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ANNIVERSAIRE

Robert Pirès raconte le but mythique de Dennis Bergkamp face à Newcastle : «C'est juste la classe»

Dennis Bergkamp fête ses 50 ans. L'occasion de se rappeler combien le Néerlandais était un attaquant de grande classe. Comme sur ce but mythique inscrit à Newcastle en 2002. Ce soir-là, le dernier passeur s'appelait Robert Pirès. Il raconte.

Nikos Dabizas. Ce nom ne vous dit sûrement pas grand-chose, mais en Angleterre, et particulièrement chez les fans d'Arsenal, cet ancien défenseur grec rappelle très vite de nombreux souvenirs au peuple gunner. L'histoire d'un soir de mars 2002 au coeur d'une fabuleuse saison pour l'équipe d'Arsène Wenger (qui sera titrée en Premier League), à l'époque composée de joueurs comme David Seaman, Patrick Vieira, Freddy Ljungberg, Lauren, Thierry Henry, Tony Adams, Sol Campbell, etc.

A l'heure de partir pour St James Park, Arsenal a une revanche à prendre : ce sont en effet les Magpies qui sont venus les surprendre à Highbury, en plein coeur de l'hiver, deux mois et demi plus tôt (1-3). En mars, le onze d'Arsène Wenger est le suivant : Seaman, Dixon, Stepanovs, Campbell, Luzhny, Lauren, Vieira, Grimandi, Pirès, Wiltord, Bergkamp. Ce dernier va ouvrir le score avant le quart d'heure de jeu. Et d'une façon légendaire. Patrick Vieira récupère le ballon dans ses trente mètres, transmet à Dennis Bergkamp qui écarte alors sur Robert Pirès. Nous sommes sur la ligne médiane. Le champion du monde 1998 s'avance, sans vraiment être attaqué, avant de servir son attaquant néerlandais d'une passe laser juste devant la surface de réparation. S'il reçoit le ballon dos au but, Bergkamp, tel un magicien qui avait tout vu avant tout le monde, fait le tour du pauvre Nikos Dabizas à l'aide d'une déviation incroyable, avant de finir plat du pied devant Shay Given. Dingue. Et dix-sept ans plus tard, Robert Pirès l'a encore bien en tête.
«Le 2 mars 2002, à Newcastle, vous servez Dennis Bergkamp, et là, la magie opère...
Encore aujourd'hui, c'est certainement l'un des plus beaux buts de l'histoire de la Premier League. Pour moi, c'est LE plus beau but. Ce qu'a réalisé Dennis ce soir-là, c'est juste la classe. Comme il était en tant que joueur. Grâce à lui, comme le but est souvent diffusé à la télévision en Angleterre, on me voit souvent parce que c'est moi qui le sert (Il rit.). Sur les réseaux sociaux, dès que les fans d'Arsenal sont un peu nostalgiques, ils le balancent. Je m'en souviens bien. Ce qu'il a fait, c'est juste propre. Tu peux toujours faire mieux, mais c'est propre dans la technique, dans l'enchaînement, dans la finition... C'est propre, tout simplement.

«Dennis, c'était l'efficacité avant tout»

En délivrant cette passe, vous ne vous doutiez peut-être pas qu'elle allait s'avérer décisive...
Ah non, pas du tout. Surtout qu'il a un mec au marquage, donc ce n'est pas facile. Même le ballon que je lui mets n'est pas évident. Avec le contrôle qu'il a fait, il s'est mis dans de très bonnes dispositions. C'est juste magique. Après, de cette soirée, je ne me souviens que du but... Pour être honnête, je ne me rappelle même pas du score (NDLR : Ce soir-là, Arsenal l'emporte 2-0) ! Le but suffit à lui-même. Et je n'ai pas été étonné qu'il soit l'oeuvre de Dennis. Je l'ai souvent dit : j'ai beaucoup appris à ses côtés et c'est certainement à cette époque que j'ai atteint le sommet de ma carrière. À ses côtés. Il est très doué techniquement, et j'aimais sa façon de jouer. Je ne vais pas dire que je le copiais, mais il m'a toujours dit qu'il fallait jouer pour l'équipe, pas pour soi. Dennis, c'était l'efficacité avant tout. C'est pour ça que ça m'a plu.
 
Lire :
Dennis Bergkamp et Robert Pirès ont passé six ans ensemble à Arsenal, entre 2000 et 2006. (FEVRE/L'Equipe)
Dennis Bergkamp et Robert Pirès ont passé six ans ensemble à Arsenal, entre 2000 et 2006. (FEVRE/L'Equipe)
«Il a marqué des buts, mais dans tous, c'était toujours avec classe»
Comment pouvait-il être, humainement, Dennis Bergkamp ?
Le surnom que lui ont donné les Anglais, c'est Iceman. Il n'est pas facile ! (Il rit.) Sur le terrain, c'était un autre homme. L'impression qu'il se transformait. Pour lui, le plus important était d'être efficace. Que ce soient les contrôles, que ce soient les passes, et même les buts : c'était toujours fin. Il a marqué des buts, mais dans tous, c'était toujours avec classe. C'était ça qui était magique avec lui. Quand on se retrouvait lors de dîners, il avait son caractère, assez fort. Mais une fois qu'il était sur le terrain, tu ne pouvais rien lui reprocher. Rien. Rien. Je le remercie encore, grâce à lui, j'ai beaucoup progressé.»
Timothé Crépin 
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Charbey 10 mai à 10:04

QUEL JOUEUR !!!

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