bruet (philippe) goethals (raymond) (BOUTROUX/L'Equipe)
Le meilleur entraîneur étranger de Ligue 1 (1er)

Raymond Goethals est le meilleur entraineur étranger de l'histoire de la Ligue 1 selon vous

La semaine dernière, FF vous demandait qui était le meilleur entraîneur étranger de l'histoire de la Ligue 1. Avec 57% des voix, vous avez plébiscité Raymond Goethals.

Un gagneur avant tout

Bien évidemment, la première chose venant à l'esprit lorsqu'on évoque «Raymond la science», c'est 1993. La première et seule victoire française en C1 avec l'Olympique de Marseille. Suffisant pour l'intégrer en haute place au Panthéon de notre Championnat. Outre ce sacre européen, celui qui fut le sélectionneur national de la Belgique de 1968 à 1976 a également porté le club phocéen en finale de l'épreuve reine du Vieux Continent. C'était en 1991 face à l'Étoile Rouge de Belgrade lors de sa première saison du côté du Vélodrome. En à peine trois exercices passés dans la cité phocéenne, le sorcier belge a aussi glané deux Championnats de France (en 1991 à 1992). Difficile de faire mieux, et il y a de quoi l'ériger en icône marseillaise. On n'occulte pas non plus ses deux passages aux Girondins de Bordeaux (de 1979 à 1980 et de 1989 à 1990), où il sortira à deux reprises le club au scapulaire de situations de crise en le portant en haut du classement (6e en 1980, 2e en 1990).

Sacré personnage

Raymond Goethals, c'est aussi une personnalité haute en couleur qu'on pourrait bien imaginer dans une bande dessinée d'Hergé. Avec sa gouaille et son accent belge prononcé, il a su vite s'attirer la sympathie du public français. Notamment avec sa faculté à écorcher les noms de ses joueurs, faute de pouvoir les épeler correctement. Citons, pêle-mêle, «Omleta» pour Pascal Olmeta, «Boszik» pour Alen Boksic ou encore «Tzigana» pour Jean Tigana. Le natif de Forest avait aussi le verbe haut et le sens de la formule. À l'image de cette phrase prononcée à son arrivée sur la Canebière : «Marseille ? J'y suis venu parce qu'ici les gens sont aussi fous que moi.» Il a également formé un improbable couple avec Bernard Tapie, son président de l'époque. Ce dernier s'était exprimé en ces termes à son sujet : «Il n'avait pas de grande idéologie tactique mais, humainement, c'était un mec fabuleux. Il plaisantait tout le temps avec les joueurs, ce qui prouve qu'il avait une grande autorité, parce qu'il arrivait à se faire respecter tout en déconnant avec eux.» Goethals c'était enfin une dégaine, un imper et une Belga souvent au bec.

Génie tactique

On ne le surnommait pas «La science» pour rien, n'en déplaise à Bernard Tapie. «Raymundo» c'est aussi l'homme qui a battu dans de grands combats tactiques tour à tour le grand Milan d'Arrigo Sacchi en quarts de finale de la C1 en 1991 (1-1 ; 1-0), puis celui de Fabio Capello deux années plus tard en finale à Munich (1-0). Le Belge s'appuyait à l'époque sur une défense à trois, avec un libéro et deux stoppeurs avec une préférence pour la défense en zone. Grâce à lui, l'OM de 1992 est l'équipe la plus imperméable de l'histoire du Championnat de France, avec seulement 21 buts encaissés. Ce maitre tacticien pouvait faire évoluer son schéma du 3-5-2 au 5-3-2 et le positionnement de ses latéraux en fonction des circonstances du match. Le Belge laissait libre cours à la créativité de joueurs techniques comme Abedi Pelé ou Waddle, véritables rampes de lancement pour des finisseurs du calibre de Jean-Pierre Papin ou plus tard Alen Boksic. Ce très grand entraineur, disparu le 6 décembre 2004, a sans aucun doute laissé une trace indélébile en la matière.
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