Pourquoi Gary Lineker est l'un des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

23 avril - 14 juin : dans exactement 52 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quarante-neuvième épisode avec Gary Lineker.

Son histoire avec la Coupe du monde

La génération anglaise emmenée par Gary Lineker peut tenir la comparaison avec celle des Rooney, Lampard, Gerrard et consorts : elles ont fait partie de deux Angleterre flamboyantes en qualifications, puis décevantes en phase finale de Coupe du monde. Incapables de ramener un titre au pays de sa majesté qui attend cela depuis 1966, date de l’unique couronne mondiale des Three Lions. Mais la génération Lineker s’est tout de même offert l’occasion de rêver en 1986 et 1990, lorsque le joueur formé à Leicester occupait la pointe de l’attaque de l’équipe dirigée par Bobby Robson. Au Mexique, l’icône anglaise a sauvé les siens de l’élimination au premier tour en inscrivant un triplé contre la Pologne de Boniek, enchaînant avec un doublé contre le Paraguay, pour s’offrir le droit d’affronter les favoris argentins en quarts. Mais la «Main de Dieu» et le but d’anthologie de Diego Maradona ont décidé de stopper net l’aventure anglaise, malgré un élan d’espoir quand le buteur anglais a réduit le score. Consolation, Lineker termine meilleur buteur de cette édition. Cet échec aztèque, suivi d’un Euro raté en Allemagne, ont poussé l'Anglais à se sublimer deux ans plus tard, en Italie. Le n°10 a répondu présent, comme en atteste son doublé contre le Cameroun en quarts, où il a d'abord permis à son pays d’égaliser, puis de prendre l’avantage en prolongation. Devenue un sérieux prétendant à la victoire finale, l’Angleterre voyait son rêve être brisé en demi-finales face à l'Allemagne de Lothar Matthaüs, futur Ballon d'Or FF. Une séance de tirs au but fatale aux Three Lions, qui n’ont pas su se ressaisir contre l’Italie pour le match de la troisième place (1-2). Une nouvelle frustration pour Lineker, qui annonçait sa retraite deux ans plus tard. Mais ces deux échecs en Coupe du monde n’ont pas occulté le talent et l’élégance de l’international anglais, qui s’est démarqué par son opportunisme, sa classe et son fair-play. L’un des meilleurs joueurs anglais de l’histoire du Mondial.

Le moment marquant

Si marquer un triplé en Coupe du monde relève de l’exploit, Lineker s’est surtout distingué par son égalisation contre la Nationalmannschaft dirigée par le Kaiser, Franz Beckenbauer, en demi-finale du Mondial italien de 1990. Mené 1-0 depuis le but à l’heure de jeu d’Andreas Brehme, les Three Lions ont poussé et ont vu leurs efforts récompensés grâce à leur attaquant vedette. Un but plein de malice, avec à l’origine un ballon mis dans la boîte par l’arrière droit, Paul Parker. Après un mauvais contrôle du défenseur Jürgen Kohler, Gary Lineker a récupéré le cuir au nez et à la barbe de Thomas Berthold et Klaus Augenthaler, avant de battre Bodo Illgner d’un tir croisé du gauche qui termine dans le petit filet (80e). Les deux équipes se neutralisant toujours en prolongation, c’est finalement l’Allemagne qui se qualifiait pour la finale (qu’elle remportera 1-0 face à l’Argentine) aux tirs au but. Un désillusion pour Gary Lineker, qui avait déclaré sa célèbre phrase après le match : «Le football est un sport qui se 11 contre 11, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne.»

«Le football est un sport qui se 11 contre 11, et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne.»

Le chiffre : 10

Comme son nombre de buts inscrits en Coupe du monde (6 en 1986, 4 en 1990). Gary Lineker est le meilleur buteur anglais en Coupe du monde, ainsi que le huitième meilleur marqueur de l’histoire. En 1986, sa merveilleuse performance lui a valu de terminer deuxième du Ballon d’or FF, derrière le Soviétique Igor Belanov.

L'archive de FF

À l’approche du Mondial 1990 en Italie, FF revenait sur le statut de Gary Lineker au sein de sa sélection : «Meilleur buteur du Mundial mexicain de 1986, il devait être l’homme-buts des années 80. Il l’a été bon an, mal an, mais très vite dans l’ombre d’un grand Néerlandais, ce qui se fait de mieux désormais en la matière : Marco Van Basten. Gary Lineker reste pourtant une des valeurs les plus sûres du football européen, malgré un passage sur le continent à moitié réussi. D’abord à Barcelone avec Terry Venables, ensuite au même endroit avec Johan Cruyff, lequel ne voyageait pas sur la même longueur d’onde que son attaquant. Revenu au pays et à Tottenham, Lineker en a profité pour reprendre le cours normal de sa carrière. Avec la place de meilleur buteur de son Championnat et un indiscutable poste de titulaire au sein d’une sélection anglaise qui reste sur une remarquable série de succès. Gary Lineker est prêt, dans un mois en Italie, à prouver à l’opinion internationale qu’il n’a rien perdu de ses qualités. Même s’il sait que l’Angleterre n’aura probablement pas les moyens de jouer le titre aux dépens de l’Argentine, du Brésil, des Pays-Bas ou de l’Italie. Qu’importe. Il sera là pour prouver qu’un grand buteur ne se perd jamais en chemin.»

Joffrey Pointlane