(L'Equipe)

Sélectionneurs, préparez vos mouchoirs

Le premier tour du tournoi continental s'est à peine terminé que déjà les premières têtes ont roulé dans le panier. Plusieurs sélectionneurs ont démissionné ou ont été démissionnés.

Premier à prendre la porte, le Belge Georges Leekens a quitté le banc de l’Algérie au lendemain de l’élimination prématurée des Fennecs. Nommé le 27 octobre au lendemain du match nul d’El-Khedra contre le Cameroun en éliminatoires de la Coupe du monde 2018 (1-1), "Long couteau" n’aura pas tenu plus de trois mois. Et il ne laissera pas un souvenir impérissable de son deuxième passage sur le banc DZ. La sélection aura consommé trois techniciens en l’espace de six mois, de Christian Gourcuff à Leekens, en passant par la courte mission du Serbe Milovan Rajevac. Sans surprise, et avant même que Leekens ne soit poussé vers la sortie, certains noms ont commencé à circuler sur la toile, de Rolland Courbis à Djamel Belmadi, pour succéder au Belge. Seule certitude : l’Algérie a besoin d’un meneur d’hommes sur son banc.

Moins médiatique mais tout aussi important, Callisto Pasuwa a décidé de mettre fin à sa mission avec le Zimbabwe. Une mission débutée il y a deux ans dans la douleur, puisque les moyens ont souvent manqué au technicien (et à son groupe) pour travailler correctement. Déçu de ne pas avoir atteint les quarts après avoir été tout proche d’un succès contre l’Algérie, Pasuwa a préféré assumer seul ce qu’il considère comme son échec. L’élimination précoce de la Côte d’Ivoire, championne sortante, pose évidemment la question du maintien de Michel Dussuyer sur le banc des Eléphants. Dussuyer, qui n’a perdu qu’un seul match de compétition depuis 2015 - c’était contre le Maroc (0-1) lors de cette CAN - a pourtant bien débuté en éliminatoires de la CM 2018 (quatre points en deux matches). Mais en interne, certains à la Fédération sont partisans de son renvoi. A son sujet, on a apprécié l’attitude chevaleresque de son prédécesseur Hervé Renard qui, spontanément, a pris sa défense en conférence d’après match (lire Renard défend Dussuyer). 

L'élimination précoce de la Côte d'Ivoire, championne sortante, pose évidemment la question du maintien de Michel Dussuyer sur le banc des Eléphants.

Pour Dussuyer, une féroce campagne médiatique a précédé l’équipe au Gabon, et l’ancien sélectionneur de la Guinée a souvent cristallisé les critiques et les rancoeurs. Toujours sous contrat, son avenir est entre les mains de ses dirigeants. C’est peut-être le cas d’un Alain Giresse éliminé lui aussi dès le premier tour de cette CAN. Pourtant, ses Aigles du Mali n’ont récolté qu’un nul mais ils n’ont jamais été ridicules dans le jeu. Il leur manquait un buteur d’expérience, bref un Cheick Tidiane Diabaté ! Pendant que tout ce petit monde s’agite au Gabon, d’autres techniciens, sans affectation, font eux aussi de la "gesticulation" pendant le tournoi. Ils sont en "visite", consultants officiels ou officieux pour des médias et distillent leurs analyses à qui veut les entendre. Dans la coulisse, ils rencontrent aussi, discrètement ou pas, les dirigeants des Fédérations africaines. La CAN sert aussi parfois à déposer son CV auprès de pays qui songent à remplacer leur coach. Et, s’ils n’y songent pas, à leur donner des idées...

L'Afrique du Sud aime beaucoup Sredojevic

Après cette CAN, certaines sélections changeront de coaches très rapidement. En Afrique du Sud, on aime beaucoup Micho Sredojevic par exemple, le boss de l’Ouganda. Par le jeu des chaises musicales, un poste se libérera ici. Au Ghana, Avram Grant est en fin de contrat. Fera-t-il l’objet d’une prolongation en cas de victoire finale ? Chez les Francophones, et depuis le départ de Pierre Lechantre à l’automne, la fédération congolaise a publié, y compris sur les réseaux sociaux, une annonce pour dénicher celui qui poursuivra les éliminatoires de CM 2018 et débutera ceux de la CAN 2019. A chacun son réseau et son fonctionnement pour attirer son "Special one" !

Frank Simon