Foto IPP/Cavaliere Emiliano  Roma 23/10/2018  Calcio Uefa Champions League 2018-2019.  AS Roma - PFC CSKA Mosca.  Nella foto: Steven Nzonzi.  Italy Photo Press - World Copyright (L'Equipe)
Italie - Roma

«Sans trop de charisme», «Pas toujours brillant», «Décevant»... Steven Nzonzi ne convainc pas encore à la Roma

Depuis son arrivée à la Roma le 14 août dernier, Steven Nzonzi ne fait pas l'unanimité. Le champion du monde ne retrouve pas le niveau qui l'a propulsé en équipe de France. Et ces dernières semaines, la presse italienne n'est pas vraiment élogieuse à son égard.

Steven Nzonzi se souviendra longtemps du match perdu contre le Real Madrid (0-2), le 27 novembre dernier. Non pas de la triste performance de son équipe, mais bien de la pluie de sifflets qui a accompagné sa sortie au milieu de la seconde période. Le Français a été surpris par la réaction du public, et, visiblement déçu, est retourné au vestiaire sans passer par le banc. Un geste qui n'est évidemment pas passé inaperçu. «Accompagnant une performance modérée, le milieu de terrain s'est fait siffler lors de sa sortie. Le joueur français ne l'a pas bien pris et est immédiatement rentré au vestiaire, avant d'être rappelé et convaincu de se rendre sur le banc», résumait CalcioMercato. A son retour, son visage en disait long : déçu, abasourdi et agacé. Mais certains médias comme le Corriere dello Sport nuançait cet épisode : «Ce que le Français n'a peut-être pas compris, c'est que les sifflets de l'Olimpico ne lui étaient pas forcément destinés. En bref, ces sifflets étaient plus pour Monchi (Le directeur sportif de la Roma, NDLR), que pour Nzonzi.»

Quelques jours plus tard, un autre défi de taille attendait le milieu de terrain romain : l'Inter Milan. La veille de la rencontre, la Gazzetta dello Sport se posait une question : «Qui mettre devant la défense ? Nzonzi semble avoir pour le moment un peu déçu le peuple Giallorossi.» Pourtant, le géant français (1m96) était bien aligné au côté de Cristante et réalisait sans briller une performance correcte en ces premiers jours de décembre.

«30 ans n'est que le coucher de soleil de la jeunesse»

Le 15 décembre, Steven Nzonzi fêtait ses 30 ans. La Gazzetta dello Sport résumait ses débuts sous le maillot de la Louve. «Les fans ne sont pas encore tombés amoureux de Nzonzi. Au contraire, la sortie temporaire de De Rossi pour des problèmes de genou a accru la nostalgie autour du capitaine. Ses petits trots, ses petites touches, sa direction sans trop de charisme n'ont pas convaincu jusqu'à présent. Mais 30 ans n'est que le coucher de soleil de la jeunesse. Et il lui reste encore beaucoup de temps sur les terrains.» Le lendemain de son anniversaire, il affrontait le Genoa (victoire 3-2). Tuttomercato lui donnait la note de 5,5 : «Il filtre le milieu, sans bouger de la ligne médiane. Il n'est pas toujours brillant et a perdu beaucoup de duel contre Sandro.» Une prestation moyenne donc, qui paraissait comme habituelle selon la presse italienne.
A l'approche du match contre la Juventus, le journaliste de Tuttomercato Alessandro Carducci expliquait que cette rencontre sera décisive pour le Français, qui devrait être titulaire. «Il devra diriger le milieu de terrain romain. Et qui sait si cela ne peut pas être un tournant pour la saison du champion du monde.» Cette rencontre sera l'occasion pour Steven Nzonzi de retrouver Blaise Matuidi, qui lui sera opposé dans le rond central. «Blaise et Steven, champions du monde en Russie avec l'équipe de France, rivaux 7 mois plus tard», écrit le site Calcionews24. Le duel n'est pas le plus élégant du monde, mais qu'importe. Nzonzi aura l'occasion de prouver sa vraie valeur, lui qui ne convainc pas tout le monde. On lui reproche parfois sa lenteur et son manque d'initiative, mais le milieu de terrain a d'autres qualités. Si l'on regarde ses statistiques en Serie A, on dresse le portrait d'un joueur précieux. Après Fazio (52), Nzonzi est le Romain qui récupère le plus de ballons (42), devant De Rossi et Manolas (37). Et il continue à être celui qui parcourt le plus de kilomètres : 11,383 km devant Kolarov (10,494) et Lorenzo Pellegrini (10,398), selon le Corriere dello Sport. Et ça, son entraîneur Eusebio Di Francesco semble l'avoir bien compris.

Erwan Issanchou
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