descamps (remy) (P.Lahalle/L'Equipe)
Ligue 2 - Tours

Prêt à Tours, avenir, arrivée de Neymar, relation Areola-Trapp : Rémy Descamps, prêté par le PSG, se confie : «Avec Sirigu, il y avait un peu d'électricité»

À 21 ans, et après trois ans et demi au PSG, Rémy Descamps a pris son envol cet hiver. Le portier a été prêté à Tours pour sa toute première expérience professionnelle. Pour FF.fr, le Nordiste de naissance aborde son challenge en Ligue 2, mais raconte aussi quelques dessous de son aventure à Paris.

«Rémy, vous avez été prêté cet hiver à Tours, bon dernier de Ligue 2 : comment se sont déroulées vos toutes premières rencontres chez les pros ?
Tout va bien pour le moment, je fais de bons matches, c'est un niveau que je découvre. Je suis en pleine période d'adaptation.

Sur quels points vous concentrez-vous le plus pour accélérer cette adaptation au haut niveau ?
Au début, c'est surtout par rapport aux coéquipiers, il faut que je fasse connaissance avec eux, qu'il y ait une bonne cohésion dans le groupe. Il faut aussi savoir s'imposer, notamment au niveau de la concurrence.

À 21 ans, vous vous sentiez prêt à sauter le pas et enfiler la tunique d'un numéro 1 ?
Oui. J'étais déjà dans cet état d'esprit l'été dernier. J'avais le besoin de jouer. Mais il y a eu un changement de direction au PSG (NDLR : avec l'arrivée d'Antero Henrique), je n'ai donc pas pu partir.

Pourquoi ?
Beaucoup de dossiers étaient sur la table, cela a été long, et cela n'a pas pu se faire sur le tard.

«Je n'ai qu'une envie : aller encore plus haut»

Le mercato d'hiver est alors arrivé, et cela s'est décanté...
Après soixante matches en N2 (ex-CFA), à mon âge, ça commence à devenir lassant de stagner au même niveau. Évoluer et franchir les étapes est tout de suite plus intéressant. À Tours, j'avais l'assurance de jouer un maximum de rencontres en Ligue 2. Le temps de jeu, c'est la première chose que j'ai regardée. J'attendais ça depuis longtemps. Quand j'étais petit, je pensais que ce serait déjà bien d'atteindre la Ligue 2. Maintenant que j'y suis, je n'ai qu'une envie, c'est d'aller encore plus haut. Et je sens que j'en ai les capacités. À moi de faire la meilleure fin de saison possible avec Tours. Ensuite, on verra.

Justement, quel est votre projet personnel à court et moyen terme ?
Dans ma tête, pour l'instant, je suis en prêt, et je n'ai pas d'idées arrêtées pour la suite. Ce sera vraiment en fonction de ce que je ferai, de ce que Paris décidera à mon sujet. Je suis en train de construire mon début de carrière. Personne n'a jamais la même ascension, à moi de monter mon propre parcours.

Il reste encore beaucoup de matches de Ligue 2 d'ici la fin de votre prêt. Si on vous demande vos trois objectifs prioritaires des quatre prochains mois, quels sont-ils ?
C'est d'abord un objectif collectif, pour engranger un maximum de points. J'espère qu'il va y avoir un déclic dans l'équipe pour aller chercher une victoire. S'il pouvait y avoir six succès et trois nuls sur les quatorze derniers matches, ça serait bien. Ensuite, individuellement, j'aimerais bien prendre moins de dix buts en tout, avec quelques "clean-sheets". Et si je peux aussi aller chatouiller les Espoirs... Je peux encore y prétendre quelques mois (NDLR : jusqu'à ses 22 ans, le 25 juin). Pourquoi pas aller chercher une petite sélection... Je me souviens avoir reçu une préconvocation lorsque j'étais à Clermont.

N'avez-vous pas aussi l'envie de prouver au PSG ?
Ça passera par de bons matches et avec les objectifs précédents réussis. Si, par exemple, on arrive à réaliser l'exploit de se maintenir (Tours compte onze points de retard sur la place de barragiste), je pense que ça sera bien vu du côté de Paris...
«Au PSG, s'entraîner avec autant de grands joueurs est quelque chose d'incroyable»
Parlons de votre parcours au PSG. Vous y êtes arrivé à vos 18 ans, racontez-nous votre cheminement au sein du club...
Je suis venu de Clermont. Un petit jeune de province qui arrive à Paris... J'ai eu besoin d'une longue année d'adaptation, qui a été éprouvante, mais qui m'a permis de me forger un mental.

