(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Teófilo Cubillas (Pérou), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

26 mars- 14 juin : dans exactement 80 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt et unième épisode avec Teófilo Cubillas.

Son histoire avec la Coupe du monde

Cubillas ou "El Nene", comme il était surnommé, n'a jamais gagné le Mondial avec le Pérou, loin de là. Lors des trois Coupes du monde qu'il a disputées, sa sélection n'a d'ailleurs jamais fait mieux qu'un quart de finale, et n'a gagné que quatre de ses treize rencontres. Mais pourtant, c'est bien lors de ces rendez-vous que le joueur s'est forgé un nom. Et surtout lors deux premiers, car le troisième, en 1982, n'a abouti qu'à deux nuls, une lourde défaite, et aucun but inscrit par le milieu. Cubillas s'est d'abord révélé à la planète football à seulement vingt et un an, lors du Mondial au Mexique, en 1970, où la Blanquirroja a atteint les quarts de finale. Après un parcours exemplaire, les Péruviens n'ont buté qu'à deux marches de la fin sur le Brésil (4-2). Ce qui ne l'a pas empêché d'être élu meilleur jeune du tournoi. Et il est revenu faire un festival huit ans plus tard, cette fois en Argentine. Pour un total de cinq buts inscrits dans la compétition, soit de loin le meilleur total de sa sélection. Une équipe qui a cependant perdu trois fois consécutivement après un bon début de tournoi, se faisant éliminer et étriller par le pays hôte argentin 6-0. Sans évoluer dans une grande nation mondiale, même si cette dernière a remporté la Copa America en 1975, Cubillas a donc su se démarquer, réputé pour une technique hors du commun et une projection vers l'avant fantastique. Pour l'anecdote, il a d'ailleurs été élu meilleur joueur sud-américain en 1972, devant le roi Pelé. Encore une preuve qu'il était, lui aussi, un joueur d'exception.

Le moment marquant

Grand buteur, le Péruvien nous a gratifiés de gestes exceptionnels dès son tout premier match face à la Bulgarie en Coupe du monde, en marquant après un slalom dans l'axe. Mais on se souvient surtout de son coup franc face à l'Ecosse, en 1978. Car outre le fait d'avoir inscrit un but des 25 mètres, Cubillas l'a fait d'une manière inattendue. Excentré sur la gauche, il a en effet frappé le ballon... de l'extérieur du pied droit, déposant le cuir dans la lucarne droite d'Alan Rough. Un geste qui a sûrement inspiré Roberto Carlos face à la France presque vingt ans plus tard, et qui aurait convaincu le gardien Chilavert de tirer les coups de pied arrêtés.

Le chiffre : 10

Le Péruvien a inscrit la bagatelle de 10 buts lors des trois Coupes du monde qu'il a disputées, faisant de lui le plus réaliste des milieux offensifs qui ont disputé la compétition, devant Pelé, Zidane ou encore Maradona.

L'archive de FF

En plein cœur de la Coupe du monde 1978, et après avoir marqué cinq buts en trois rencontres lors de la phase de poules, FF a mis à l'honneur le milieu péruvien dans un article sobrement intitulé "Teófilo Cubillas, Monsieur But". En voici quelques extraits : «On le disait vieux. Il vient tout juste d'avoir ses vingt-neuf ans. L'âge d'or en principe pour un footballeur, quoique en Europe on ait tendance à considérer comme un vieillard un joueur qui approche ou vient de dépasser la trentaine. (...) Le seul but de Cubillas, c'est de marqueur des buts. Pas toujours par le chemin le plus court, car il est aussi le constructeur de l'équipe péruvienne comme il l'est dans son club, l'Alianza de Lima. Sans doute a-t-il transformé deux penalties et un coup franc ; mais il a également marqué deux buts au bout de remarquables actions de jeu. Coups francs et penalties, cela le connait, car il possède une frappe remarquable et un œil de lynx. Par exemple, il a transformé ses deux penalties contre l'Iran, l'un du pied gauche et l'autre du droit. Cela ne le gêne absolument pas, mais, en revanche, trouble considérablement le gardien adverse qui ne sait jamais de quel côté plonger. (...) Il a le football dans le sang. Non seulement par le tir, par le geste, mais aussi par l'art de la feinte. On dirait qu'un simple battement d'yeux suffit pour dérouter son adversaire tant il est souple, tant il passe ses adversaires avec facilité.»
Hugo Girardot

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