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Foto IPP/Cavaliere Emiliano.  Roma 19/10/2019  Calcio Campionato Serie A 2019-2020.  Lazio - Atalanta.  Nella foto: esulta per il gol Alejandro Gomez. Italy Photo Press - World Copyright (Cavaliere Emiliano/IPP/PRESSE/PRESSE SPORTS)
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Sur les traces de Papu Gomez, l'ado métamorphe devenu Dieu à l'Atalanta

Loin du futur brillant qu'on lui promettait en Argentine, Papu Gomez, diminutif affectueux hérité de sa maman, explose avec l'Atalanta la trentaine passée. Grâce à une terre d'accueil italienne bâtie pour lui, des rencontres décisives, un épisode traumatisant et surtout une faculté à se remettre en question. FF est parti sur les traces de sa carrière, du gamin collé à son vélo à l'homme devenu Dieu en Lombardie.

Le destin est parfois taquin. À la nuit tombée du 11 décembre 2019, il s'est amusé à jouer avec les nerfs de Papu Gomez. Un mois et demi avant, son Atalanta, zéro pointé en phase de groupes de Ligue des champions, semblait trop frêle pour une telle compétition. Mais un nul face à Manchester City et une victoire contre Zagreb donnèrent un second souffle au rêve des Italiens. Leur destin - encore lui - se jouait en Ukraine, contre un Shakhtar Donetsk joueur, au Metalist Stadium de Kharkiv. Un terrain que l'Argentin connaît bien puisqu'il l'a foulé une dizaine de fois entre 2013 et 2014. Une période financièrement réjouissante, sportivement moyenne et humainement traumatisante. 3-0, l'Atalanta file en huitièmes de finale de C1, Papu tient sa vengeance. De quoi s'offrir un voyage retour festif, certainement plus que l'aller où il devait gamberger cette aventure ukrainienne dont il garde des séquelles à vie, notamment sur son tempérament.

Un cauchemar géopolitique

«Quand ils m'ont appelé, j'ai pensé : c'est le bon choix, Kharkiv est une belle ville, il y avait d'autres joueurs argentins, j'allais gagner trois fois plus et jouer la Ligue des champions» confiait l'Argentin à ESPN en 2019. Mais cette ville, aussi belle soit-elle, se situe au nord-est du pays, au beau milieu de confrontations entre l'est du pays pro-russe et l'ouest pro-européen. Des manifestations qui provoquaient le 22 février 2014 la destitution du Président Viktor Ianoukovytch. Ce dernier préférant tendre la main à Vladimir Poutine plutôt que de signer un accord économique maturé avec l'UE depuis 5 ans. Il fuit alors le pays, comme nombre de ses soutiens haut placés dans le viseur de l'Union. Parmi eux, Serguey Kourtchenko, jeune milliardaire propriétaire du Metalist. La situation, compliquée, empire encore un peu plus quand le gouverneur de la ville, Mikhaïl Dobkine, appelle à s'opposer au nouveau pouvoir. Kharkiv devient un lieu stratégique de cette crise civile. Au milieu de tout ça, Papu Gomez subi un gros contrecoup sportif. Son club, impliqué dans une affaire de match truqué en 2008, est suspendu avec effet immédiat de la C1. Ensuite, guerre civile oblige, le Championnat est suspendu de fin décembre au 15 mars. La goutte d'eau. «Parfois, j'étais arrêté par la police dans la rue et je ne parlais pas russe, c'était un stress terrible. Il fallait cuisiner et se baigner avec de l'eau minérale parce qu'elle était contaminée par Tchernobyl, avoue-t-il encore. Un jour, j'étais avec ma femme et mon fils au milieu d'une violente confrontation entre les deux factions. Ma femme était en pleine dépression, ses cheveux tombaient... J'ai appelé un conseiller et il m'a dit de partir. Je suis monté dans un avion à deux heures du matin et je suis allé à Catane. Plus tard, je suis retourné en Ukraine, j'ai fini la saison et j'ai dit basta.»
«Le temps que j'ai passé au Metalist m'a sûrement apporté quelque chose de plus, parce que j'ai vraiment beaucoup souffert.»
Mais en grand professionnel, et avec son statut de roi du vestiaire partout où il passe, Papu a su faire de son club une bulle où règne liberté, paix et bonne ambiance. Le tout à la sauce argentine. Michel Huff, préparateur physique d'alors, témoigne : «On vivait comme une immense famille au Metalist. Brésiliens et Argentins formaient une atmosphère très sympa, on buvait du maté, mangeait du churrasco et écoutait de la musique latine. Cette période me manque, et je pense ne jamais revivre quelque chose d'aussi fort.» Fernando Dignani, également dans le staff à l'époque, se rappelle d'un «grand joueur, tout le temps heureux, positif et drôle malgré la situation». C'est un dénominateur commun de chaque moment compliqué vécu par Alejandro Dario Gomez : il tire toujours le positif. Même lui philosophait la situation avec recul au micro de la chaîne américaine : «Le temps que j'ai passé au Metalist m'a sûrement apporté quelque chose de plus, parce que j'ai vraiment beaucoup souffert. Peut-être que mentalement, cela m'a complété en tant que joueur. Peut-être que la souffrance m'a donné plus de caractère.» Peut-être, ou sûrement.

