Soccer Football - Arsenal v Chelsea - Pre Season Friendly - June 22, 2017  Chelsea's Michy Batshuayi celebrates scoring their second goal with Willian   REUTERS/JASON LEE (Reuters)
Angleterre - Chelsea

Premier League : Michy Batshuayi (Chelsea), l'année ou jamais

Barré par la concurrence de Diego Costa, l'attaquant belge avait peu joué la saison passée. L'ancien Marseillais, qui devrait rester à Chelsea, entame un exercice charnière.

Annoncé partant, il devrait rester à Chelsea

Longtemps, en début de mercato (et même un peu avant), les rumeurs l'envoyaient ici et là. Un peu partout - il a été notamment question de la Turquie, de Monaco ou d'un retour un Marseille - sans qu'il n'atterrisse nulle part. Les semaines sont passées, depuis l'ouverture du marché d'été, mais Michy Batshuayi n'a toujours pas quitté Londres. Et, bien qu'il reste trois semaines avant la date butoir du 31 août et qu'il n'y a jamais rien de certain en football, le Belge ne devrait finalement pas bouger cet été. Il vivra, donc, une deuxième saison avec Chelsea.

La première, qui s'est achevée en mai dernier, fut compliquée. Il y a, certes, eu ce but qui a offert le titre de champion à son club, le 12 mai, sur la pelouse de West Bromwich Albion : une réalisation qui compte, pour une carrière et les livres d'histoire, et qui reste dans les mémoires. Mais qui n'efface pas le sentiment d'un exercice 2016/17 frustrant pour Batshuayi. Barré par un Diego Costa efficace (20 réalisations en Premier League), il a trop peu joué : une titularisation et 235 minutes au total en Championnat. A vingt-trois ans, il ne peut pas revivre douze mois de même facture.

Préparation réussie et compliments d'Antonio Conte

Le terme revanchard, pour évoquer l'état d'esprit de Batshuayi à l'entame de sa deuxième saison en Angleterre, est peut-être un peu fort. C'est un mot employé à toutes les sauces, à tout bout de champ. Reflète-t-il, réellement, la manière de penser d'un footballeur qui fait partie de la vie commune d'un groupe de joueurs ? Batshuayi, lui, a plutôt en tête de s'imposer. De prouver, sans s'étendre sur ce qu'il s'est passé jusqu'à présent. Il sait, par expérience, que beaucoup de choses peuvent changer d'une année sur l'autre. Depuis le début de sa carrière, ses deuxièmes saisons dans des clubs, que ce soit avec le Standard de Liège ou l'Olympique de Marseille, ont toujours été bien meilleures.

Batshuayi sort, qui plus est, d'un été réussi. Il a repris tôt et a continué de travailler malgré les rumeurs qui l'envoyaient ailleurs. Il a, surtout, enchaîné les rencontres au cours de la préparation. Affûté, il a inscrit cinq buts, dont deux doublés contre Fulham (8-2), le 15 juillet, puis face à Arsenal (3-0), sept jours plus tard. L'international belge (10 sélections, 4 buts) a affiché une condition physique convaincante. «Il travaille très bien dans cette présaison, confirmait Antonio Conte, l'entraîneur de Chelsea, dans la seconde partie du mois de juillet. C'est important de marquer des buts tout en s'inscrivant dans l'identité de jeu qui est la nôtre. S'il marque, je suis très heureux. Et c'est évident que sa confiance augmente. C'est important de continuer à travailler très dur pour toujours essayer de s'améliorer

Alvaro Morata plutôt que Diego Costa, une chance pour lui ?

Diego Costa sur le départ, Alvaro Morata, son remplaçant présumé, à court de rythme, Batshuayi a su profiter du grand remue-ménage de l'été à la pointe de l'attaque du champion d'Angleterre pour grignoter un temps de jeu important. Il veut et doit maintenant capitaliser dessus dans les matches qui comptent vraiment : sa titularisation lors du Community Shield (défaite aux tirs au but contre Arsenal), dimanche après-midi, est en ce sens un signe positif. Certes, il y a encore beaucoup d'interrogations pour la suite de la saison, mais les cartes ont, semble-t-il, été rebattues à Chelsea ces dernières semaines.

La saison passée, Diego Costa était un leader. Un vrai. Le genre de garçon qui apporte toutes les garanties nécessaires, sur le terrain et en dehors, et que tu coches systématiquement dans la liste des titulaires. C'est sans doute un peu différent avec Morata, qui n'a jamais occupé un rôle de patron sur le front de l'attaque. A Madrid, avec le Real, l'Espagnol était le remplaçant de luxe de Karim Benzema. Et à Turin, avec la Juventus, il partageait l'axe avec d'autres gros poissons : Tevez, Dybala, Mandzukic... Sa capacité à assumer le rôle numéro 1 dans un top club européen, comme l'est Chelsea, suscite encore quelques doutes. Pour Batshuayi, d'une certaine manière, c'est peut-être mieux d'être en concurrence directe avec Morata qu'avec Diego Costa. Si l'ancien du Real va jouer, Chelsea n'ayant pas claqué 80 millions d'euros cet été pour le laisser poiroter sur le banc, il n'accaparera pas toute la lumière. C'est pas trop le style du joueur. Et une association Morata-Batshuayi, si Conte décide de changer son système en 3-4-3, est une option plus envisageable qu'une paire Batshuayi-Costa - les deux hommes présentaient un profil similaire, de pur 9 à l'ancienne. Pour Batshuayi, la saison 2017/18 amorce en tout cas un virage capital. Avec, dans un coin de sa tête, l'objectif Coupe du monde 2018.
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