MADRID, SPAIN - NOV 10:Photocall Cristiano Ronaldo, Marca s Awards (Madrid),  Palacio Cibeles the 10th of Novembre 2014 in Madrid, Spain (Photo: Isa Saiz / Cordon Press)  *** Local Caption *** (L'Equipe)
C'est le jour...

T'as de l'ego, coco !

Ce jeudi, c'était la Saint Narcisse. Et plutôt que de chercher des footballeurs portant ce prénom, autant s'intéresser à ceux qui le méritent. Zoom sur ces stars du ballon rond à l'ego surdimensionné.

Zlatan Ibrahimovic

Zlatan n'aime pas être traité comme les autres. Quelques mois après avoir quitté le FC Barcelone (à l'été 2010), l'attaquant tacle encore celui qui est responsable de son départ, Pep Guardiola. «On ne conduit pas une Ferrari comme une Fiat» déclare-t-il dans la Gazzetta dello Sport. Et même ses anciens coéquipiers, qui n'avaient rien demandé, en prennent pour leur grade : «Ils étaient tous au garde-à-vous, personne ne faisait un pas de travers, comme des écoliers.» John Carew, lui, avait osé émettre des doutes sur l'efficacité de Zlatan, en avril 2002, lâchant que ses gris-gris ne servaient à rien sur un terrain. La star suédoise avait répliqué dans un magazine norvégien, VG : «Ce que John Carew fait avec un ballon, je le fais avec une orange.» Fallait pas le chercher...
Bon, il est vrai que le natif de Malmö aime charrier et amuser la galerie. Il en rajoute volontiers, cela correspond à son personnage. Notamment lors de sa présentation lorsqu'il débarque en Ligue 1. «Je ne connais pas beaucoup la Ligue 1 mais la Ligue 1 sait qui je suis...». Dernier exemple, son inscription dans un agenda pour écoliers italiens en 2009 : «Je suis le nord, je suis le sud, je suis l'est et je suis l'ouest.» Tout simplement.

Samuel Eto'o

Le digne successeur d'Alain Delon, avec des crampons. Ainsi, lorsque l'attaquant se retrouve en bisbille avec José Mourinho à Chelsea (celui-ci avait déclaré n'avoir qu'un seul attaquant, mais de 32 ou 35 ans, moquant son âge et ses performances), Samuel Eto'o répond tout en modestie sur BeIn Sports : «Pour me perturber, il en faut beaucoup plus. Je suis Samuel Eto'o.» En février 2014, le joueur formé au Real Madrid livre une interview au Monde dans laquelle il se jette lui-même des fleurs. «Je n'appartiens pas au groupe de joueurs considérés comme bons, mais au groupe des grands joueurs
 
Samuel Eto'o n'a pas attendu sa fin de carrière pour se permettre de telles sorties. Déjà, en 2009 en arrivant à l'Inter Milan, croisant la route de Zlatan Ibrahimovic qui rejoignait le Barca, le Camerounais coupe court aux comparaisons : «Mon palmarès parle pour moi.» Et un must dont on ne se lasse pas, où Rijkaard et Guardiola en prennent pour leur grade.

Cristiano Ronaldo

«Je me sens mal seulement quand je joue mal, heureusement cela arrive rarement.» Mais le Portugais ne se trouve pas seulement bon footballeur, il est également bel homme. Alex Ferguson rappelait le 20 septembre dernier qu'à Manchester, «on voyait souvent Cristiano rester devant un miroir à s'admirer». De même, au sortir d'un match où l'attaquant avait été blessé au visage, il soulignait, «dans 4 ou 5 jours, je serai à nouveau beau».

Mais un ego mal maîtrisé peut aussi prêter le flanc aux critiques. En janvier 2009, tout juste honoré par son premier FIFA Ballon d'Or, le natif de Madère ne touche plus terre. «Je suis le premier, le deuxième et le troisième meilleur joueur du monde». Et ce n'est pas fini. «Je ne vois pas de rivaux, je suis tranquille.» Bon, il devait être le seul à ne pas voir Messi, pourtant deuxième à quelques points. Alors, comment faire mieux ? Associer le côté footballeur et homme dans la même déclaration. Ce sera chose faite en 2011, après un match face au Dynamo Zagreb où le numéro 9 madrilène hérite de quelques sifflets des tribunes.
Cristiano est aussi sujet à de petits caprices. Comme cet été, lorsqu'il ne reçoit pas son Audi en premier (voiture offerte par le sponsor du Real Madrid), un affront qu'il ne comprend pas puisqu'il est le meilleur joueur du monde. Ou lorsqu'il choisit d'appeler son fils... Cristiano Junior. Logique.

Mario Balotelli

Révélé très jeune à l'Inter Milan, Mario Balotelli quitte rapidement son club formateur et son pays pour rejoindre l'Angleterre. Direction Manchester City. Et à cette époque-là, United, le voisin honni, compte encore Cristiano Ronaldo dans ses rangs. Le 2 mars 2010, l'attaquant italien raconte au magazine Le Lene : «Je lui ai demandé son maillot et il m'a dit qu'il l'avait déjà donné à quelqu'un d'autre. Je lui ai répondu : "Je deviendrai plus fort que toi"».
 
Alors qu'il reçoit le prix du meilleur jeune joueur européen, le 21 décembre 2010, il se lance dans une comparaison puis s'enflamme dans les colonnes de Tuttosport. «Le seul qui est un peu plus fort que moi, c'est Messi. Tous les autres sont derrière moi. Je suis content d'avoir remporté ce trophée, mais qui l'aurait gagné si je ne l'avais pas reçu ? Mon objectif pour les prochaines années est d'avoir le Ballon d'Or. Wilshere deuxième ? Je ne sais pas qui est Wilshere, mais la prochaine fois que j'affronterai Arsenal, je ferai attention. Peut-être que je lui montrerai le trophée pour lui rappeler qu'il ne l'a pas gagné

Patrice Evra

En voilà un qui a du mal à faire profil bas. Capitaine de l'équipe de France lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, Patrice Evra continue malgré tout d'être appelé avec les Bleus (après une suspension de cinq matches pour son rôle dans la fameuse grève du bus de Knysna). En 2011, alors que Laurent Blanc fait parfois tourner le brassard, le latéral gauche lance tout fier : «Ce n'est pas si facile de remplacer Pat' Evra !». Il en faut du culot. Il en a.

On peut aussi revenir sur les quelques affrontements par médias interposés avec les consultants Pierre Ménès, Bixente Lizarazu, Luis Fernandez et Daniel Riolo. Outre les moqueries sur le physique, on retiendra le concours avec l'ancien joueur du Bayern Munich, lorsque Evra se pavane : «Moi, j'ai été élu dans ma carrière deux fois meilleur arrière gauche du monde et quatre fois meilleur arrière gauche de Premier League. Lui, je ne sais même pas s'il a été élu une fois meilleur arrière gauche du monde.» Alors que oui, le Basque l'avait été. Pour sa deuxième Coupe du monde (2014 au Brésil), le trentenaire se veut plus détendu, plus souriant. Fait rare, il se présente même en conférence de presse avant le match contre la Suisse. Mais l'ego du bonhomme est toujours là ! «Je m'aime tout le temps. Le Pat' de 2010 et le Pat' de 2014, je les kiffe tous les deux.» Au moins il semble heureux et épanoui.

Ils auraient aussi eu leur place...

Samir Nasri, Arjen Robben, Sergio Ramos, Adel Taarabt...
Maxime Lavoine 
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