(L'Equipe)

Preben Elkjær Larsen (Danemark), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

27 mars- 14 juin : dans exactement 79 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt-deuxième épisode avec Preben Elkjær Larsen.

Son histoire avec la Coupe du monde

L'histoire d'Elkjær Larsen avec la Coupe du monde aura été aussi courte qu'intense. L'attaquant de l'Hellas Vérone – à l'époque – n'a disputé qu'un seul Mondial avec sa sélection, celui de 1986 au Mexique. La génération «Danish Dynamite» d'Elkjær Larsen et Laudrup a impressionné durant la première partie de compétition, avant de se brûler les ailes dès les matches à élimination directe. En effet, Elkjær Larsen et les siens ont fait la plus forte impression lors des trois rencontres de la phase de poules (9 buts inscrits, 1 seul concédé) et se sont logiquement positionnés en possibles prétendants à la victoire finale pour la première participation du pays à un Mondial. L'attaquant, lui, a inscrit quatre buts, dont un triplé lors du deuxième match (voir ci-dessous). Mais les espoirs d'un sacre ont été rapidement éteints par la Roja de Butragueño, auteur d'un quadruplé en huitième de finale pour une défaite danoise 5-1, malgré l'ouverture du score des Scandinaves. Le «bison», surnom qui a été attribué à Elkjær Larsen en rapport à son style de jeu, a donc été éliminé de manière précoce de la seule Coupe du monde à laquelle il a participé, ce qui ne l'empêchera pas de figurer dans l'équipe type du tournoi.

Le moment marquant

Il est vrai qu'il n'a disputé que quatre rencontres dans la compétition, mais le Danois a tout de même eu le temps d'impressionner le monde du foot. Le 8 juin 1986, il s'est offert un superbe coup du chapeau face à l'Uruguay lors d'une victoire fleuve, six buts à un. Auteur de l'ouverture du score (11e), Elkjær Larsen a ensuite attendu près d'une heure pour renvoyer la balle au fond des filets en suivant bien un tir détourné par le gardien uruguayen Fernando Alvez (67e), puis s'est offert le triplé en étant à la finition d'une contre-attaque éclair de son équipe (80e).

Le chiffre : 4

L'attaquant danois a inscrit quatre buts en seulement quatre matches lors de la Coupe du monde 1986. Avant que le Danemark ne se fasse sortir par l'Espagne (1-5) en huitième de finale, Elkjær Larsen avait fait gagner son équipe face à l'Ecosse (1-0) et a largement contribué au succès sur l'Uruguay (6-1) en réalisant le coup du chapeau.

L'archive de FF

Après une troisième place en 1984, et une seconde en 1985, Elkjær Larsen accroche la quatrième place du Ballon d'Or 1986, la faute à une Coupe du monde stoppée précocement avec le Danemark. FF a ainsi fait le bilan de son année le 30 décembre, écrivant ces quelques lignes : «Curieuse trajectoire que celle de ce Danois bâti à chaud et à sable, rejeté, sous-estimé ou méconnu par Allemands, Belges et Français, et tout à coup révélé au grand public international par un transfert en Italie et par un Championnat d'Europe. (...) Elkjær Larsen joue, en fait, comme il est, comme il pense et comme il parle. Le gaillard n'a pas pour habitude, en effet, de cacher ses sentiments ou de se laisser marcher sur les pieds. Il aime le contact et même la bagarre. Les défenseurs les plus rudes ne le font pas reculer d'un pas. Au contraire, son chemin vers le but adverse il se le fraye à coups d'épaules, qu'il a très larges, à coups d'accélérations aussi grâce à une vitesse de course qu'il a grande. C'est un buffle, un bison futé qui, devant le but adverse, se transforme tout à coup en renard ou en loup. Rusé, bondissant, attentif à sauter sur la moindre occasion de but. Un personnage assez pittoresque en somme qui ne songe qu'à aller de l'avant et qui demeure, en fin de compte, le prototype d'une race d'attaquants à l'ancienne et à l'anglo-saxonne en voie de disparition.»

Hugo Girardot