(L'Equipe)
TUR

Sofiane Feghouli (Galatasaray) : «Je ne suis pas un joueur de deux ou cinq minutes»

Galatasaray et ses difficultés, sa carrière, son profil, et bien sûr la sélection algérienne : Sofiane Feghouli a accordé un long et riche entretien à Francefootball.fr. Découvrez la première partie consacrée à son aventure en Turquie. Mais pas que.

«Sofiane, vous avez été un membre important de la belle saison de Galatasaray en 2017-18, qui a abouti sur un titre de champion. Mais depuis août, vous jouez très peu (huit apparitions en Championnat, pour trois titularisations). Pourquoi ?
En début de saison, j'ai pris part à la Supercoupe de Turquie (NDLR : défaite aux tirs au but face à l'Akhisar Belediyespor). Derrière, je n'ai plus du tout joué, si ce n'est deux minutes par ci, cinq minutes par là... Récemment, je suis un peu mieux entré dans l'équipe. J'étais titulaire le week-end dernier. On restait sur cinq matches sans victoire, là, on a gagné 3-0 à l'extérieur (à Kayserispor), j'ai quasiment joué tout le match (88 minutes). Donc je suis vraiment content. Les supporters étaient satisfaits de ma prestation. Il fallait répondre présent. Quand on a peu d'opportunités, il faut savoir les saisir. Ça s'est super bien passé. J'espère que cela va faire changer d'avis l'entraîneur et le staff technique pour enchaîner les rencontres en tant que titulaire. Je ne suis pas un joueur de deux ou cinq minutes. J'ai assez prouvé par le passé, notamment avec le titre de champion de Turquie la saison dernière. J'ai besoin de jouer et d'avoir de la continuité.

La fiche de Sofiane Feghouli

Vous a-t-on dit pourquoi on ne comptait pas sur vous ?
Sincèrement, je n'ai pas eu d'explication de qui que ce soit. Je n'ai jamais échangé à ce sujet avec l'entraîneur. Je suis resté professionnel. J'ai été patient, j'ai travaillé de mon côté, en étant toujours irréprochable et en attendant que mon heure arrive. J'ai eu la chance de pouvoir retrouver la sélection le mois passé, le coach m'a appelé malgré mon faible temps de jeu. Moralement, ça m'a aidé et, physiquement, il m'a donné du temps de jeu. La sélection m'a tendu la main à un moment où j'étais moins bien. C'était important.

«Ne pas démarrer dans le onze titulaire après un titre de champion était surprenant»

Paraît-il que Galatasaray n'était pas forcément contre votre départ l'été dernier...
Je ne sais pas si le club avait besoin d'argent avec le titre de champion et le fait de disputer la Ligue des champions qui rapportent beaucoup. Donc je ne pense pas. Ne pas démarrer dans le onze titulaire après un titre de champion était surprenant. Beaucoup de gens ont d'ailleurs été surpris. En football, on sait comment c'est : il y a beaucoup de facteurs extra-sportifs qui comptent énormément. J'ai trois ans et demi de contrat et je compte aller au bout. Je me suis inscrit sur du long terme, avec l'ambition de gagner des titres et de jouer la Coupe d'Europe. Après la Premier League, j'ai accepté ce challenge pour ça. Je suis très heureux dans ce club, avec la vie à Istanbul qui me convient parfaitement.

Et avec des supporters toujours très présents.
Ils sont toujours au top. Cela te pousse à donner le meilleur de toi-même. Il y a une exigence, on te rappelle que tu es toujours dans un grand club. Il faut gagner. Si je n'ai pas cette adrénaline, ce n'est pas du football. C'est vraiment plaisant de jouer dans des stades pleins. C'est une chance.

Entre les fans de Galatasaray et les supporters de l'Algérie, niveau ferveur, vous êtes servi...
Oui, ça se ressemble. Il y a beaucoup de similitudes. Je ne suis pas dépaysé !
«J'espère qu'on pourra parvenir à remporter le titre en fin de saison. C'est l'objectif principal.»
Parlez-nous de Fatih Terim, votre entraîneur. Comment est-il au quotidien ?
Il n'aime pas la défaite. On est peut-être un peu moins bien cette saison, mais c'est parce qu'il y a eu des changements de joueurs, il faut que ça prenne. Ça demande du temps. On joue tous les trois jours donc c'est différent. Mais il a de l'expérience et j'espère qu'on pourra parvenir à remporter le titre en fin de saison. C'est l'objectif principal. Avec aussi l'envie d'aller le plus loin possible en Coupe d'Europe.

Grenoble, Valence pendant cinq saisons, West Ham et désormais Galatasaray : à 28 ans, comment jugez-vous votre évolution de carrière ?
J'en suis content. En Angleterre, avec l'entraîneur en place (Slaven Bilic), je n'ai pas eu l'opportunité de jouer. Je voulais voir ce que c'était. Je suis parti. Galatasaray m'a proposé un beau projet, a insisté. J'arrivais à un âge où je devais gagner des titres. Revenir en C1 me tenait à cœur, même si je n'ai pas encore pu y goûter, c'est un peu dommageable. Je ne regrette pas ce choix.

Et au niveau du jeu ?
À terme, je vais davantage jouer dans un milieu à trois, un poste où j'ai été formé et que je connais très bien. J'évolue comme ça en sélection. Même chose parfois en club comme lors du dernier match. J'ai été positionné sur un côté pendant dix ans. Désormais, petit à petit, je vais rentrer dans l'axe, pour être au cœur du jeu. Ça me plaît.»
Timothé Crépin
Samedi, découvrez la deuxième partie de l'entretien avec Sofiane Feghouli entièrement consacrée à la sélection algérienne : «On doit assumer, on ne peut pas se cacher.»
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