Le déclic Gasperini

Tous ceux qui l'ont connu sont catégoriques, il est devenu un autre homme en signant en Lombardie en 2014. Mais pas tout de suite. Plutôt progressivement. Boukary Dramé, coéquipier pendant 4 ans à Bergame, se souvient «Quand il est arrivé, c'était compliqué parce qu'il n'avait pas joué depuis un moment, il avait beaucoup de blessures. Il est monté crescendo, notamment avec un changement de poste.» Changement de poste qui coïncide avec un changement d'entraîneur et la nomination en 2016 de Gian Piero Gasperini. Jusque-là cantonné au côté gauche de l'attaque, il devient un meneur de jeu hybride, voguant entre les lignes adverses soit en 3-4-2-1 ou en 3-4-1-2. Et ses 10 buts et 9 passes en deux ans en Italie devinrent 16 et 10 après une saison. Au fur-et-à-mesure, les deux hommes ont noué une vraie complicité. Loin du premier avis de Gomez sur le technicien. Anthony Mounier, devenu ami avec le joueur après son expérience lombarde, révèle : «Quand il a vu à quel point la présaison était difficile, Papu a demandé à ses agents de partir. Au final, ç'à été un déclic.»
Serge Gakpé, parti six mois avant l'arrivée du Mage, analyse: «Le système de Gasperini lui correspond plutôt bien puisque ça lui laisse de la liberté. Il est positionné de manière à recevoir beaucoup de ballons (NDLR : à titre d'exemple, il a touché 76 ballons par match cette saison, contre 61 il y a deux ans). Quand ça ne va pas sur le terrain, on le cherche et lui trouve comment faire la différence. C'est un peu une bouée de sauvetage.» Pour Marten de Roon, milieu de Bergame, la force de l'Atalanta c'est d'exister en tant qu'équipe. Mais quand on lui parle de Papu Gomez, il avoue volontiers «C'est un joueur clé, parce qu'il peut faire la différence, sortir un coup de génie de nulle part. Il peut descendre au milieu, jouer des un contre un, un contre deux, tirer des deux pieds, donner des bons ballons. Ses stats ont baissé ? Depuis l'année dernière, il joue davantage comme un milieu de terrain, donc il doit plus défendre. Mais il aime cette responsabilité et sait quoi faire.» Un rôle tactique importantissime dans le "Gasperini ball". En descendant d'un cran, il pousse le défenseur ou milieu défensif à monter pour le chercher, laissant des trous béants dans leur dos qui profitent à ses coéquipiers. Et en phase défensive, les milieux ne peuvent pas se permettre d'apporter le surnombre en attaque sous peine de laisser l'Argentin seul en contre. D'une pierre deux coups. Mais plus qu'un dynamiteur sur le terrain, c'est aussi un pilier de vestiaire. ll y joue du reggaeton, danse - sa célébration devenue un tube disque d'or, la "Papu Dance" est née ici -, fait des blagues, et plus encore. «C'est un exemple pour nous, sur et en-dehors du terrain, complète De Roon. Quand il parle tout le monde écoute, il est très détendu, aide les gens, organise les dîners d'équipe, des barbecues, ce genre de choses. Il a un bon équilibre entre sa culture sud-américaine et la culture bergamasque, qui demande énormément de travail.» Et beaucoup d'humanité.

