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diallo (abdou) thiago silva marquinhos (S.Mantey/L'Equipe)
Ligue 1

Possession, pressing et grands défenseurs : pourquoi le PSG n'encaisse pas de buts

Sur huit matches disputés depuis le début de la saison, le Paris Saint-Germain a enregistré six rencontres sans concéder de buts, pour trois pions concédés en tout. La semaine dernière, ni le Real Madrid, ni l'OL ne sont parvenus à cadrer un tir face à Thiago Silva et les siens. Impressionnant.

Défendre par la possession

C'est la caractéristique la plus constante du Paris Saint-Germain, depuis l'ère Laurent Blanc : des statistiques de possession du ballon dépassant les 60% en Championnat. Avec 63% depuis le début de la saison actuelle, l'équipe de Thomas Tuchel se place à la troisième position europénne de ce classement, derrière le Barça et le Bayer Leverkusen. Il s'agit aussi de l'équipe au plus fort pourcentage de réussite à la passe, parmi les cinq principaux Championnats (90,7%). Des chiffres qui s'expliquent autant par la philosophie des entraîneurs successifs du PSG que du choix – compréhensible – des coaches adverses de leur laisser le ballon. Les passes sont courtes, souvent assurées, les espaces manquent, et, de fait, comme pour ses prédécesseurs, la possession de balle de Thomas Tuchel se fait parfois ronronnante. Les opportunités peinent parfois à venir autrement que par l'initiative individuelle d'une des stars offensives de l'équipe. Il s'agit donc d'une approche conservatrice, au sens premier du terme : lorsque l'on a le ballon entre les pieds, on ne peut pas concéder de but, tout simplement.

Lire :
-Le PSG s'impose logiquement à Lyon
-Les notes du match
Contre Metz (2-0), le PSG a possédé le ballon 69% du temps, mais l'a possédé bas sur le terrain. (source whoscored.com)
Contre Metz (2-0), le PSG a possédé le ballon 69% du temps, mais l'a possédé bas sur le terrain. (source whoscored.com)

Défendre par le pressing

Pour récupérer le ballon vite et haut sur le terrain, Thomas Tuchel alterne deux formes de pressing, selon les situations données. D'abord, le pressing sur les lignes de passe : le joueur le plus proche du ballon sort sur le porteur pour le forcer à agir dans la précipitation, tandis que les autres couvrent dans les zones les plus propices à une passe, afin d'empêcher ledit porteur de trouver un homme libre. Un mécanisme vu à de nombreuses reprises dimanche soir à Lyon : par exemple, Gueye ou Herrera attaquaient le ballon, tandis que Choupo-Moting venait près de Thiago Mendes, et que Neymar et Di Maria rôdaient près des défenseurs centraux, prêts à attaquer si le ballon arrivait dans cette zone. On retrouve aussi des formes du pressing le plus classique, orientés sur l'espace : les joueurs parisiens se rapprochent rapidement les uns des autres, afin de reprendre la balle dans les pieds et d'exploser ensuite. Une situation qui s'enclenche dès lors qu'une passe est latérale plutôt que diagonale, ou trop appuyée, ou que le contrôle de balle n'est pas bon.

Lire : Paris, un accouchement dans la douleur
 
Deux points sont à la fois la cause et la conséquence de ce contre-pressing : d'abord, une équipe compacte aux positions bien réparties. Ensuite, des milieux qui ont tous tendance à avancer vers le ballon et mettre de l'intensité. C'est ce qui a fait la différence lors des deux fois où le PSG a concédé des buts, les deux fois contre Rennes (2-1 au Trophée des champions et 1-2 en Ligue 1). Avec beaucoup de rythme, les Bretons ont su dépasser un milieu incapable de répéter ces efforts, pour ensuite mettre leurs joueurs de côté dans les bonnes dispositions. Problèmes corrigés grâce à l'accumulation de rythme de matches, et grâce à l'inclusion du soldat Idrissa Gueye (plus Ander Herrera dimanche) dans le onze. Un contre-pressing efficace met l'adversaire sur le reculoir. Surtout, lorsque ce dernier réussit malgré tout à ressortir la balle, seuls deux ou trois joueurs ont pu rester plus haut sur le terrain sans avoir à aider le bloc précédemment. Charge à ces hommes de réaliser un exploit pour battre la ligne défensive. Lyon l'a démontré : avec neuf frappes de loin sur douze tentées, et aucune cadrée (comme le Real avant lui), difficile d'aller finir dans la surface lorsqu'on a dû ressortir le ballon de très bas, sous pression.
Les positions moyennes des Parisiens à Lyon. Un bloc compact, aux rôles clairement définis.
Les positions moyennes des Parisiens à Lyon. Un bloc compact, aux rôles clairement définis.

Défendre avec des grands joueurs

Il ne nous étonne plus depuis longtemps, mais il mérite une mention particulière pour ce match, le jour de ses 35 ans. Thiago Silva a, encore une fois, réalisé une prestation de patron. Situé comme à son habitude en couverture par rapport à un Diallo un peu plus haut (comme le montre le schéma ci-dessus), O Monstro a tué plusieurs contre-attaques dans l'œuf et éteint les quelques provocations balle au pied de Memphis Depay. Sa lecture du jeu, sa capacité à savoir quand sauter sur l'adversaire après le recul-frein, est à montrer à tous les jeunes défenseurs. Derrière lui, Keylor Navas a déjà reçu moult louanges de ses coéquipiers pour son aspect rassurant. Le Costaricien n'a pourtant pas montré l'étendue de ses capacités, alors qu'il n'a eu aucun arrêt à faire dimanche. Mais il sera justement scruté pour sa capacité à rester concentré pour sauver sa défense à une ou deux reprises par match. En Ligue 1, le PSG ne devrait pas avoir besoin de plus.

Débat : Thiago Silva est-il aujourd'hui le meilleur de Ligue 1 à son poste ?
Erwann Simon
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florent02 24 sept. à 14:29

On reparlera des la défense du PSG quand arriveront les maudits 8èmes de la C1.

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