3 January 2018 -  Premier League - Arsenal v Chelsea - Jack Wilshere of Arsenal - Photo: Marc Atkins/Offside    *** Local Caption *** (L'Equipe)
Angleterre - 27e journée

Premier League, 27e journée : le retour en grâce de Jack Wilshere, l'enfant prodige d'Arsenal

Après plusieurs années entachées de blessures à répétition, Jack Wilshere revient sur le devant de la scène à Arsenal. Et malgré ses quelques écarts de conduite, Arsène Wenger semble lui vouer la même confiance qu'à ses débuts dix ans plus tôt. Retour sur le long chemin de croix de l'enfant du club.

Quand les meilleurs joueurs du club quittaient le navire, lui réaffirmait son amour pour le blason des Gunners. Quand sa formation péchait par manque de 'fighting spirit', lui partait la fleur au fusil. Quand le North London Derby semblait perdre de sa saveur, lui ravivait la flamme à coup de chants provocateurs. Lui, c'est Jack Wilshere. Parfois un brin agitateur – ce qui est assez rare à Arsenal pour être souligné –, l'enfant du club a, à sa modeste façon, marqué les esprits du côté de l'Emirates Stadium. Malgré des blessures à répétition qui l'ont longtemps éclipsé des terrains, les supporters du club n'ont jamais oublié sa présence et ont toujours compté, peut-être un peu illusoirement, sur son retour annoncé. Mais depuis peu, le milieu de terrain anglais renoue avec sa forme d'antan et semble épargné par son corps. Il devrait même signer un nouveau contrat avec les Gunners dans les semaines à venir. Une nouvelle peu surprenante de prime abord, mais qui, au regard du parcours chaotique de Wilshere, l'est réellement...

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Mille et treize longues journées. C'est le temps que Jack Wilshere a passé sur le flanc en une décennie de carrière à Arsenal. Pas loin de trois ans le pied dans le plâtre ou en rééducation à cause d'une cheville droite malmenée. Pour se refaire le film, il faut remonter à juillet 2011. Le milieu de terrain sort alors d'une saison pleine avec près de cinquante matches disputés et sa malléole lâche pendant l'été à cause d'une fracture de fatigue. S'en suivent plusieurs rechutes, souvent dues à un retour prématuré ou à la surcharge de travail donnée par le très rugueux préparateur physique du club, Tony Colbert, que Jack Wilshere, comme Robin Van Persie avant lui, ne tient pas en grande estime. En parallèle, l'Anglais accumulent les écarts de conduite : il crache sur un taxi dont le conducteur est supporter de Tottenham et ne cache pas son faible pour les clopes et la boisson. En 2015, lors de la parade des joueurs d'Arsenal après la victoire en FA Cup, il harangue la foule en entonnant un chant peu flatteur pour ses rivaux des Spurs. Si les supporters louent encore sa frasque quelques années plus tard, cette dernière passe beaucoup moins bien au sein de l'organigramme du club, qui envisage alors de le sanctionner en interne. Jack Wilshere perd en considération et son retour en grâce, tant attendu par de nombreux supporters, semble de plus en plus compromis.

Un esprit sain dans un corps sain

Mais depuis, l'enfant prodige d'Arsenal s'est repris en main. S'il a toujours son caractère sanguin, comme il l'a rappelé en août dernier en provoquant un début d'échauffourée lors d'un match de reprise contre les U23 de Manchester City, Wilshere a remis de l'ordre dans son existence. Fraîchement marié, ce père de deux enfants a retrouvé une certaine stabilité dans sa vie familiale. Surtout, il a réalisé un énorme travail de rééducation et de musculation pour rééquilibrer les forces de son corps et éviter une énième rechute de sa cheville droite. Arsène Wenger lui a toujours témoigné une grande confiance et a fait en sorte que son poulain puisse se relancer à Bournemouth l'an dernier, à une période où Arsenal comptait pourtant peu de joueurs dans l'entrejeu. Le milieu s'est refait une santé sur la côte sud de l'Angleterre avant de revenir à Arsenal l'été dernier.
«Il est très largement le meilleur milieu anglais. Il pourrait jouer dans n'importe quelle équipe au monde s'il n'avait pas de pépins physiques»
Cette saison, Wilshere a finalement signé son retour en Premier League le 22 octobre, contre Everton, se signalant par une passe décisive pour Aaron Ramsey. Puis, en l'absence de son coéquipier gallois, le milieu de terrain a enchaîné les titularisations. A compter du 7 décembre, il a joué l'intégralité de dix rencontres toutes compétitions confondues, et s'est même vu confier le brassard de capitaine contre Chelsea lors de la demi-finale aller de Coupe de la Ligue. «Wilshere est la seule lumière dans la pire équipe d'Arsenal que j'ai vu», écrivait Jamie Redknapp, l'ancien joueur de Liverpool, dans les colonnes du Daily Mail. Gary Neville allait encore plus loin sur Sky Sports : «Il est très largement le meilleur milieu anglais. Il pourrait jouer dans n'importe quelle équipe au monde s'il n'avait pas de pépins physiques». Et pour cause : depuis son retour, Wilshere est le joueur de champ qui gagne le plus de duels (60%) et celui qui dribble le plus (2,1 dribbles par match) de tout l'effectif d'Arsenal. Si le Gunner termine la saison comme il l'a débutée, il pourrait rapidement retrouver la sélection anglaise et faire partie du groupe pour le Mondial en Russie. C'est ce qu'on appelle un retour canon...
Antonin Deslandes
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