Dubaï, la Reine des Neiges et Dieu

Anthony Mounier peut en témoigner. Le 27 janvier 2017, son prêt à l'AS Saint-Étienne avorte. Alors qu'il se dirige vers une fin de saison blanche à Bologne, Papu Gomez change tout. Lui qui l'avait remarqué lors d'affrontements et surtout pendant des vacances à Dubaï où ils s'étaient croisés et bien entendus, fait le forcing auprès de ses dirigeants pour faire venir le Français dans les dernières heures du mercato. Et bien plus encore : «Quand je suis arrivé il m'a aidé à chercher une maison, il a fait l'inscription des enfants à l'école, il m'a pris sous son aile, il s'est occupé de tout pour moi. En plus d'être un super joueur c'est un super mec». Cette rencontre, autour de leurs enfants respectifs, en dit long sur un autre pan de la personnalité du Papu. «Maintenant c'est interdit par la Serie A, mais je me souviens qu'avant, c'est sa femme qui lui préparait ses brassards de capitaine, et à chaque match il en avait un pour sa fille ou pour son fils.» Son doublé le 8 janvier 2017 dans une victoire 4-1 contre le Chievo, brassard Reine des Neiges au bras, puise donc son explication dans le livret de famille : c'était l'anniversaire de fille.
Aujourd'hui, l'homme est aussi attaché à sa famille que Bergame à lui. Il restera, avec Gasperini, l'homme qui a transformé une ville de 100 000 habitants en une cité européenne sur laquelle tous les regards sont braqués chaque week-end. «À Bergame, Papu c'est Dieu, abonde Mounier. Il a eu l'opportunité de partir dans des clubs plus huppés en 2017. Il a refusé la Lazio et le Milan, sans parler des offres de l'Arabie Saoudite ou du Qatar avec des chiffres astronomiques. Mais il a fait le choix de rester. C'est devenu un enfant du club». Et plus largement, un Italien d'adoption. Un pays qui lui va comme un gant, sportivement et humainement. Matias Hermann, journaliste argentin créateur d'un site sur l'Arsenal de Sarandi (premier club professionnel de Papu), révèle même : «Il ne veut pas revenir en Argentine, mais prendre sa retraite en Italie. L'année dernière, Anibal Matellan (NDLR : ex manager de Boca Juniors) l'a appelé pour le faire venir à Boca, mais il a refusé. Il était même proche de porter le maillot italien en 2015. Il avait appelé Gian Piero Ventura, mais ça ne s'est pas fait car il avait joué en Argentine U20 en 2007.» Deux ans plus tard, il honorait la première de ses quatre sélections pour l'Argentine, à 29 ans (1 but et 1 passe pour son premier match).

