(V.Michel/L'Equipe)

Retour sur le grand n'importe quoi de Brest-Rennes, avec une décision de Monsieur Turpin qui pourrait faire date

Du grand n'importe quoi : voici comment on peut résumer l'épisode de ce Brest-Rennes où un but a été refusé aux visiteurs par Monsieur Turpin dans une confusion totale. Avec évidemment la VAR au coeur des débats. À n'en plus finir...

Cette soirée du samedi 14 septembre 2019 vient d'accoucher d'un nouveau chapitre du livre déjà bien trop mouvementé et documenté de la VAR. Si la trêve internationale était encore trop longue pour nous, amoureux de la Ligue 1, il y avait comme un calme, une certaine tranquillité et une certaine satisfaction de pouvoir profiter d'un match de football sans voir l'arbitrage vidéo venir parasiter nos soirées. Car oui, au cœur des éliminatoires pour l'Euro 2020, la VAR n'a pas été instaurée. Et franchement, ça nous a fait du bien.

Quand les Brestois font pression... et obtiennent gain de cause

Mais sans surprise, en Ligue 1, il n'a pas fallu attendre bien longtemps pour repartir dans une polémique au sujet de cette vidéo. Direction Brest-Rennes et le stade Francis-Le-Blé. Nous sommes juste après l'heure de jeu. Sur un centre, Larsonneur, le portier des locaux, sort et voit son coéquipier Castelletto le percuter. Si l'ancien gardien de l'équipe de France Espoirs reste au sol, le jeu se poursuit et Raphinha, nouvelle recrue rennaise, marque dans le but vide et dans la confusion. Monsieur Turpin siffle on ne sait quoi, et nous voilà au début de dix longues minutes d'interruption du jeu. Pas d'intervention (pour le moment) de la vidéo, un arbitre qui perd petit à petit le contrôle et qui semble surtout parti pour accorder le but, visiblement conforté par le car-régie. Sauf que ce n'est pas du goût des Brestois qui menacent carrément de quitter le terrain suite à l'ouverture du score des hommes de Stéphan et qui réclament une faute de Siebatcheu sur Castelletto. Devant la pression du SB29, Monsieur Turpin décide finalement... d'aller consulter l'écran de la VAR.

Sur les images, l'homme en noir voit Siebatcheu effectuer une poussette dans la course de Castelletto qui, il est vrai, percute ainsi de plein fouet son portier. Monsieur Turpin refuse ainsi le but. Pour la joie des supporters finistériens, mais aussi, du coup, la colère des Rennais, Olivier Létang, président, en tête, qui est carrément descendu sur la pelouse. Une réserve technique est déposée du côté du SRFC. Aboutira-t-elle ? Certainement pas.
 
En revanche : il faudra surveiller les possibles conséquences de l'attitude du corps arbitral sur cette situation. Car si les Brestois, Charbonnier en tête, n'avaient pas fait autant pression, le directeur de jeu serait resté sur sa première décision. Imaginez, désormais, si une autre équipe décide de faire de même très prochainement... On ne va plus en sortir. On peut clairement craindre que c'est une jurisprudence qui vient d'être créée. Sur la situation de Brest-Rennes, on peut également estimer le car vidéo coupable. Chacun peut se faire son idée de la gravité de la poussée de Siebatcheu sur Castelletto. Mais les assistants de Monsieur Turpin auraient tout de suite dû lui indiquer de venir devant l'écran pour trancher le plus vite possible. Le niveau de nervosité ne serait ainsi pas autant monté.

On peut clairement craindre que c'est une jurisprudence qui vient d'être créé.

Résultat : dix minutes d'interruption, un certain foutoir et une simple action de football qui va être disséquée tout le week-end, si ce n'est plus. À noter, enfin, que pour couronner le tout, on a franchement pas compris comment Monsieur Turpin a pu accorder seulement six minutes d'arrêts de jeu quand on sait le temps passé sur l'action du but de Raphinha. Mais rassurez-vous : il ne faudra pas attendre bien longtemps avant de voir une nouvelle polémique débarquer au cœur d'une VAR dont on ne voit pas comment elle va pouvoir réussir à s'installer durablement.

Timothé Crépin