Ball of the match PUMA during the spanish league, La Liga, football match played between CD Leganes and CA Osasuna at Municipal Butarque Stadium in Leganes, Spain, on August  17, 2019. *** Local Caption *** (Oscar J. Barroso/AFP7/PRESSE S/PRESSE SPORTS)
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Quique Pina (président de Cadix) : «Je suis des joueurs en France»

Agent de joueurs, directeur sportif, puis président du Cadiz CF, tout juste promu en Liga, Quique Pina a connu plusieurs vies. Cet Espagnol de 51 ans, très intéressé par la signature de joueurs français, doit d'abord se battre pour ses droits : son associé l'a écarté de la gestion du club. Ce personnage haut en couleurs s'est confié à France Football.

«Quique Pina, pourquoi êtes-vous si célèbre en Espagne ?
J'ai eu la chance que toutes les choses que j'ai touchées aient triomphé. Ma première expérience de président (1999-2007) a été un club que j'ai fondé, Ciudad de Murcia, en cinquième division. On est passé en quatrième, en troisième, en deuxième division, puis à un point d'atteindre la Liga. Après, Gino Pozzo (NDLR : président de Watford et de l'Udinese) a acheté Grenade, alors en troisième division, et il a voulu que je gère le club (2009-2016). En deux ans, on est passé de la troisième division à la Liga. Et à Cadix, je voulais m'investir financièrement, donc je suis devenu le premier actionnaire du club (depuis 2016). J'ai su être directeur sportif, j'ai su posséder un club, j'ai su être président.
 
Justement, vous n'êtes plus officiellement président. Que se passe-t-il ?
C'est très simple. Manuel Vizcaino est une personne qui a demandé à travailler avec moi, car il considérait, à l'époque de notre prise de pouvoir, tous mes projets comme positifs. A Cadix, il m'a dit qu'il voulait investir pour que nous détenions chacun 50% de la société Locos por el Balon, actionnaire majoritaire du club (60%). Je lui ai donné ma confiance pour qu'il soit président et administrateur de la société, pendant que je m'occupais de la partie sportive. Il a profité d'une enquête fiscale sur les fonds du Grenade CF pour prendre le pouvoir, alors que c'est moi qui ai fait l'équipe. Je considère que c'est une trahison. Ce que je demande maintenant, c'est que nous ayons chacun nos actions, en dehors d'une société.
À l'été 2016, Manuel Vizcaino (à gauche) et Quique Pina officialisent leur accord.

«Je suis l'un des premiers à avoir cru au football français»

Vous avez récemment dit que vous reprendriez bientôt la direction du club. Le croyez-vous toujours ?
J'en suis sûr à 100%. Je crois à la justice. Le seul danger, c'est que, dans les mois que je passe à distance, l'actuel président échoue grandement, qu'il gère mal le recrutement, ce peut être un problème pour plus tard, quand je récupèrerai le club. C'est une histoire incroyable : une équipe ne peut pas avoir plus de 25 joueurs en Liga, le Cadiz CF en a 40 aujourd'hui... C'est le signe de sa mauvaise gestion. Ce qui veut dire que pour recruter, vous devez retirer 20 ou 23 joueurs. Parce que je pense que l'équipe de la montée a besoin d'au moins 7 ou 8 joueurs pour se renforcer, et se maintenir. Vizcaino a déjà dépensé 12 millions d'euros en achat de joueurs. La prolongation de Choco Lozano est positive, c'est un très bon attaquant. Pour la signature d'Alvaro Negredo, on verra. Le rythme de la compétition à Dubaï ne peut être comparé à la première division espagnole.
 
En parlant de recrutement, vous avez fait des joueurs français votre marque de fabrique. Comment vous y prenez-vous ?
Tout le monde me connaît comme celui qui recherche des joueurs peu connus et jeunes. Ce sont des joueurs pour lesquels j'ai opté quand ils n'étaient rien. Puis ils ont toujours triomphé, sont arrivés en sélection, ont joué au Real Madrid, ou dans d'autres grandes écuries. De France, j'ai fait venir Yacine Brahimi, qui était remplaçant à Rennes : il a réussi. J'ai ramené Youssef El Arabi : il a réussi. J'ai ramené Allan Nyom, qui vient de troisième division : il a réussi. J'ai fait venir en prêt Dimitri Foulquier, qui était pratiquement remplaçant à Rennes, on a fini par l'acheter à Grenade. Ce sont des situations qui m'amènent à croire que je suis l'un des premiers à avoir cru au football français.
«J'ai essayé de faire venir Alexander Djiku, c'est un dossier sur lequel je travaille toujours. Il y a aussi Ibrahim Sangaré, Samuel Grandsir...»
Qu'est-ce qui vous attire autant dans le football français ?
La force physique, la résistance. Les joueurs ont moins de qualité que les joueurs du Championnat espagnol, avec son rythme si particulier. Le footballeur français compense très bien avec la force. Dans la plupart des équipes, nous en avons besoin. Les joueurs que j'ai attirés sont des joueurs forts. Je peux parler d'Abdoulaye Doucouré (passé par Grenade). C'est un type de joueur box-to-box, capable de défendre et d'attaquer. Il est un modèle du footballeur que je cherche en France.
Suivez-vous actuellement des joueurs en France ?
Oui. J'ai essayé de faire venir Alexander Djiku, c'est un dossier sur lequel je travaille toujours. Il y a aussi Ibrahim Sangaré, Samuel Grandsir... Je parle de joueurs qui ont la possibilité de venir en prêt, car ce sont des joueurs qu'on ne peut acheter. Si les clubs sont intelligents, ils peuvent comprendre qu'un prêt d'un an ou deux en Espagne peut être bon pour eux, et pour le joueur. Tous les joueurs que j'ai attirés de France n'ont jamais dit non au football espagnol. Je pense que le joueur français voit d'un bon œil le football espagnol. Tous les facteurs nous permettent de les attirer facilement.»
Théo Troude
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