Diego Simeone : guerre, paix et regrets

Cette Italie, il l'a découverte en 2010 à Catane, un an seulement après son arrivée à San Lorenzo. Surement sur conseil des anciens qu'il côtoyait en Argentine, dans le but d'en savoir plus sur le Vieux Continent. Mais aussi grâce à Diego Simeone. Jeune entraîneur à l'époque, le Cholo prend San Lorenzo en main avec des idées radicalement différentes de celles qui font son succès aujourd'hui. «On n'était pas une équipe hyper défensive, on jouait à 3 défenseurs», précise Renato Civelli, coéquipier dans la banlieue de Buenos Aires. Aligné sur un côté par l'entraîneur, Papu ne régale pas vraiment malgré les espoirs placés en lui. Des années après, il analyse pour ESPN : «Il m'a beaucoup appris. Il voulait me faire jouer sur un côté mais j'étais trop paresseux pour revenir défendre. Je lui disais que je me fatiguerais si je devais défendre. Et il avait raison. Je lui ai envoyé un message et l'ai remercié pour l'enseignement. Puis il a fait une erreur en me disant que je ne pourrais pas jouer en Europe à cause de mon physique.» 1.67m sous la toise, certes, mais un coffre spectaculaire, une grosse capacité à répéter les efforts, et des jambes solides qui le rendent difficile à bouger. Enfin tout ça, à condition de maximiser son potentiel. Car le bonhomme est parfois un peu fainéant. Mais conscient de ses qualités, Simeone l'amène dans ses bagages en Sicile où il retrouve un rôle plus axial, davantage taillé pour lui. Mariano Izco, coéquipier et ami là-bas, n'a rien oublié : «Ça se voyait qu'il avait du talent, qu'il deviendrait un grand joueur. Mais il lui manquait de la maturité et de l'expérience pour monter d'un cran. Il était plus jeune et beaucoup plus intermittent sur le terrain. Dans un même match, il apparaissait puis disparaissait aussitôt.»
Papu Gomez sous les couleurs de l'Albiceleste face au Perou en octobre 2017. (Gabriel Piko/PIKO/PRESSE SPORT/PRESSE SPORTS)
Papu Gomez sous les couleurs de l'Albiceleste face au Perou en octobre 2017. (Gabriel Piko/PIKO/PRESSE SPORT/PRESSE SPORTS)
Lacunes qu'il a gommées au fil de son aventure italienne, jusqu'en 2013. Simeone, désormais à l'Atlético de Madrid, sait qu'il a changé et que ses anciennes faiblesses sont désormais ses qualités. Mais Catane est gourmand. Trop gourmand. Ni les Espagnols ni l'Inter, pas au mieux financièrement, n'osent poser les 10 millions demandés sur la table. Les Colchoneros en proposent 6, en vain. Ils se tourneront finalement vers David Villa pour moins cher, et Papu prendra le chemin de l'Ukraine. Faux-départ qui reste, à ce jour, une des plus grandes déceptions de sa carrière.

Un ramasseur de balle à la Juventus ?

Cette Italie chérie s'était pourtant offerte à lui beaucoup plus tôt. Dario Acevedo, alors préparateur physique à l'Arsenal de Sarandi - club de première division espagnol où il a fait ses débuts en pro -, témoigne : «En 2004, il avait 14 ans, et nous nous sommes rendus en Italie pour participer au tournoi de Viareggio (NDLR : Un tournoi de jeunes qui a révélé, entre autres, Mario Balotelli et Ciro Immobile). Lors de la compétition, la Juventus le voulait, a fait une proposition mais ça n'a pas abouti.» Rien de surprenant pour ses formateurs. Daniel Luaces, coordinateur des jeunes à Arsenal, voit le môme monter les échelons à vitesse grand V. À 14 ans, il passe de novena (U14) à la sexta (U16), puis à la réserve (troisième division). Il en garde un souvenir amusé : «Lors de son premier match de réserve, je l'ai fait entrer en deuxième période face à Banfield. Il était si petit que les spectateurs de Banfield m'ont crié : "Qu'est-ce qui se passe, vous n'avez plus de joueurs et vous faites entrer les ramasseurs de balles ? Et puis il a fermé leur bouche. Le premier ballon qu'il a touché, il a fait un coup du sombrero, un petit pont, et a frappé sur la barre transversale.»

«On tient le meilleur joueur de l'histoire du club»

