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Que deviens-tu ?

Stéphane Dedebant

L'ancien Caennais a déjà vécu plusieurs reconversions. Et a coupé tous les ponts avec le monde du football.

Son discours décontenance. Près de quatorze ans après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle, Stéphane Dedebant, quarante-quatre ans, l'avoue froidement : il a coupé les ponts avec le monde du ballon rond. « Je n'ai plus remis les pieds sur un terrain depuis une dizaine d'années. » L'ancien Caennais porte un regard amer sur un sport qui l'aura occupé, nourri, exalté. «Ma dernière année à Sochaux, en 2000-01 a été compliquée (NDLR : blessé, il n'a pris part qu'à deux matches de L2 pour un total de dix minutes de jeu). Aujourd'hui, je ne regarde plus de matches à la télévision. Je suis les résultats sur Internet. La dernière fois que j'ai assisté à un match de Caen, c'était il y a trois ans.» Une éternité pour un ancien footballeur. À sa voix, on comprend rapidement que le Stade Malherbe est un sujet sensible. L'homme aux 168 matches de Ligue 1 et de Ligue 2 sous les couleurs rouge et bleu devient hésitant. Il choisit ses mots avec précaution. «Je suis revenu dans la région en 2001, il y a un bon bout de temps, donc. Et pourtant, je n'ai jamais été invité au stade. Pas une fois. Les personnes que je rencontre tombent souvent des nues quand je leur raconte cela. Néanmoins, c'est la réalité. Ce manque de reconnaissance ne me donne pas vraiment envie d'y retourner.» La rupture avec le football semble brutale. Toutefois, un peu moins de trois ans après sa retraite professionnelle, il rechausse les crampons pour Ouistreham, en 2003, en CFA2. La donne est, alors, différente. «Je voulais donner un coup de main à un club amateur et maintenir ma forme.»

Fan de tennis et de comptabilité

Stéphane Dedebant a passé trois saisons à Sochaux, entre 1998 et 2001. (L'Equipe)
Stéphane Dedebant a passé trois saisons à Sochaux, entre 1998 et 2001. (L'Equipe)
Aujourd'hui, l'ancien milieu offensif trouve son plaisir dans une autre discipline. «Je suis fan de tennis. Je l'ai toujours été, et j'en fais énormément. D'ailleurs, j'adore tous les sports de raquette. Je joue aussi bien en compétition qu'avec des amis.» La balle jaune n'est qu'un simple passe-temps. Après un transfert avorté à Heart of Midlothian en Écosse, en 2001, Dedebant  met fin à sa carrière professionnelle. Vient alors l'heure de la reconversion. «J'ai repris mes études. J'ai validé l'équivalent d'un DEUG de gestion à l'institut d'administration des entreprises (IAE) de Caen.» Il le concède : ce n'était pas chose aisée. En particulier pour quelqu'un qui a consacré la majeure partie de sa vie à courir sur un terrain. Mais, déjà à l'époque, le natif de Paris est habité par un dessein bien précis. «Je voulais avoir une vision globale de la comptabilité d'une société.»

Kiosquier, restaurateur et agent immobilier

«J'ai investi, en compagnie d'associés, dans un hôtel-restaurant à Ouistreham. La ville est accessible du Royaume-Uni via un ferry. Il y avait énormément de clients étrangers.»

Et il vise juste. Il travaille pendant un an dans un cabinet comptable, avant d'enchaîner des expériences très variées. Avec toujours le monde de l'entreprise en fil conducteur. «En 2005, j'ai racheté une librairie à Ouistreham. Je mettais les titres en place, commandais et retournais les livres. C'était une opportunité que j'avais saisie. En réalité, je n'avais pas spécialement envie de faire cela.» Les magazines et bouquins ne le passionnent pas. Pourtant, il patiente quatre longues années avant de céder son commerce. Exit Télérama, Elle et le Monde. Place aux chambres luxueuses et aux repas raffinés. «J'ai investi, en compagnie d'associés, dans un hôtel-restaurant à Ouistreham. La ville est accessible du Royaume-Uni via un ferry. Il y avait énormément de clients étrangers.» Une expérience globalement positive. Cependant, l'ancien Sochalien a la bougeotte. Au bout de quelques années, il se sépare de l'établissement pour revêtir un énième costume. Celui d'agent immobilier, en 2012. «C'est un milieu qui m'a toujours intéressé. Au début, je m'étais dit que j'allais voir ce que cela allait donner. Et depuis, ç'a plutôt bien marché.» Dans ce nouveau rôle, il se révèle aussi fringant qu'il l'était dans l'écrin de Michel-d'Ornano. Autonome, il se plaît à sillonner la Basse-Normandie au volant de sa voiture, à démarcher des clients. «Un jour, j'aimerais bien posséder ma propre agence. Néanmoins, dans l'économie actuelle, c'est assez compliqué.» À l'entendre, il a enfin trouvé chaussure à son pied. Loin du football. Mais surtout, épanoui dans sa nouvelle vie.

Nick Carvalho

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