(L'Equipe)
L'Afrique, c'est foot

Quand la xénophobie isole l'Afrique du Sud

Le match amical entre l'Afrique du Sud et la Zambie a été annulé par la fédération visiteuse en raison de la vague de violence xénophobe qui sévit actuellement sur place. Et Madagascar, qui devait remplacer la Zambie, a finalement décliné...

Les terribles - et choquantes - images qui nous parviennent chaque jour d'Afrique du Sud n'honorent évidemment pas le pays de Nelson Mandela. Chantre de la paix et de la réconciliation, celui qui fut le premier président démocratiquement élu par la «Rainbow Nation» ne reconnaîtrait certainement pas sa terre natale s'il était toujours de ce monde. Son pays, devenu une destination touristique très prisée depuis quelques années, est traversé par une vague de violence xénophobe comme l'Afrique du Sud n'en avait encore jamais connu, et qui vise principalement les Africains (et leurs biens) vivant sur place depuis des années.
À cette violence meurtrière a répondu une autre violence dans les pays voisins où l'Afrique du Sud compte des intérêts économiques et des représentations diplomatiques. C'est dans ce contexte très pesant que les Bafana Bafana, l'équipe nationale sud-africaine, devaient affronter les Chipolopolo de Zambie à Lusaka, la capitale zambienne. Un premier test d'importance pour le nouveau sélectionneur, Molefi Ntseki, tout juste confirmé par la SAFA. Particulièrement attentive aux évènements en vigueur en Afsud, la fédération zambienne (FAZ) a tout bonnement décidé d'annuler la rencontre de samedi en raison d'un climat délétère qui ne semble pas sur le point de se calmer.
Victime d'attaques xénophobes, un commerçant constate les dégâts à Johannesburg. (Reuters)
Victime d'attaques xénophobes, un commerçant constate les dégâts à Johannesburg. (Reuters)
La diplomatie du sport est venue d'une certaine façon «condamner» les dérives d'une frange de la société sud-africaine, traversée par des secousses de violence endémique. Même l'intervention du Président Cyril Ramaphosa, qui a rappelé que l'Afrique du Sud était «un pays pour tous», est arrivée trop tard. Pris par le temps, les Sud-africains ont alors invité Madagascar, héros de la dernière CAN et quart de finalistes à venir jouer à Soweto, dans le stade d'Orlando. Un plan B qui a lui aussi fait long feu.
L'Afrique s'interroge aujourd'hui sur les dérives d'une population qu'elle a soutenue si longtemps
La fédération malgache, honorée dans un premier temps de servir de sparring-partner, a décidé de jeter l'éponge, invoquant justement sa préoccupation sur le plan de la sécurité pour justifier ce forfait de dernière minute. L'Afrique du Sud - via ses sélections et ses clubs - risque-t-elle un boycott général de la part de ses adversaires potentiels lorsqu'il s'agira de matches officiels ? L'Afrique s'interroge aujourd'hui sur les dérives d'une population qu'elle a soutenue justement pendant si longtemps. Après des décennies d'isolation forcée en raison de l'odieuse politique d'apartheid, Mzansi (Afsud en isiZulu) est de nouveau à la croisée des chemins sur le plan politique, 27 ans après sa réintégration dans le concert du football international...

Frank Simon 
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Gaucho 8 sept. à 13:02

On pourrait en faire autant avec le foot italien, non ?

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