Vedette annoncée en sexta - alors qu'il était surclassé de deux ans -, il pige même avec les pros, le temps d'une présaison. L'étape suivante, c'est la sélection. Luaces toujours : «Encore à 14 ans, nous sommes allés jouer un match amical avec l'équipe argentine des moins de 17 ans. Il y avait Nestor Pekerman et Hugo Tocalli (NDLR : Manager de la sélection, et sélectionneur U17). Papu est entré, il a marqué deux buts. Le match terminé, Pekerman et Tocalli sont venus nous demander où nous avions trouvé ce monstre. Ils voulaient qu'il reste dans les locaux de la fédération et qu'il ne reparte plus jamais.» Indéboulonnable des équipes de jeunes, il remporte la Coupe du monde U20 au Canada en 2007, même en étant blessé.
Papu avait beau avoir enchanté le sélectionneur au premier regard, sa maturité ne suivait pas (tout comme un certain Angel Di Maria). Tocalli lui reprochait «de ne pas sortir le ballon rapidement, de ne pas travailler avec l'équipe, et de ne pas sortir de la surface pour demander le ballon.» Alors, comme avec Simeone, il a appris, chaque jour, à chaque entraînement. «Il a eu des difficultés, mais il a toujours écouté, et ça lui a permis de suivre le bon chemin», souligne Acevedo. Seulement parfois, cela ne suffit pas. Entraîneur de Papu en équipe d'enfants et en novena, Carlos Lema a pu s'en rendre compte : «Quand je l'ai vu jouer pour la première fois, j'ai dit à Daniel Luaces que nous possédions le meilleur joueur de l'histoire d'Arsenal. Plus tard, Papu était en pré-novena. Je l'ai croisé et il m'a dit qu'il n'avait marqué que trois buts alors qu'avec moi il en mettait 20. J'ai cherché à comprendre pourquoi. Son entraîneur ne voulait pas le mettre parce qu'il était petit et trouvait que c'était un imbécile arrogant qui savait tout sur tout. J'ai dit à Papu de ne pas arrêter d'aller à l'entraînement. Un an plus tard, je l'entraînais en novena, c'était mon capitaine et buteur.»
Papu Gomez, ici avec Luis Muriel, est un leader épanoui à Bergame. (Cavaliere Emiliano/IPP/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Papu Gomez, ici avec Luis Muriel, est un leader épanoui à Bergame. (Cavaliere Emiliano/IPP/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Catalogué très tôt comme un joyau à polir, Papu a du garder la tête froide pour ne pas exploser en plein vol, malgré une certaine paresse. «Nous nous sommes beaucoup occupés de lui, explique Luaces. Il a grandi d'un coup, c'était un enfant qui faisait des choses d'adulte. Ils sont venus le chercher de partout, de Boca, de River (NDLR : Qui le comparait à Saviola), mais il n'a jamais voulu partir car il était très à l'aise à l'Arsenal.» La maturité a mis du temps à venir, mais la grosse tête, elle, n'a jamais été là. C'est un gars marrant et détaché qui hérite de la personnalité d'un enfant simple modeste. La preuve signée Luaces avec ses premiers pas à Arsenal, ou plutôt ses premiers coups de pédale. «Il était à Independiente, mais comme il se déplaçait à vélo, il était loin de leur centre d'entraînement. Donc il est venu passer des essais à Arsenal, parce que c'était plus près. Il est venu tout seul, et à vélo.» Recommandé par son oncle Hugo Villaverde, il ne décevra pas les coordinateurs de jeunes. Ni les entraîneurs en A.

«Le jour où tu prendras des bonnes décisions, tu deviendras un grand joueur»

Deux ans après ses débuts en pro en Championnat avec Arsenal à seulement 17 ans (le 13 août 2005), il est titulaire en finale de Copa Sudamericana (Ligue Europa sud américaine). Ce qui est déjà un exploit pour le modeste club de périphérie de la capitale se transforme en rêve. Au match aller, à l'extérieur, et face à un certain Guillermo Ochoa, il marque un doublé extraordinaire, avec un lob de la tête - ça ne s'invente pas. Malgré la défaite au retour, le titre est acquis grâce à ses buts à l'extérieur (4-4) et Arsenal célèbre son petit génie. Cette lucidité dans le geste, toujours une de ses marques de fabrique avec l'Atalanta, n'a pourtant pas sauté aux yeux lors de son passage à San Lorenzo. Matias Hermann de dire : «Martin Andrizzi, coéquipier d'alors, l'a provoqué un jour et lui a dit "le jour où tu prendras de bonnes décisions, tu seras un grand joueur"». La première a été de faire le grand saut européen. La seconde de choisir la stabilité à Bergame. Et la troisième de se mettre au diapason d'un effectif dont il est de manière informelle le rouage qui permet de huiler le système et de rêver plus grand. Ça ne fait pas de lui un des plus grands joueurs de l'histoire, mais ça suffit pour laisser son empreinte dans le football italien moderne et, peut-être, écrire un destin commun avec la Coupe aux grandes oreilles. Finalement, le destin fait bien les choses.

Emile Gillet
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