(L'Equipe)

Ronaldinho (Brésil), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

21 mai - 14 juin : dans exactement 24 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixante-dix-septième épisode avec Ronaldinho.

Son histoire avec la Coupe du monde

En deux Coupes du monde disputées, le génie brésilien a connu deux sentiments opposés : la joie née de la consécration auriverde en 2002, et la déception qui a suivi l’élimination de la Seleçao quatre ans plus tard. Ronaldinho a évidemment marqué ses deux participations par son talent indéniable, d’abord en Corée et au Japon, puis par sa discrétion, alors qu’il était considéré comme le meilleur joueur du monde, Ballon d’Or FF en 2005 et vainqueur de la Ligue des champions avec le Barça quelques jours avant le début du tournoi allemand. Lors du Mondial asiatique, il formait avec Ronaldo et Rivaldo un trio d’attaque redoutable, scorant 15 des 18 buts marqués par les Auriverde durant la compétition. Auteur d’un but sur penalty en phase de poule, Ronaldinho a marqué de son empreinte le quart de finale face à l’Angleterre, en faisant danser ses adversaires et en inscrivant un coup franc venu d’une autre planète contre la légende David Seaman. Un moment heureux qui a contrasté avec l’expulsion du Parisien qui s’en est suivie, le privant de la demie face à la Turquie. De retour dans le 11 brésilien en finale contre l’Allemagne, il a livré un match remarquable et félicité son compatriote Ronaldo, auteur d’un doublé, pour le titre glané. Un exploit que Ronaldinho et consorts n’arriveront pas à réitérer en Allemagne. Rivaldo retraité, ce sont Adriano et Kaka qui ont accompagné le désormais Barcelonais et Ronaldo en attaque. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu pour le quintuple champion du monde. S’il est arrivé à passer sans encombre les poules, il s’est heurté au futur finaliste, la France, en quarts de finale, dans une rencontre où Ronaldinho s’est fait voler la vedette par Zinédine Zidane. Le Brésil est éliminé, et la star catalane n’aura absolument pas pesé durant ce tournoi, provoquant l’indignation du peuple brésilien, qui ira même jusqu’à brûler une statue représentant le joueur. Cette élimination marque lentement la fin de carrière internationale de Ronni», le joueur brésilien le plus doué de sa génération.

Le moment marquant

Sans aucun doute son coup franc marqué à David Seaman en quart de finale du Mondial 2002. Robnaldinho avait même déjà permis à sa formation d’égaliser en délivrant une passe décisive à Rivaldo, juste avant la pause (45e+2), le but du n°10 auriverde répondant à l’ouverture du score de Michael Owen (23e). En début de deuxième période, le Brésil, qui joue en bleu, obtient un coup franc suite une faute de Paul Scholes sur Kleberson. A une quarantaine de mètre du but anglais, excentré sur la droite, Ronnie pose son ballon et tout le monde s’attend à un centre envoyé dans la boite. Que nenni. Le Parisien s’élance et envoie le ballon dans la lucarne du portier d’Arsenal, lobé et totalement surpris (50e). Le Brésil s’impose 2-1 et va en demi-finale, mais sans son génie brésilien, expulsé quelques minutes plus tard, pour une semelle sur le défenseur des Three Lions Danny Mills (57e).

Le chiffre : 2

Ses deux buts inscrits en Coupe du monde - en 2002 en Corée et au Japon l’ont été sur coup de pied arrêté. Transformant un penalty contre la Chine en phase de poule, le Brésilien a marqué le but victorieux sur coup franc face aux Anglais en quart de finale.

L'archive de FF

Après les deux premiers matches de la Seleçao à la Coupe du monde 2006, le consultant de FF Leonardo confiait ce qu’il pensait des prestations de Ronaldinho depuis le début de la compétition : «Une chose m’a frappé au cours de ce match (Brésil-Australie, 2-0) et qui n’a fait que confirmer l’impression que j’avais retirée du match contre la Croatie, c’est la performance de Ronaldinho. J’ai lu qu’il avait dit qu’il ne serait pas dans cette Coupe du monde le même Ronaldinho qu’à Barcelone et qu’il ne prendrait pas les mêmes risques sur le terrain. Je crois que c’est une erreur de penser comme ça. Pour lui et pour la Seleçao. Ce qui fait la force de Ronaldinho, ce qui le rend dangereux, c’est sa spontanéité naturelle, son esprit d’invention, sa joie de jouer. Or, ici, il est le contraire ! Il réfléchit trop, il joue trop sérieusement, il n’ose plus et il n’est plus lui-même. Il faut absolument qu’il prenne plus de risques, qu’il joue comme il sait le faire d’habitude avec le Barça, dans son propre style. Il doit absolument se libérer. Il faut qu’il se retrouve tel qu’en lui-même. Si Ronaldinho commençait à mettre un peu de magie dans son jeu, je suis convaincu que le Brésil y gagnerait et surprendrait plus facilement ses rivaux».

Joffrey Pointlane