CM 2018 - Belgique

Thibaut Courtois a déployé ses ailes

Le gardien de Chelsea a réussi face à l'Angleterre son trente et unième match sans encaisser de but. Sa Coupe du monde débute sur des bases très élevées.

Thibaut Courtois était titulaire face à l'Angleterre (1-0) le soir où Roberto Martinez alignait neuf remplaçants dans son onze de départ. «Je n'ai rien demandé (pour jouer), affirme le gardien des Blues. On m'a juste interrogé pour savoir si j'étais prêt. J'ai répondu que oui. Une fois que vous êtes investi dans un tournoi, c'est bien d'enchaîner. Cela aide à rester dans le rythme. Vous voulez jouer chaque rencontre.» Cela tombe bien : c'est aussi l'avis de Roberto Martinez. Le sélectionneur ne voulait pas toucher à son titulaire, n'en déplaise à Simon Mignolet, numéro deux au poste, qui s'est plaint après la rencontre de ce manque de considération.
Phase finale : le tableau
«Je comprends Simon qui est un grand professionnel et qui a envie de gagner, lui a répondu calmement le coach espagnol. Mais un gardien a besoin de rythme au cours d'un tournoi. Vous n'avez la certitude de jouer que trois rencontres. Au mieux sept avec un peu plus de chance. Nous devions décider pour le bien de l'équipe. Pour le long terme. Je n'ai pas de problème avec ce que Simon a dit.»
Face à l'Angleterre, la Belgique a donc pu compter sur son numéro un, auteur d"un arrêt monumental (66e) en un contre un face à Rashford. Les Diables Rouges peuvent vraiment s'appuyer sur lui.
«Quel est votre état d'esprit après vos trois premières victoires ? 
L'équilibre est positif. Nous avons montré que nous nous sentions bien. Il y a eu un travail tactique constant depuis cinq semaines. Il fonctionne bien. On marque à tous les matches, on défend bien. On est plutôt bons à voir jouer. Je suis heureux car nous avons gagné. Personnellement, je n'aurais pas pu évoluer en attendant l'issue d'un tirage au sort pour départager les deux premiers du groupe. Notre niveau s'est aiguisé. Mais le match contre le Japon sera difficile. Il y a beaucoup de surprises dans cette Coupe du monde. Mais nous avons confiance en nous. Si nous nous qualifions et que nous devons jouer contre le Brésil, nous devrons être capables de les battre. Ils ont déjà remporté plusieurs fois la Coupe du monde. Mais nous ne sommes pas inférieurs à eux. On a déjà vécu ce genre de situation avec nos clubs respectifs en Ligue des champions. Si on veut aller loin, il faudra en passer par là.
Sur un plan personnel, que pensez-vous de vos performances? 
Les trois premiers matches se sont bien passés. J'ai fait un bon match contre le Panama (3-0). Quand vous commencez bien, la confiance vous accompagne. Hier aussi, j'ai bien anticipé sur les balles profondes de l'Angleterre. Certains gardiens restent sur leur ligne. J'ai essayé d'empêcher cela et de jouer haut pour anticiper les courses de Vardy et de Rashford.
Votre arrêt devant Rashford est-il plus difficile que celui contre Messi en fin de match en Coupe du monde 2014 (0-1, quart de finale) ?
Je ne veux pas les comparer. J'ai bien été formé à Genk par le préparateur des gardiens. J'aime bien les uns contre uns. L'idée est d'obliger l'attaquant à choisir un côté. Et, avec mon envergure, de réduire les espaces au maximum. C'est pour ça que je parviens à toucher le ballon de Rashford du bout des doigts.
«On est une équipe, maintenant»
En quoi l'entraîneur, Roberto Martinez, a-t-il amélioré le niveau de votre équipe ? 
Après chaque match, nous débriefons la rencontre en groupe. Il n'y a rien de mieux. On observe les détails. Les bons, les moins bons. On garde de bonnes images mentales avec l'idée de faire mieux. L'équipe est sur la même longueur d'onde. Tout le monde est à 100%
Depuis deux ans, la Belgique n'a rencontré que l'Espagne comme "nation forte". En quoi est-elle meilleure pour aller loin dans ce tournoi ? 
Tactiquement, on s'est beaucoup amélioré. On a bien travaillé. Sur le terrain, il y a maintenant onze joueurs qui pensent comme un seul. Pas comme s'ils étaient membre d'un club au sein duquel ils évoluent tactiquement un peu différemment. On es une équipe, maintenant. Il y a quatre ans, au Brésil, on avait moins d'expérience. L'Argentine (0-1, en quart) a mieux su gérer le match et a bien défendu. Ils ont eu la réussite qui nous a fuit et nous n'avons pas su trouver la solution contre eux. Nous ne sommes plus le même groupe qu'en 2014. Nous pensons différemment. Nous avons la même idées. Le mérite en revient aussi à l'entraîneur qui a répété ce schéma depuis cinq semaines.
Le fait de terminer premier du groupe vous oblige à voyager. Est-ce le revers de la médaille ?
Nous aurions pur rester à Moscou en terminant deuxièmes. Cela aurait été plus facile concernant les déplacements. Mais il arrive, en club, que nous soyons contraints de faire plusieurs heures d'avion. Avec les embouteillages, cela peut prendre aussi trois heures dans les bouchons. Alors, ce n'est pas la meilleure option mais tout n'est pas négatif. Nous sommes qualifiés et je ne retiens que le positif.
Etes-vous concerné par les trophées individuels ? 
Je ne pense pas. À la fin, si vous allez loin dans le tournoi, il y a de fortes chances que nous parvenions à remporter une ou plusieurs récompenses individuelles. Celle de meilleur buteur ou de meilleur gardien, par exemple. Mais il faut d'abord un collectif pour atteindre une finale. On n'en parle pas entre nous. Peut-être que pour Romelu (Lukaku), le trophée de meilleur buteur est différent. Il est plus favori pour l'obtenir. Il a déjà marqué quatre fois. S'il met un triplé contre le Japon, il n'en sera pas loin. Mais le plus important est de passer les tours.
Vous parlez souvent de confiance. Votre ambition est-elle toujours d'aller très loin dans ce tournoi ? 
Elle se matérialise déjà par le Japon. On veut l'emporter. On acceptera si on est battu par une meilleure équipe que nous. Le Japon n'est pas l'adversaire le plus fort. Mais il évolue de manière très rapide, avec de bonnes séquences. Ils vont jouer sur l'effet de surprise. Moi je veux juste gagner et donner une bonne image de notre équipe.»

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