Baggio (L'Equipe)
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Roberto Baggio (Italie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

8 mars - 14 juin : dans exactement 98 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Troisième épisode avec Roberto Baggio.

Son histoire avec la Coupe du monde

Il a inexorablement marqué le foot des années 90. Il était en quelque sorte le leader technique de sa Nazionale. Et en 22 ans de carrière, Roberto Baggio a connu trois Coupes du monde : 1990, 1994, 1998. Rien qu'une stat pareille vous pose la légende du joueur. Après un début de carrière à Vicenza puis la Fiorentina, où il reste cinq ans, il arrive en grande forme au Mondial 90, à domicile. Si l'Italie gagne ses deux premiers matches 1-0 (Autriche et États-Unis), Baggio marque un but important lors de la finale du groupe face à la Tchécoslovaquie (2-0). Et quel but, puisqu'il part de la ligne médiane pour ensuite aller donner le tournis à la défense adverse.
En demi-finales, entré à la 73e minute face à l'Argentine, Baggio transforme son tir au but mais voit Donadoni et Serena, ses coéquipiers, rater leurs tentatives. Maradona, qui jouait à Naples, à domicile, et les siens vont en finale. Baggio tentera de se consoler avec un but lors de la petite finale face aux Anglais (2-1). Quatre ans plus tard, c'est avec le statut de Ballon d'Or France Football (1993) que Baggio se rend aux États-Unis. Cadre indispensable des Italiens, Baggio et sa bande galèrent au premier tour, ne devant leur qualification qu'à une position de meilleur troisième. Toujours en difficulté, la Nazionale est à deux minutes de se faire éliminer par le Nigeria d'Amunike en huitième. Mais, à la 88e, Baggio surgit et ensuite donnera la qualification aux siens dans la prolongation. Son Mondial débute véritablement. Un autre but en quarts (2-1 face à l'Espagne), puis un doublé en demies (2-1 contre la Bulgarie) renforcent son statut d'un des plus grands du moment.
Mais son incroyable phase finale ne trouvera pas l'apothéose tant convoitée lors d'une nouvelle cruelle séance de tirs au but face au Brésil en finale (voir ci-dessous). En 1998, jamais deux sans trois puisque c'est une nouvelle fois au terme d'une même séance de tirs au but que l'Italie de Baggio, 31 ans, est éliminée par la France, future championne du monde, en quarts de finale. S'il réussit, cette fois, sa transformation, il voyait Di Biagio fracasser la barre de Barthez. Auparavant, le joueur de Bologne de l'époque avait inscrit deux nouveaux pions en Coupe du monde, contre le Chili (2-2) et devant l'Autriche (2-1). Absent en huitième, il entre à 22 minutes de la fin face aux Bleus. En vain, encore. Plus que jamais motivé, à 35 ans, pour accompagner l'Italie en Corée du Sud et au Japon en 2002, l'attaquant ne sera pas retenu par Trapattoni, malgré une grosse pression populaire (voir ci-dessous). Baggio et le Mondial, c'est une grande (triste) histoire.

Le moment marquant

En cette finale 1994 au Rose Bowl de Pasadena, le vainqueur s'offrira une quatrième étoile dans la compétition. Le Brésil de Romario face à l'Italie de Baggio, un match dont les 90 premières minutes ne sont pas restées dans les annales. L'Italien, qui avait été touché par une contracture en demie, n'est pas vraiment en verve, comme sur ce tir non cadré alors qu'il était bien placé dans la surface, va connaître une fin de Coupe du monde cruelle. Les deux équipes se départagent à la séance de tirs au but. Si Massaro et Baresi avaient manqué leurs tentatives juste avant, «Robygol», en qualité de cinquième tireur, pouvait répondre à Dunga et ainsi lancer les deux pays dans une mort subite à couper le souffle. Mais la frappe du Turinois s'envolait dans le ciel américain.

Le chiffre : 3

1990, 1994, 1998 : Roberto Baggio a inscrit un but dans trois phases finales différentes. Aucun autre joueur italien n'a réalisé cette performance dans l'histoire. Avec neuf réalisations, il est en tête des meilleurs buteurs transalpins en Coupe du monde avec Christian Vieri et Paolo Rossi.

L'archive de FF

En mai 2002, Giovanni Trapattoni décide de ne pas retenir Roberto Baggio pour le Mondial en Corée du Sud et au Japon. Le 21 mai, FF écrit : «Juste avant d'embarquer pour le Japon ce mardi soir, à bord d'un avion charter, Giovanni Trapattoni ne pourra pas ignorer les énormes affiches d'Alitalia, la principale compagnie aérienne italienne, qui décorent l'aéroport romain de Fiumicino. On y voit un Roberto Baggio en gros plan, le regard transperçant, avec deux phrases d'accompagnement : en haut à gauche, «Roby, joues avec nous», et, plus bas, «Nous, nous t'emmenons au Japon avec quinze vols par semaine, et en Corée avec deux. Apportes juste le ballon.»
«C'est la dernière fois que je parle de Baggio. Je vous le répète, je ne l'ai pas pris parce que Roberto manque de compétition»
L'idée est géniale. Sauf que Trapattoni n'a que modérément apprécié. Car, après avoir communiqué sa liste, il a passé le plus clair de son temps à devoir justifier son choix. Allant même jusqu'à hausser le ton mardi dernier : «C'est la dernière fois que je parle de Baggio. Je vous le répète, je ne l'ai pas pris parce que Roberto manque de compétition. Il n'est revenu qu'à trois journées de la fin du Championnat. Impossible d'être en forme pour la Coupe du monde.» La pression a été très forte sur le Trap. Il faut dire que Roberto Baggio est très très populaire en Italie. Ayant évolué à l'Inter, au Milan AC, à la Juve, ainsi qu'à la Fiorentina, à Bologne, Vicenza et Brescia, il n'est assimilé à aucune équipe en particulier, et donc aimé de tous les tifosi.
Timothé Crépin

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boupka 8 mars à 16:32

Très grand joueur,élégant dans sin jeu.je l'ai adoré à la juve