(L'Equipe)

Thierry Henry (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

9 avril - 14 juin : dans exactement 66 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Trente-cinquième épisode avec Thierry Henry.

Son histoire avec la Coupe du monde

Grâce à ses belles performances avec l'AS Monaco, Thierry Henry, 20 ans, a fait partie de la liste des 22 d'Aimé Jacquet pour la Coupe du monde 1998 organisée à domicile. Et le nouveau numéro 12 des Bleus a vite justifié le choix du sélectionneur, en inscrivant trois buts lors de la phase de groupes, et participant au formidable parcours des Bleus, ponctué du premier titre de champion du monde de l'équipe de France. Un véritable exploit qu'elle n'a malheureusement pas réédité quatre ans plus tard, en Corée du Sud et au Japon. Thierry Henry et ses coéquipiers n'ont pas réussi à assumer leur statut de favori pour cette édition, en terminant dernier de leur groupe lors des phases de poules.

Une contre-performance que les Bleus ont gommé en Allemagne en 2006. Engagé dans un match couperet pour la qualification en huitièmes face au Togo, Titi a libéré les siens en inscrivant le deuxième but du match. A l'instar de ses compatriotes, Henry a haussé son niveau de jeu et a même inscrit l'un des buts les plus mémorables de l'histoire de l'équipe de France en Coupe du monde : face à la Seleçao, il a délivré les siens sur un coup franc de Zidane et permis aux Tricolores de poursuivre l'aventure. Mais cette épopée a connu une fin moins heureuse, ponctuée par la défaite aux tirs au but face aux Italiens en finale. Tout comme le parcours personnel en Coupe du monde de Thierry Henry, qui était présent lors du marasme sportif de l'équipe de France en Afrique du Sud et le fameux épisode de Knysna...

Face à la Seleçao, il a délivré les siens sur un coup franc de Zidane et permis aux Tricolores de poursuivre l'aventure

Le moment marquant

C’est sans aucun doute son but libérateur inscrit face aux Auriverde, le 1er juillet 2006 à la Commerzbank-Arena de Francfort. Dans ce quart de finale très serré entre deux prétendants à la victoire finale, la lumière est venue de l’avant-centre d’Arsenal peu avant l’heure de jeu, sur coup de pied arrêté. Oublié au second poteau, Thierry Henry a victorieusement repris du plat du pied droit un coup franc de Zinédine Zidane depuis la gauche de la surface brésilienne (57e), le ballon se logeant sous la barre d’un Dida impuissant. Un magnifique but qui douchait l’esprit revanchard des Brésiliens après la finale perdue face aux Français en 1998 (3-0). Anecdote pour la moins improbable : il s’agit de la seule passe décisive de Zidane à Henry sous le maillot bleu.

Le chiffre : 6

Comme le nombre de buts inscrits par Thierry Henry en Coupe du monde en quatre participations (1998, 2002, 2006 et 2010). Cinq ont été marqués en phase de poules (1998 : un contre l’Afrique du Sud et deux face à l’Arabie Saoudite, 2002 : un face à la Corée du Sud et un contre le Togo). Son but face au Brésil est donc le seul inscrit en phase à élimination directe. Grâce à ses six réalisations, Henry est le deuxième joueur français le plus prolifique en Coupe du monde, derrière les treize buts de Just Fontaine.

L'archive de FF

Après son but victorieux face au Brésil qui permettait aux Bleus de continuer l’aventure en 2006, FF écrit : «L’appétit du Londonien ne s’arrête pas là : il se nourrit désormais de l’idée que le rêve n’a jamais rien fait gagner à personne. Il préfère gagner, ‘Quand on rêve, on ne parvient pas non plus toujours à garder les pieds sur terre’, et il est donc là, comme les cinq autres rescapés de 1998, pour ramener ce bonheur qui passe à de plus justes proportions. C’est aussi le privilège de ceux qui ont tout gagné, ou presque. Il peut se permettre d’observer ce recul plein de sagesse. Tout comme il répétait, avant, et il n’y a pas si longtemps en vérité, qu’il fallait croire en ces Bleus comme il y croyait, on s’oblige à penser en effet que ‘Tout peut arriver’, désormais. Car un groupe est né. ‘C’était important après nos échecs de 2002 et 2004 car, vous l’imaginez bien, nous aussi, on a douté’. C’est donc un groupe plus sûrement qu’une équipe, qui est sorti du magma. ‘C’est pour cette raison que je suis indifférent à celui qui marque, aujourd’hui. Vrai. Ce n’est pas le principal. Je suis simplement heureux de ce qui arrive. Ma joie est identique à celle de Espagne-France. Je suis surtout content que ce soit Zidane qui m’ait fait marquer : j’espère que cela va clore maintenant un certain débat en même temps que cela remet les choses en place’. Oui, mais ce serait parfait si cela se reproduisait une fois ou deux… Cette semaine, bien sûr».

Joffrey Pointlane