Raymond Kopa (D.R)
CM - Les 100 de FF

Raymond Kopa (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

17 avril - 14 juin : dans exactement 58 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quarante-troisième épisode avec Raymond Kopa.

Son histoire avec la Coupe du monde

Raymond Kopaszewski n'était pas forcément destiné à briller sous le maillot bleu en Coupe du monde. Il est rapidement sélectionné dans les équipes de jeunes mais ce fils de Polonais doit attendre la majorité, fixée à vingt-et-un ans à l'époque, pour choisir la nationalité française. Kopa fait ses débuts en sélection en octobre 1952 et fait partie de l'aventure mondialiste en Suisse en 1954 mais le stage de préparation ne se passe pas bien. Des supporters s'en prennent alors à Kopa le renvoyant à son passé : «Trop payé ! Retourne à la mine !» La Coupe du monde est un échec pour l'équipe de France qui ne passe pas le premier tour après deux rencontres face à la Yougoslavie (0-1) et au Mexique (3-2), malgré un but de Kopa sur penalty dans le dernier match. Quatre ans plus tard, c'est une autre histoire en Suède. Il fait son retour en équipe de France après deux ans d'absence – il joue au Real Madrid et ne peut donc pas rallier les Bleus – pour le Mondial et retrouve l'entraîneur Albert Batteux, qu'il a connu à Reims. La France est une des meilleures équipes de la compétition et livre des matches spectaculaires, à l'image de son entrée en lice contre le Paraguay (7-3) ou son quart de finale contre l'Irlande du Nord (4-0). Kopa et ses coéquipiers ne peuvent rien faire face au talent du Brésil en demi-finale (2-5) mais terminent troisièmes en disposant de la RFA (6-3). Si cette Coupe du monde est marquée par le record de buts de Just Fontaine (13), Kopa s'est aussi distingué avec trois pions et surtout sept passes décisives. Son histoire avec les Bleus se termine mal. Les tensions avec le sélectionneur Georges Verriest poussent le «Napoléon du foot» à la retraite internationale après une suspension de trois mois.

Le moment marquant

C'est le dernier match de Raymond Kopa en Coupe du monde et il est plutôt réussi. Ce 28 juin 1958, l'équipe de France affronte l'Allemagne de l'Ouest – championne du monde en titre – lors de la petite finale. Les Bleus livrent une prestation remarquable devant plus de 30 000 personnes à Göteborg et se consolent après la défaite face au Brésil de Pelé (2-5). Dans cette rencontre, Kopa sort toute sa panoplie pour épater la galerie. Ses passes et sa conduite de balle sont redoutables et il inscrit même le deuxième but du match sur un penalty (2-1, 27e). Il délivre aussi deux passes décisives, la première pour Just Fontaine (1-0, 16e) – qui établit le record de treize buts -, et la deuxième pour Yvon Douis (4-1, 50e). Aux côtés de Fontaine et Jean Vincent, Kopa a l'honneur de faire partie de l'équipe type de cette Coupe du monde en Suède. Quelques mois plus tard, il remporte la troisième édition du Ballon d'Or France Football, qui le récompense d'une année remarquable en club comme en sélection.

Le chiffre : 7

Comme le nombre de passes décisives offertes par Kopa lors de cette Coupe du monde 1958. Il savait marquer (18 buts en 45 sélections) mais il était surtout un redoutable passeur. Just Fontaine lui doit d'ailleurs beaucoup dans son record de treize buts marqués durant la compétition : cinq d'entre eux sont intervenus après une passe de Kopa. Les deux joueurs avaient une vraie connexion et savaient se trouver à la perfection sur le terrain.

L'archive de FF

Dans son édition du 5 août 1958, quelques semaines après la fin du Mondial en Suède, FF laissait Jean Snella prendre la plume pour raconter sa Coupe du monde. Celui qui faisait partie du staff de l'équipe de France à cette époque, faisait alors l'éloge de Raymond Kopa : «Aussi curieux que cela puisse paraître, je ne connaissais pas Kopa ! (...) Aussi ma découverte du "véritable" Kopa en Suède fut pour moi une révélation. Non seulement le joueur était bien techniquement ce qu'on en avait dit, c'est-à-dire un dribbleur extraordinaire démarquant ses partenaires à merveille, mais j'ai surtout pu apprécier l'homme. Je comprends mieux maintenant que Raymond se fasse adopter partout où il se trouve tant sa gentillesse, sa modestie, son courage et son esprit d'abnégation sont un modèle pour tous et une leçon pour les fausses vedettes (...) Pendant tout le séjour, il travailla avec la même détermination au point même de risquer le claquage à la veille du dernier match contre l'Allemagne ! Mais le plus bel exemple de cet état d'esprit Raymond l'a fourni, je crois, lors de France-Brésil. Alors que nous étions menés 1-5 et que tout espoir était envolé depuis longtemps, Kopa continuait de lutter pour toutes les balles comme s'il se fût agi d'une égalisation possible. Il prit tous les risques y compris celui de la blessure alors que son avenir est largement assuré. Kopa a été sensationnel et je citerai toujours son exemple aux apprentis vedettes tant que je serai entraîneur.»
Clément Gavard
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :