La joie des joueurs du FC Porto. (M. Kawamori/Aflo/Presse Sports)
Portugal

Portugal : le FC Porto, un champion renversant aux dépens de Benfica

Le FC Porto a été sacré champion du Portugal ce mercredi soir, à deux journées de la fin de la saison. Un sacre presque inespéré tant les joueurs de Sergio Conceiçao semblaient distancés par Benfica.

Le FC Porto comptait sept points de retard sur Benfica au matin de la 20e journée, celle du Classico retour entre les deux monstres du foot portugais. Douze matches et un confinement plus tard, le voilà pourtant champion au terme d'une remontada qui raconte aussi un effondrement. Depuis sa défaite du 8 février à Porto (2-3), l'équipe de Bruno Lage s'est écroulée jusqu'à ne plus être celle de Bruno Lage, remplacé début juillet par son adjoint Nelson Verissimo : quatre victoires pour cinq nuls et quatre défaites en Championnat.
Un parcours tout juste digne d'une équipe de milieu de tableau qui a fait voler en éclats la volière des aigles. Avant le confinement, Benfica s'essoufflait. Après, il a plongé pour de bon dans la crise, entre le caillassage de son car par ses propres supporters, le départ de son entraîneur et enfin la remise en cause du président lui-même. Pour renverser si fortement la tendance, le FC Porto a donc bénéficié de l'aide de son éternel concurrent. Et misé sur sa stabilité qui manque à ses rivaux (le Sporting Portugal et Braga ont usé quatre entraîneurs différents cette saison). L'équipe qui a empoché mercredi le 29e titre du club ressemble beaucoup à celle qui avait glané le 28e, il y a deux ans.
Sergio Conceiçao. (S. Mantey/L'Équipe)
Sergio Conceiçao. (S. Mantey/L'Équipe)
L'effectif a changé mais pas la colonne vertébrale ni l'idée globale. C'est toujours Sergio Conceiçao qui commande et l'intensité qui prime. Derrière, la paire Pepe-Chancel Mbemba s'est affirmée. Devant, le duo d'attaquant Tiquinho Soares-Moussa Marega cavale et bouscule autant qu'il le peut. Le Malien a vécu une saison contrastée, avec quelques périodes sans marquer et l'épisode de cette sortie du terrain à Guimaraes, victime d'insultes racistes. Mais il reste le catalyseur de l'attaque des Dragons, son meilleur buteur (11 buts) devant Alex Telles, le Sergio Ramos du FC Porto (10 buts pour le latéral brésilien, dont 7 penalties).

Conceiçao, champion deux fois en trois ans

L'association Soares - Marega donne du sens à un 4-4-2 de combat. Meilleure attaque (67 buts marqués), meilleure défense (19 buts encaissés), le FC Porto n'a pas toujours maîtrisé son sujet, il peut même devenir friable dès qu'il manque d'énergie. Mais il reste une redoutable machine.
Le mérite premier en revient à Sergio Conceiçao, champion deux fois sur trois depuis son retour sur les bords du Douro. Il a brisé le cycle victorieux de Benfica, titré quatre fois d'affilée avant son arrivée. Il y a quelques semaines, lors de sa réélection à la présidence du club, Pinto da Costa a exprimé son désir de le prolonger jusqu'à la fin de son propre mandat, soit 2024.

Une obligation de vendre pour au moins 70 millions

Sur le papier l'ancien technicien du FC Nantes (45 ans), lié aux Dragons jusqu'en 2021, n'a aucune raison de quitter sa maison : le premier but en Liga de Fabio Silva (18 ans dans quelques jours), il y a deux semaines, annonce l'arrivée prochaine de nombreux talents made in Porto.
Mais pour éviter les foudres du fair-play financier, ses dirigeants devront encore vendre cet été. Autour de 70 millions d'euros, au moins. Ce qui pourrait, à nouveau, circonscrire les ambitions du double champion d'Europe aux frontières de la Primeira Liga. Pas sûr que ce climat de reconstruction permanente convienne toujours au bouillant Conceiçao.
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