kante (n'golo) matuidi (blaise) (P.Lahalle/L'Equipe)
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Pourquoi tout le monde aime N'Golo Kanté

Chouchou des Français, N'Golo Kanté, l'indispensable milieu des Bleus, a conquis les coeurs par ses performances et sa personnalité, à l'opposé des clichés collés au footballeur moderne. Extraits du portrait de six pages qui lui est consacré dans France Football cette semaine.

Le témoignage d'amour le plus vibrant est pour lui. Sous les clameurs du Stade de France, dans le boucan d'un bonheur collectif prolongé et enfin pleinement partagé en marge de la rencontre face aux Pays-Bas le 9 septembre dernier (2-1), N'Golo Kanté apparaît grandi. Pour une fois, le silencieux fait du bruit, un vacarme carrément. Le discret milieu de terrain des champions du monde s'avance, naturellement intimidé et gêné mais profondément heureux. Une drôle de sensation solaire l'accompagne. Son sourire et tout ce que son regard dit de lui rayonnent. «C'est vrai que les décibels étaient élevés, sourit Guy Stéphan. Les joueurs l'adorent, le public aussi.» Mais pourquoi une telle cote de popularité ? «Tout d'abord parce que c'est un excellent joueur, priorise l'adjoint du sélectionneur des Bleus. C'est un coupeur d'attaques, avec un sens de l'anticipation très prononcé. Il est capable de récupérer les ballons, de bien les donner, il a un gros volume de jeu. Il ne se met pas du tout en avant mais il est brillant.» Même dans l'ombre. C'est donc qu'il y a autre chose, derrière, à côté ou devant, mais c'est bel et bien là et ceci expliquerait aussi cela. «Sa personnalité plaît beaucoup. Avec Didier (Deschamps), on est tombé sous le charme rapidement, poursuit Stéphan. C'est le chouchou de tout le monde.» Il l'a toujours été, dans son quartier des Géraniums à Rueil-Malmaison, où habite toujours sa famille, à la Jeunesse Sportive de Suresnes (JSS), jusqu'à l'équipe nationale et aux yeux d'un pays tout entier aujourd'hui.

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«Même le diable fait demi-tour lorsqu'il s'approche de lui»

L'extraordinaire attire mais c'est bien la simplicité qui retient. Alors, très vite, on est invité à changer de terrain. «Dans son esprit, le plus important n'est pas d'être un bon footballeur, mais d'être un homme bon, assène Alaeddine Yahia, l'un de ses plus proches coéquipiers à Caen. Il a la bonté de l'être humain, tu es obligé de l'aimer. Même le diable fait demi-tour lorsqu'il s'approche de lui. Il a une humilité que peu de personnes ont.» Il refuse ainsi qu'on donne son nom à un tournoi de sa ville mais répond présent pour venir gâter les gamins. «C'est quelqu'un sur qui on peut Kanté, se marre Tomasz Bzymek, son entraîneur en seniors à la JSS. Plus jeune, il disait : "Je n'ai pas encore appris à jouer". Alors, après l'Euro, quand il est passé au stade nous voir et signer des autographes aux gosses, je lui ai demandé : "Maintenant que tu es champion d'Angleterre et en équipe de France, est-ce que tu peux dire que tu as appris à jouer au foot ?" Il a répondu : "Non, j'apprends toujours".» Piotr Wojtyna, son premier coach, appuie son collègue : «Il a été en retard pour une convocation à un match une seule fois. J'ai appelé sa soeur et N'Golo aidait sa mère à faire les courses au marché... Il sait qu'il est unique, mais ça ne le change pas...»

L'ensemble de notre dossier consacré à N'Golo Kanté est à retrouver dans le nouveau numéro de FF actuellement disponible.
Thomas Simon 
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