kimpembe (presnel) (F. Faugere/L'Equipe)

Terrible catastrophe : Le PSG est éliminé de la Ligue des champions après une remontada de Manchester United

C'est un scénario qu'on aurait jamais imaginé après la nette victoire de l'aller à Old Trafford (2-0). Avec des cadeaux de Kehrer et de Buffon, ainsi qu'une main de Kimpembe pour le penalty décisif de Rashford, le PSG est éliminé de la Ligue des champions par Manchester United (1-3). Terrible désillusion.

La leçon : Paris n'est toujours pas un grand

Le PSG est éliminé de la Ligue des champions dès les huitièmes de finale pour la troisième saison consécutive. Mais les Parisiens ne doivent cette élimination qu'à eux-même. Pour une élimination qui va faire le tour de la planète. Face à un Manchester United nettement battu à l'aller (0-2) et privé de très nombreux titulaires dont Pogba, suspendu, les hommes de Tuchel ont offert deux cadeaux indignes de ce niveau pour laisser espérer les Red Devils. Avant de voir Kimpembe être coupable d'une faute de main dans les arrêts de jeu pour offrir le penalty décisif à Rashford (90e+4). En première période, il y a d'abord eu cette passe en retrait dangereuse et imprécise de Kehrer, auteur d'un premier acte catastrophique (0-1, 2e). Avant que Buffon ne se rate complètement dans son arrêt sur une frappe anodine de Rashford (0-2, 30e). À chaque fois, Lukaku en a profité pour planter un doublé. Entre les deux, Bernat, pour son troisième but en C1 cette saison, a soulagé temporairement ses supporters après un centre de Mbappé et un Bailly endormi (1-1, 12e). Paris a dominé outrageusement la possession, Paris a eu quelques opportunités (Bernat, Di Maria, Mbappé) mais Paris a été derrière au score. À 2-1, il n'a alors manqué qu'un but aux Anglais pour réaliser une improbable remontada.

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Après la pause, même scénario au niveau de la possession. Sauf que les occasions ont été nettement moins nombreuses. Avec un but de Di Maria refusé justement par la VAR (56e), ce sauvetage de Young après un centre de Mbappé (72e) ou encore de face-à-face manqué du même Mbappé, suivi d'un poteau de Bernat (84e). Le tournant. Dans un second acte sans aucune opportunité dangereuse en faveur des Red Devils. Jusqu'à donc ce tir de Dalot des vingt mètres, dévié par Kimpembe. Terrible. Et une nouvelle fois historique. C'est la première fois de l'histoire de la Ligue des champions qu'une équipe est éliminée après avoir gagné 2-0 à l'extérieur. Neymar a évidemment manqué. Mais ce PSG n'est pas encore assez grand pour se frotter aux meilleurs. Ça commence à faire long. C'en est terrible.

Le gagnant : Solskjaer a-t-il gagné sa prolongation de contrat ?

Incroyable Sokskjaer. Le Norvégien vient d'enregistrer sa quatorzième victoire sur le banc des Red Devils en dix-sept rencontres. Mais cette victoire en terres françaises est évidemment la plus marquante. Elle fera date dans l'histoire du club mancunien. C'est dire. Il a fait avec les forces en présence, devant faire confiance aux McTominay, Pereira ou Fred, qui ne sont pas des habitués de ses compositions d'équipes. Si la solution Bailly (remplacé rapidement par Dalot) a fait flop à droite, le plan Solskjaer, simple à la base, a fait mouche : défendre en bloc solide et exploiter les contres... et les erreurs adverses. Dans les dix dernières minutes, il ne se posait pas de questions et lançait ses dernières forces avec Chong et Greenwood. Il a été récompensé. Héros de MU lors de la finale de 1999, Solskjaer prouve que cette compétition est spéciale pour lui. En plein intérim jusqu'en fin de saison depuis l'éviction de Mourinho, l'ancien attaquant va-t-il voir le board de Manchester lui offrir un contrat sur la durée ?

Le perdant : La capacité parisienne à se mettre en danger

À croire que cela fait partie de l'ADN du club. À croire que le Paris Saint-Germain ne pourra quasiment jamais s'offrir un match retour tranquille après avoir dominé la première manche. Car ce 6 mars, on a véritablement revu certains fantômes du Camp Nou. Cette fébrilité, cette crispation, cette capacité à préférer protester que de se concentrer sur le jeu et les bases. Cela changera-t-il un jour ? Tuchel n'a en tout cas semble-t-il pas trouvé la clé psychologique dans ce domaine.

Timothé Crépin