van nistelrooy (ruud) vieira (patrick) (M. De/L'Equipe)
Angleterre - 12e journée

Pizzagate, la bataille d'Old Trafford et les onze enfants... Manchester United - Arsenal : la rivalité expliquée en cinq anecdotes

À l'occasion du Manchester United - Arsenal (1-1), FF revenait sur la rivalité entre les deux clubs en cinq anecdotes électriques.

Le but (et les poils) de Giggs

Ce but, c'est un moment culte de la rivalité entre les deux clubs. Mais c'est aussi l'un des plus beaux buts de l'histoire de la Coupe d'Angleterre. Lors de la saison 1998/99, Arsenal et Manchester United s'affrontent en demi-finales. Entre eux, la rivalité est, alors, à son apogée. En Premier League, ils mènent une lutte acharnée pour décrocher le titre. Et le 14 avril 1999, à Villa Park (Birmingham), ils se disputent une qualification en finale de la FA Cup lors d'un match à rejouer. À l'issue du temps réglementaire, le score est de 1-1. Direction les prolongations. C'est alors que Ryan Giggs inscrit un but d'anthologie. Ivre de joie, le Gallois retire son maillot, et laisse apparaître une pilosité qui marque, jusqu'à aujourd'hui, les mémoires des spectateurs. «J'entends encore les cris de leur équipe», dira, seize ans plus tard, Arsène Wenger, l'entraîneur d'Arsenal, hanté.

Le Pizzagate

En octobre 2004, leur rivalité atteint un niveau inimaginable. Arsenal surfe, alors, sur une série de quarante-neuf matches sans défaite, jusqu'à... la rencontre face à Manchester United. Les hommes d'Alex Ferguson s'imposent 2-0 dans un match au double surnom : «La Bataille du buffet», aussi connu sous le nom de «Pizzagate». Après un match électrique, les esprits continuent à s'échauffer dans le tunnel. Et une part de pizza finit par être envoyé en plein visage... d'Alex Ferguson. «Tout le monde était sans voix face à cette part de pizza, qui glissait de ce célèbre visage rougeâtre vers un impeccable costume», témoignera Ashley Cole, alors Gunner, dans son autobiographie.

Rude Van Nistelrooy

«La Bataille d'Old Trafford» a laissé un souvenir amer aux supporters londoniens. Le 21 septembre 2011, les deux équipes se quittent sur un pauvre match nul (0-0). Il est, toutefois, riche en rebondissements. À chaque fois, ou presque, Ruud Van Nistelrooy est dans le coup. Le Néerlandais est impliqué sur l'expulsion de Vieira. Ensuite, il se fait allègrement moqué par Martin Keown, pour un pénalty raté. Plus tard, il est bousculé dans le dos, avec violence, par Lauren. Homme central de cette rencontre, l'attaquant batave feigne s'en rappeler, comme il l'a expliqué cette année lors d'une conférence à Oxford : «Beaucoup de choses se sont passées, et je ne m'en rendais pas compte parce que j'étais tellement déçu d'avoir loupé ce pénalty. Ce qu'ils (les Gunners) faisaient ne m'intéressaient vraiment pas. Je n'avais rien remarqué.»

«Je te retrouve là-bas»

Des matches de cette teneur, Roy Keane et Patrick Vieira en ont connu. Celui disputé en février 2005, lui, est unique en son genre. Avant même le coup d'envoi, les deux capitaines s'invectivent dans le tunnel d'Highbury. Échauffés par la rivalité tenace, ils sont séparés par leurs coéquipiers, de justesse. «Je te retrouve là-bas», promet l'Irlandais, comme possédé. En 2013, les deux hommes se sont expliqués sur cette altercation. Keane soutient qu'il s'est seulement attaqué à Vieira parce que ce dernier chambrait Gary Neville. Selon le Français, il voulait simplement rappeler au latéral anglais «qu'Highbury, ce n'était pas Old Trafford». Pour l'anecdote, les Red Devils s'étaient largement imposés (2-4).

«Onze hommes contre onze enfants»

Patrice Evra est un amateur de phrases chocs. L'une de ses plus mémorables déclarations concerne, justement, Arsenal. En 2009, son équipe élimine son rival londonien en demi-finales de la Ligue des champions. Le Français se livre, alors, à une analyse piquante de la double confrontation : «En général, quand tu gagnes, tu dis que tu as bien joué. Mais là, c'était onze hommes contre onze enfants. On n'arrête pas d'entendre qu'Arsenal, c'est le beau football. Mais en football, ce n'est pas le tout de bien jouer au ballon. Il faut gagner des titres. À Manchester, on joue bien au ballon et on gagne des titres. Même techniquement, si on regarde leurs onze joueurs et nos onze joueurs, on était meilleurs partout.»
Nick Carvalho
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