SPAIN - 4th of November: Sevilla midfielder Steven N'Zonzi (15) during the match between FC Barcelona against Sevilla FC, for the round 11 of the Liga Santander, played at Camp Nou Stadium on 4th November 2017 in Barcelona, Spain. (Credit: Mikel Trigueros / Urbanandsport / Cordon Press) Cordon Press *** Local Caption *** (Mikel Trigueros/CORDON/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Ligue des Champions - Séville

Steven Nzonzi : «C'est mieux que ça s'arrête là avec Séville»

Mercredi, Steven Nzonzi, le nouveau milieu de l'équipe de France (2 sélections), ne sera pas à Maribor avec le FC Séville pour un match décisif de Ligue des champions. Mis à l'écart depuis deux semaines, il est sur le départ. Il s'explique en exclusivité pour Francefootball.fr.

«Steven, les médias espagnols prétendent que vous êtes actuellement à Londres pour signer à Arsenal voire à Everton. C'est vrai ?
C'est n'importe quoi ! Je suis effectivement à Londres, mais ça n'a absolument rien à voir avec un transfert, ni même avec le foot. Je suis venu voir mon fils qui habite là et en profiter pour passer du temps avec lui. Vous voyez, il n'est pas question d'une signature à Arsenal ou ailleurs !

Logiquement, vous ne devriez pas plutôt être en Slovénie, avec vos coéquipiers qui s'apprêtent à disputer un match décisif en Ligue des champions, mercredi ?
Je souhaite de tout coeur à Séville de se qualifier, et de connaître plein de bonnes choses à l'avenir. Ce qui me chagrine, c'est que je ne ferai pas partie de cette aventure. J'aurais aimé aller plus loin et connaître un quart de C1 avec le club, c'est ça ma déception.

Donc, c'est bel et bien fini avec le FC Séville ?
Mon avenir est clairement ailleurs qu'à Séville. La seule chose qui me déçoive, c'est la manière dont ça se termine.
«Les mots du coach m'ont affecté. Depuis, quelque chose s'est cassé»
Vous voulez parler de votre mise à l'écart depuis quinze jours ?
Je m'entraîne avec l'équipe mais quand arrivent les matches, je ne suis pas retenu. Ça fait mal, bien sûr, mais pour l'instant, ça va encore, ça fait peu de temps. Il ne reste plus que décembre à passer. Mais c'est mieux que ça s'arrête là, c'est sûr.

Comment en êtes-vous arrivé là ? On parle d'un problème à la mi-temps du match de C1 face à Liverpool, le 21 novembre dernier. Racontez-nous.
On est menés 0-3 à la pause (NDLR: 3-3 au final). Le coach (Eduardo Berizzo) m'a un peu pointé du doigt. Je ne lui en veux pas, je ne suis pas là pour discuter avec lui, mais ses mots m'ont affecté. Depuis, quelque chose s'est cassé en moi, et chez lui aussi.

Que vous a-t-il dit exactement ?
Je ne le répèterai pas. Mais après, publiquement, il a dit qu'à l'avenir, il ne prendrait plus que des joueurs qui avaient sa vision du foot. Ça veut dire quoi ? Que ce soit en 4-3-3, en 3-5-2 ou dans tout autre schéma, un joueur doit s'adapter à ce que demande son entraîneur, et je l'ai toujours fait. Par rapport à ma situation, au fait que j'ai toujours été pro malgré les circonstances, que j'ai toujours fait le travail, j'ai trouvé ça injuste.
En novembre dernier, Steven Nzonzi a fêté ses deux premières sélections avec les Bleus. (L'Equipe)
En novembre dernier, Steven Nzonzi a fêté ses deux premières sélections avec les Bleus. (L'Equipe)

«Avec Monchi, ç'aurait été réglé en deux jours»

La situation dont vous parlez, elle fait référence à quoi ? Au mercato d'été ?
Exactement. Cet été, j'ai eu l'impression que la direction n'avait pas fait d'efforts pour m'expliquer les choses, pour discuter, alors que j'avais plusieurs sollicitations. Vitolo a quitté le club (pour l'Atletico) sans que les dirigeants soient d'accord, et c'est comme s'ils avaient fermé la porte derrière lui pour que personne ne parte.

Vous vous êtes senti piégé ? Mésestimé ?
Je ne suis pas là pour décider si je pars ou pas, je suis là pour jouer, mais j'ai gardé cette petite frustration sur la façon dont ç'a été géré. La direction a fait du bon travail en montant une équipe très compétitive, mais le départ cet été de Monchi (le manager, parti à la Roma) a changé certaines choses. Vis à vis de moi, déjà. L'histoire avec le coach, avec Monchi, ç'aurait été réglé en deux jours.

Vous n'êtes donc pas parti cet été. Comment s'est passé le début de saison ?
Je suis resté pro, non seulement parce que c'est dans ma nature, mais aussi au regard de ce que je dois au FC Séville qui a beaucoup fait pour moi. La preuve, sans prétention, on n'a perdu que deux matches quand j'ai joué, face au Barça et à l'Atletico. Les choses se passaient bien.
«En toute humilité, je ne me fais pas de souci pour le futur»
Vous êtes devenu international entre temps, vous avez une belle cote en Europe, notamment en Angleterre. Est-ce que Séville n'a pas intérêt à vous transférer ?
Ça peut être intéressant pour le club de me vendre. Il y a toujours un côté business, dans le foot. Mais ce qui m'ennuie, c'est la manière dont ça se passe. Ça ne s'était jamais mal passé avec un entraîneur, auparavant. Je n'avais jamais eu ce genre de problèmes.

Vous savez où vous allez rebondir ?
Sincèrement, pas pour le moment. Mais, en toute humilité, je ne me fais pas de souci pour le futur.»
Arnaud Tulipier 
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