17th August 2019 - Premier League - Manchester City v Tottenham Hotspur - Aymeric Laporte of Man City - Photo: Simon Stacpoole / Offside. *** Local Caption *** (Simon Stacpoole/OFFSIDE/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Ligue des Champions - Huitièmes

Pourquoi Aymeric Laporte est si important pour Pep Guardiola... et pas si séduisant pour Didier Deschamps

De retour à la compétition depuis un mois, Aymeric Laporte espère être un élément déterminant dans la quête de sacre européen de Manchester City. Pour confirmer son importance au sein du onze de Pep Guardiola, et démontrer qu'il pourrait, aussi, performer au niveau international.

«Il va bien.» Pep Guardiola a tenu à rassurer son monde, samedi, après la sortie d'Aymeric Laporte dès la 58e minute du match remporté par Manchester City à Leicester (1-0). Oui, son défenseur central pourra jouer 90 minutes si nécessaire ce mercredi, sur la pelouse du Real Madrid en huitièmes de finale de la Ligue des champions : «Il a demandé à être remplacé, mais il n'est pas blessé. Il ne faut pas oublier qu'il a été absent pendant quatre, cinq mois. Il a dû beaucoup courir aujourd'hui.» Touché au cartilage et au ménisque externe du genou droit le 31 août dernier puis opéré dans la foulée, le défenseur français a repris la compétition le 21 janvier à Sheffield (1-0), avant d'enchaîner les rencontres face à West Ham (2-0, le 19 février) puis à Leicester (1-0, le 22 février).

Voir : la fiche d'Aymeric Laporte
Avec lui, Manchester City encaisse moins de buts et gagne plus de matches
Suffisant avant de se frotter à Karim Benzema & Co ? Pep Guardiola l'espère, car sa défense n'affiche pas le même visage avec ou sans Laporte. Premier League et Ligue des champions confondues, le numéro 14 des Citizens a débuté 63 rencontres depuis son arrivée à Manchester en janvier 2018. Pour un bilan de 49 buts encaissés, soit 0,78 par rencontre. En son absence, la moyenne passe à 1, avec 36 buts concédés en 36 matches. De 79% de victoires avec l'ancien de Bilbao au coup d'envoi, le ratio de City chute à 64% sans lui. Mais il faut également aller au-delà des simples chiffres pour mesurer son impact sur le champion d'Angleterre en titre.

Guardiola : «C'est le meilleur défenseur central gaucher du monde !»

«Il nous a beaucoup manqué, soufflait Pep Guardiola devant les médias après le retour de son joueur le mois dernier. Par sa capacité à accélérer le rythme, à dominer dans les airs, à participer à la construction, c'est un joueur exceptionnel.» Et le technicien espagnol de répéter ce qu'il martelait déjà auparavant : «C'est le meilleur défenseur central gaucher du monde !» Parce qu'Aymeric Laporte est aussi imposant physiquement que sûr techniquement, qu'il diffuse de la confiance à ses partenaires, qu'il défend haut tout en sachant gérer la profondeur. Mais aussi parce que face à une opposition regroupée dans son camp, compacte, il est capable de porter le ballon pour fixer la défense, déclencher un mouvement adverse et provoquer une supériorité numérique. Une clé du système Guardiola. Laporte était ainsi, de loin, le défenseur qui progressait le plus régulièrement balle au pied (pour au moins cinq mètres gagnés) dans le camp adverse la saison dernière dans les cinq grands Championnats européens.

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Pourrait-il se montrer aussi dominant avec des Bleus à l'identité de jeu très éloignée de celle de Manchester City ?
Mais si son entraîneur l'apprécie autant et se languissait de le revoir à l'oeuvre, c'est aussi (surtout ?) parce que dans l'effectif de Manchester City, Laporte présente un profil unique. «Il a quelque chose que les autres n'ont pas : son pied gauche qui lui permet de déclencher une action d'une meilleure manière, et d'une manière plus rapide, précisait Guardiola. C'est tellement important dans notre façon de jouer. Sans oublier son caractère, sa mentalité de vainqueur... Il a tous les attributs.» Tous, vraiment ? Pour dominer au sein d'une équipe dirigée par Pep Guardiola, sans doute. Pour s'offrir un statut similaire en équipe de France, par exemple, la question peut se poser.

Car l'identité de jeu incarnée par Didier Deschamps chez les Bleus n'a que peu de points commun avec celle dans laquelle le natif d'Agen s'épanouit depuis son arrivée en Angleterre. Avec le ballon, Aymeric Laporte ne serait pas franchement ennuyé, mais saurait-il aussi bien défendre en position plus basse, chargé de gagner ses duels aux côtés d'un Raphaël Varane plutôt concentré sur l'anticipation et la couverture ? Son match raté face à Tottenham l'an dernier, en quarts de finale retour de la Ligue des champions (4-3), lors duquel il s'est retrouvé fautif sur deux buts et impliqué sur le troisième, ne lui a pas offert la meilleure publicité possible dans sa capacité à protéger sa surface.
Pourtant, Didier Deschamps avait décidé de le convoquer pour les matches du mois de septembre dernier, avant que son genou droit ne lui fasse manquer une moitié de saison. Preuve que malgré son passif tortueux avec les A (aucun match disputé, une frustration mal contenue...), le sélectionneur semblait enclin à lui accorder cette chance qu'il attendait tant. Se représentera-t-elle d'ici l'Euro 2020 ? Une partie de la réponse se situe peut-être dans le contenu de ses deux rendez-vous face au Real Madrid, un adversaire qui, a priori, exigera une palette défensive ultra-complète. Un sacré challenge. Et le timing idéal pour mettre (définitivement ?) fin à un malentendu.
Cédric Chapuis
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