nkunku (christopher) (A. Mounic/L'Equipe)
Ligue 1 - PSG

«Techniquement et tactiquement au-dessus», «un gamin sérieux et bon élève» : avant PSG-Rennes, Christopher Nkunku raconté par ceux qui l'ont côtoyé

Au milieu de joueurs tous plus talentueux et plus célèbres les uns que les autres, Christopher Nkunku parvient à faire parler de lui. Arrivé à l'âge de 13 ans au PSG, il se construit petit à petit et prend part à la rotation de fin de saison d'Unai Emery. Portrait.

«Au PSG, les jeunes apprennent aux côtés de grands joueurs. À nous d'essayer d'apporter notre grain de folie.» Christopher Nkunku n'est pas dupe. Sa place au PSG se situe pour le moment sur le banc de touche. Pourtant, le jeune milieu de terrain trouve peu à peu ses marques. Utilisé à 25 reprises par Unai Emery - pour une moyenne de 21 minutes par match -, il profite de la fin de saison débridée du Paris Saint-Germain et des rêves de Mondial de ses coéquipiers pour se frayer une petite place. Un match sur l'aile gauche, un autre au sein du milieu à trois, le souffre-douleur - au bon sens du terme - de Presnel Kimpembe, qui lui a attribué le surnom d'El Flippo pour sa peur de l'avion, apprend à grandir dans un effectif pléthorique qui laisse peu de place aux jeunes pousses.

La fiche de Christopher Nkunku

Christopher Nkunku tente pourtant de s'y frayer un chemin, tout en discrétion, et profite de ses bouts de match pour se muer en joueur décisif. Auteur de cinq buts dont quatre en Ligue 1 cette saison, celui qui «gagnait les matches tout seul en Youth League» a semble-t-il séduit son entraîneur. «Il travaille très bien aux entraînements. C'est vrai qu'il a besoin de progresser en jouant davantage mais c'est important pour lui d'avoir un bon niveau de performance», déclarait en février dernier Unai Emery en conférence de presse, satisfait de pouvoir compter sur un élément supplémentaire au milieu de terrain alors que Motta et Verratti sont régulièrement laissés au repos et que Lassana Diarra et Julian Draxler n'ont pas toujours convaincu.

«Techniquement et tactiquement, il est au-dessus de la moyenne»

Si Christopher Nkunku fêtera seulement ses 21 ans à l'automne prochain, il doit désormais prendre son envol et exploser aux yeux du grand public. Ludovic Batelli, qui l'a entraîné en équipe de France U19 puis U20, le rappelle : «Le problème qu'il a, c'est que son temps de jeu est réduit à la portion congrue.» Polyvalent, technique et plein de bonne volonté, Christopher Nkunku semble être prêt à évoluer régulièrement au plus haut niveau. «Il a beaucoup de qualités, notamment sur le plan offensif, poursuit Ludovic Batelli. C'est quelqu'un qui a du talent, qui est un très bon footballeur. Avec nous, il pouvait jouer sur un côté dans un 4-3-3, au milieu dans un triangle, que ce soit à gauche ou à droite, et même derrière l'attaquant dans un 4-2-3-1, donc il a une réelle polyvalence. Il doit désormais s'étoffer, s'épaissir, s'améliorer à la récupération et dans le jeu de transition, mais techniquement et tactiquement, il est au-dessus de la moyenne.» Un avenir qui pourrait se dessiner sous la forme d'un prêt la saison prochaine, alors que son agent José-Karl Pierre-Fanfan confirmait en avril dernier l'intérêt de plusieurs clubs de Ligue 1. Pour Ludovic Batelli, cela semble être l'opportunité idéale : «Quand on a un joueur avec un tel potentiel, à un moment, il faut prendre une décision pour qu'il joue a minima 30 matches par saison et qu'il passe des paliers. Je pense qu'il doit être prêté dans un bon club de Ligue 1 et qu'un coach lui fasse confiance et le fasse jouer. »
«Le jour où il a signé au PSG, il nous a offert du matériel pour le club»
Petit, déjà, Christopher Nkunku «savait ce qu'il faisait, raconte Christophe Parisot, qui l'a connu à l'AS Marolles, son premier club, avec beaucoup de fierté et une pointe d'émotion. En benjamin, il était capable de prendre le ballon et d'aller au but.» Des qualités footballistiques évidentes - au PSG, tout le monde en est d'ailleurs convaincu -, une personnalité «introvertie», dixit Ludovic Batelli, mais aussi et surtout une bonne impression laissée à tous ceux qui l'ont côtoyé. «Le jour où il a signé au PSG, il a offert au club des ballons, des chasubles, des sifflets et du matériel utile avec un petit mot : "Je n'oublierai jamais d'où je viens", livre Christophe Parisot. Ca fait très chaud au coeur, c'est un bon gamin, qui gardera toujours la tête sur les épaules et aujourd'hui, pour les petits de Marolles, c'est une idole.» Corinne Le Floc'h, assistante maternelle dans la petite ville du Val-de-Marne, se souvient quant à elle d'un «enfant très sérieux, bon élève et tranquille. Ses parents sont toujours restés derrière lui, et son père suit sa carrière de près. Il vient nous voir de temps en temps, même s'il a d'autres préoccupations maintenant (rires). Mais il a toujours le sourire et c'est quelqu'un de très très agréable.» Reste à savoir si le jeune homme pétillant de Marolles deviendra un milieu de terrain à qui l'avenir sourira. Au PSG ou ailleurs, alors que son ami Adrien Rabiot, parti en prêt à Toulouse en 2013, fait figure de bon exemple. Nkunku et le PSG, s'exiler pour mieux se retrouver?
Antoine Bourlon 
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