Presnel Kimpembe of Paris Saint-Germain during the UEFA Champions League group C match between Paris St Germain and Crvena zvezda at the Parc des Princes on October 03, 2018 in Paris, France *** Local Caption *** (Gerrit Van Keulen/ANP SPORT/PR/PRESSE SPORTS)
Bleus

Pour Presnel Kimpembe, une saison charnière

Alors qu'on le croyait lancé vers les sommets, Presnel Kimpembe a éprouvé toutes les difficultés du monde à confirmer les attentes la saison dernière. De retour à un très bon niveau, il ne lui manque plus grand-chose pour s'imposer définitivement chez les Bleus.

Demandez à un amateur de football ce qui lui vient spontanément en tête au moment de songer à la carrière de Presnel Kimpembe et vous obtiendrez presque systématiquement les deux mêmes réponses. Certains vous parleront de sa prestation majuscule contre le FC Barcelone, un soir d'hiver 2017. D'autres du pénalty concédé par le défenseur de vingt-quatre ans face à Manchester, deux ans plus tard. Celui-là même qui permit aux Mancuniens de repartir du Parc des Princes avec une qualification qui tendait les bras au PSG.

Rares sont ceux qui évoqueront l'équipe de France. Et pour cause, sauf à considérer que ses talents d'ambianceur de vestiaire ont joué un rôle clef dans l'épopée russe, l'influence du Parisien se limite pour l'instant à la capitale. Côté terrain, les titularisations du défenseur chez les A se comptent sur les doigts d'une main (4 pour un total de 8 sélections). Il y a moins d'un an, contre l'Uruguay (1-0), Sakho et Rami lui ont même grillé la politesse. Une anomalie, selon Alain Roche. «En aucun cas un joueur de son talent ne peut se contenter d'être l'ambianceur du groupe ou de jouer un match sur deux, estime l'ancien international. À un moment donné, Presnel doit avoir l'ambition de devenir titulaire en équipe de France.»
À Galatasaray comme face au Real, Kimpembe a remis les pendules à l'heure. (Gerrit Van Keulen/ANP SPORT/PR/PRESSE SPORTS)
À Galatasaray comme face au Real, Kimpembe a remis les pendules à l'heure. (Gerrit Van Keulen/ANP SPORT/PR/PRESSE SPORTS)

Rappel à l'ordre

D'autant plus qu'en tirant un peu trop sur son genou, Samuel Umtiti semblait avoir offert un boulevard au défenseur du PSG. Tout indiquait que la saison post-mondial allait être celle de «Presko». Dans les faits, c'est Clément Lenglet qui a tiré profit de l'absence prolongée de son coéquipier du Barça. Simple contretemps pour le titi parisien ? Roche remet les choses dans leur contexte. «C'est allé très vite pour lui, rappelle l'ancien central. À vingt-trois ans, vous êtes champion du monde et vous évoluez avec Neymar et compagnie au quotidien. Il y a un sentiment d'invincibilité qui peut facilement s'installer quand vous jouez au PSG et le jour où vous êtes un peu moins bien, ça ne pardonne pas.»
En concertation avec le PSG, une intervention chirurgicale sera programmée
Et Kimpembe a eu l'occasion de le constater de près. Malmené face à... l'Islande (2-2) au retour de la Coupe du Monde, moins souverain en club durant la suite de la saison, le défenseur avait vite été repris de volée par son sélectionneur. «Il lui manque probablement un peu de concentration, un peu plus de lucidité pour gagner en efficacité, parce qu'on ne peut pas bonifier tous les ballons», soulignait Didier Deschamps en cours de saison dernière. Une manière polie de rappeler son jeune défenseur à l'ordre. Problème ? La réaction attendue n'aura pas lieu. Pis, la terne saison de «Kim» se soldera par un but contre son camp en finale de la Coupe de France (défaite aux tirs-aux-buts). Comme un symbole. Ce que tout le monde ne sait pas à l'époque, c'est que l'international français connaît des soucis extra-sportifs liés à la naissance de son premier enfant en même temps qu'il souffre des adducteurs depuis un petit moment. En concertation avec le club, une intervention chirurgicale sera programmée.

«Il a tellement de facilités...»

La prestation majuscule de Kimpembe lors de la réception du Real Madrid (3-0) mi-septembre semble attester du fait que tout s'est très bien passé. Depuis, le gaucher a enchaîné les bonnes prestations et c'est tout naturellement que son sélectionneur l'a rappelé. «Je n'ai pas douté de lui, a affirmé Deschamps lors de l'annonce de la liste. Il était avec nous avant. Sur les deux gros matches qu'il a eu à livrer (avec le PSG), il a bien répondu, avec ses qualités, en gommant aussi ses défauts, en restant dans la simplicité.» De l'avis de Pierre Mankowski, c'est précisément par-là que passera l'avènement du défenseur parisien chez les Bleus. «Il est déjà très fort mais il peut encore gagner en sureté, estime celui qui a participé à son éclosion chez les Espoirs. Avec nous, il avait parfois tendance à s'oublier un peu. Il a tellement de facilités que ça peut parfois se retourner contre lui. Je note toutefois une vraie progression, notamment lorsque le niveau s'élève.»
Et s'il parvient à maintenir ce degré d'exigence sur une saison entière, Alain Roche en est convaincu : Kimpembe finira par s'imposer chez les A aux côtés de Raphaël Varane. «Cette charnière-là, c'est Desailly – Blanc à la grande époque !, s'enthousiasme le demi-finaliste de l'Euro 1996. Sur le papier, c'est l'association la plus complémentaire. Presnel est avant tout un défenseur et vous avez besoin de ce type de garçon dans un duo.» Mankowski est plus mesuré sur la question. «Clément Lenglet évolue actuellement à un très bon niveau, souligne l'ancien sélectionneur des Espoirs. Mais ce qui est bien avec Presnel, c'est qu'il ne se délitera pas sous la pression le jour où vous aurez besoin de lui. Dans les grands rendez-vous, vous pouvez compter sur lui et c'est très précieux pour un entraîneur.»
L'ancien sélectionneur et le consultant s'accordent toutefois sur un point : inscrire quelques buts pourrait permettra au Parisien de franchir un nouveau palier. «Il doit devenir plus tueur dans la surface adverse, estime Roche. Il a la puissance nécessaire pour le faire, ce serait dommage de s'en priver.» Mankowski abonde. «Avec nous, il montait systématiquement, que ce soit à l'entraînement ou en match. Il a tout ce qu'il faut pour marquer des buts donc il a une marge de progression de ce côté-là.» Et pour cause ! Celui qui est à un tournant de sa jeune carrière n'a inscrit qu'un seul but depuis ses débuts professionnels - à Old Trafford en Ligue des champions. En comparaison, Lenglet et Umtiti en sont respectivement à 8 et 11 unités en carrière. Dans le match à distance que se livrent les deux joueurs du Barça et le Parisien, Kimpembe a déjà grillé une cartouche. Si une nouvelle fenêtre de tir s'offre à lui, il ne devra pas manquer sa cible.

Thymoté Pinon
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ladestineek3r 14 oct. à 21:12

Il pourrait devenir le nouveau Ramos

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