et non. Ce n'est pas le combat de ma vie. Moi je parle en tant qu'être humain : quelqu'un qui est con dans la vie, il sera con, point barre. Il n'y a pas besoin d'être footballeur pour être plus con qu'un autre. Je connais beaucoup de footballeurs qui ont très bien réussi leur vie d'après... C'est ce que je dis dans toutes les interviews : il y a des cons plombiers, des journalistes qui sont cons aussi. Ce n'est pas une question de profession.

«Je n'allais pas me lancer dans une plaidoirie pour défendre les footballeurs»

Est-ce que ça ne vous a pas lassé qu'on vous demande très rapidement votre avis sur l'affaire Benzema/Valbuena ?
Je m'y attendais, c'était sûr et certain. J'avais posté un tweet deux jours avant en disant que je n'avais pas forcément choisi un super timing pour aller à l'émission.
C'est de bonne guerre. Le cliché du footballeur est connu et il est facile à avaler. Mais j'ai pu envoyer deux ou trois taquets qui sont bien passés.
 
Vous aviez envie de convaincre les gens qu'un footeux pouvait faire autre chose que bien jouer avec un ballon aux pieds ?
Non, absolument pas, ce n'était pas l'ambition. Je n'avais rien à défendre. J'y allais pour rigoler, c'est tout, je ne suis pas avocat. Je n'allais pas me lancer dans une plaidoirie pour défendre les footballeurs.
 
Y a-t-il une vanne que vous aviez préparé mais que vous n'avez pas encore pu placer ?
J'en ai plusieurs en stock, mais je ne vais pas les dire ! J'ai réécouté les émissions suite à mes deux passages, et j'ai eu des idées que je n'ai pas sorties ou que j'ai mal sorties en direct. Il faut juste que je les balance au bon moment, mais je sais que j'en suis capable.

«Travailler dans les médias, ça me brancherait»

Vous êtes un vrai pro, vous vous réécoutez...
Pour avoir un avis objectif. Quand je fais ce genre de trucs, j'ai envie de le faire correctement. Je ne dis pas que j'ai ma place, loin de là, mais c'est quelque chose où je me suis senti super à l'aise. La radio, ça me plaît, les médias aussi. Travailler là-dedans, ça me brancherait. Je préfère donc prendre de l'expérience tout de suite, voir ce que je vaux. Mais je me rends compte que Twitter ne ment pas : si j'étais nul, on me l'aurait balancé en pleine gueule. Personne ne m'a dit que je n'avais rien à foutre là-bas. Sur Twitter, il y en a juste un qui m'a demandé si je n'avais pas peur d'oublier mon métier premier qui est le football. Je lui ai répondu que je n'étais pas sûr que passer aux Grosses têtes empêchait Gérard Jugnot d'être un bon acteur... 
Vous vous sentez désormais de la famille Grosses Têtes ?
Ils m'ont proposé de revenir, c'est que ça leur a plu. Je crois d'ailleurs que, question audience, ç'a marché. Je n'ai pas eu les chiffres, mais sur le premier jour, je pense qu'il y a eu une petite montée d'audience.
 
Qu'est-ce qu'elle en dit de tout ça, votre femme ?
Elle est contente ! Elle me dit de m'éclater et de me marrer. Elle me soutient. Elle commence à voir que Twitter commence à prendre un peu d'ampleur. Elle m'encourage.

«Est-ce que c'est payé ? C'est loin d'être une prime de match»

En tout cas, ça vous donne des idées pour la suite. Même si vous savez peut-être déjà ce que vous ferez plus tard...
(Il coupe) Absolument pas. J'ai envie de me tourner vers ce genre de métiers, les médias. Mais pour le moment, je n'ai pas d'offres. Je me contente des Grosses Têtes, et de toute façon, je n'ai pas encore terminé ma carrière, j'ai encore envie de jouer au foot. Je n'oublie pas que c'est ça qui me donne à manger tous les jours et qui nourrit mes gosses. Je ne suis pas fou au point de dire ''J'arrête tout, je me casse à la radio''.
 
La fréquence de RTL à Orléans ?
Je ne sais pas. C'est marqué RTL dans ma voiture quand je le mets.
 
Bonne réponse. Et est-ce que vous êtes payé pour distiller vos blagues sur les ondes ?
Oui, j'ai touché un truc. C'est loin d'être une prime de match.
 
On peut savoir combien ?
C'est un petit cachet. Je pense que ça fait partie de la philosophie de RTL de donner quelque chose à ceux qui viennent.»
Timothé Crépin 
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fafac1 31 mars à 22:48

Il a l'air plutôt cool le gars, j'ai entendu les émissions... Pas mal débrouillé en plus !!!

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