Qu'est-ce qui a été dur ?
L'adaptation avec les coéquipiers s'est faite petit à petit. Ils ont toujours joué ensemble depuis la préformation, donc arriver dans ce contexte était compliqué. J'ai réussi à me faire une place une fois que Mike (Maignan) est parti chez les pros. J'ai alors pu jouer en U19, en Youth League, puis en CFA.

Jusqu'à se retrouver numéro 3 dans la hiérarchie chez les pros...
Oui, cela a été le cas quand Sirigu est parti. À l'époque de Laurent Blanc, c'était bien puisqu'ils avaient en permanence besoin de quatre gardiens à l'entraînement. Ça m'a permis de progresser, de gagner en vitesse, en sérénité.

Quel a été votre sentiment quand, à même pas 20 ans, vous atterrissez aux sessions d'entraînements du PSG et de ses stars ?
On se dit que c'est déjà bien d'y être et qu'il faut en profiter. S'entraîner avec autant de grands joueurs est quelque chose d'incroyable. Les côtoyer, avoir de bonnes relations avec eux : personne n'a ça ! Mais, d'un autre côté, il faut faire attention parce qu'on se doit d'être au niveau. Si ce n'est pas le cas, ça peut faire basculer certaines choses. Se mettre à la même hauteur que ces joueurs-là fait aussi partie de l'adaptation. Ça apporte de l'exigence, ça c'est sûr. Dans le vestiaire, je m'entendais bien avec Presnel Kimpembe et Adrien Rabiot. Il y a également eu tout de suite un bon feeling avec Alphonse Areola. On a un peu la même manière de penser.

«Avec Sirigu, c'est vrai qu'il y avait un peu d'électricité»

Comment cela se passait-il concernant les trois gardiens : Areola, Trapp et vous ?
On était vraiment solidaires, on parlait beaucoup. Personnellement, j'écoutais, pour apprendre d'eux, que ce soit avec Areola, Trapp, mais aussi Sirigu ou Douchez. Ça m'a été bénéfique.

Les gardiens du PSG ont souvent été un sujet chaud. Sentiez-vous une certaine tension à l'intérieur ?
Avec Sirigu, c'est vrai qu'il y avait un peu d'électricité lors des spécifiques gardiens. Mais entre Alphonse (Areola) et Kevin (Trapp), cela a toujours été très serein, très raisonnable, très sain. Et ça l'est encore aujourd'hui.

Parlez-nous d'Alphonse Areola, qui va être très attendu mercredi prochain pour le huitième de finale de Ligue des champions face au Real Madrid...
Ça va être important pour lui, mais c'est le genre de matches qu'il a déjà connu la saison dernière par exemple. Il a également déjà disputé une demi-finale avec Villarreal, en Ligue Europa. Ça va être une étape à passer.

L'été dernier, vous avez disputé vos premières minutes avec l'équipe A face à la Juventus Turin lors de l'International Champions Cup. Un moment, on l'imagine, particulier...
Je suis rentré trente minutes, avec Gianluigi Buffon en face : un moment fort pour moi. Rentrer face à la Juve était quelque chose de grand. J'ai encaissé deux buts, dont une barre rentrante de deux minutes après ma rentrée (Marchisio). Avant un penalty en fin de match (encore Marchisio, défaite 2-3). Ce n'est pas ça qu'il faut retenir (il sourit.).
«Neymar, il sait tout faire»
Quelques jours plus tard, Neymar débarque au PSG.
Pour le club, c'est quelque chose d'incroyable d'avoir une telle star dans son équipe. C'est vraiment grand de s'entraîner tous les jours avec lui. Il sait tout faire...

Pour finir : quand vous voyez les Zagadou, Maignan, Édouard, Dembélé, Bahebeck et tous ces jeunes qui ne peuvent pas se faire une place dans leur club formateur, au PSG, ça ne vous fait pas "peur" pour la suite ?
S'imposer au PSG, il faut le garder en tête, en sachant qu'on voit Presnel (Kimpembe), Adrien (Rabiot) ou Alphonse (Areola) qui y arrivent. D'autres jouent ailleurs, c'est vrai. Mais, comme je l'ai dit, je n'ai pas forcément de projet fixé en ce moment, je vais réfléchir à ça dans le futur...»
Timothé Crépin 

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