Championnat des étoiles
acheter
lemar (thomas) (L'Equipe)
Ligue 1 - Monaco

Thomas Lemar, joue-la comme Anthony Martial

Parti de façon précoce de son club formateur pour quelques millions d'euros et l'AS Monaco, le milieu international Espoirs Thomas Lemar (19 ans) épouse la trajectoire d'un certain Anthony Martial. Et l'immense potentiel de l'ancien talent de Caen laisse également entrevoir un futur fracassant.

Mars 2013. Les U18 français de Philippe Bergeroo sont réunis à Clairefontaine avant d'affronter les États-Unis puis l'Allemagne. À l'entraînement, un gaucher gringalet, qui vient tout juste de parapher son premier contrat pro avec Caen, régale la galerie et en met plein la vue à ses potes de la promo 95. Anthony Martial hallucine. L'attaquant, alors à l'OL, avoue n'avoir «jamais vu un joueur comme ça... Il est tout petit, tout maigre, tout frêle, mais il n'a pas peur d'aller au contact et ne perd jamais le ballon. Techniquement, il est énorme.» Le talent de Thomas Lemar ne passe pas inaperçu. C'est un uppercut.  Et tous ceux qui ont vu la pépite à l'œuvre de près l'ont pris en pleine poire. Car la crevette est un crack.
Un joueur créatif, vif et percutant, avec un toucher et une prise de balle sensationnels. Sur le terrain, on ne voit que lui.
En 2008, ce fils de responsable des douanes et d'une mère secrétaire médicale né à Baie-Mahault en Guadeloupe, fan d'Andrés Iniesta et de Xavi, tape dans l'œil de Philippe Tranchant, présent sur l'île en qualité de responsable technique de la formation au Stade Malherbe. «J'ai eu la chance de le voir avant les autres, expliquait dans Ouest-France le technicien, qui s'est très rapidement mis en relation avec la famille du jeune ado pour ne pas se faire brûler la politesse par la concurrence et faire venir la perle antillaise en métropole deux ans plus tard. Il faisait une tête de moins que tout le monde, mais on ne voyait que lui, un manieur de ballon vraiment exceptionnel.» Un joueur créatif, vif et percutant, avec un toucher et une prise de balle sensationnels. «Ce n'est pas un pied qu'il a, c'est une main», a certifié Bergeroo. En privé, Tranchant l'a souvent répété : il n'a jamais eu et vu un jeune aussi doué, une promesse aussi exaltante. Qui n'a pourtant pas eu le temps d'exploser à Caen.

Monaco a tiré le gros lot

Peu utilisé la saison passée pour sa première année en L1 (25 apparitions, mais seulement six titularisations et 732 minutes de jeu, un but et 4 passes décisives) et essayé à tous les postes de l'entrejeu alors qu'il semble plus à l'aise dans une position axiale, Lemar a quitté son club formateur cet été pour rejoindre l'AS Monaco, plus prompte que Lyon, Bordeaux, Liverpool et Chelsea à se mettre d'accord avec les dirigeants bas-normands et le jeune homme. Montant de la transaction : 4 millions d'euros et la désagréable impression pour les admirateurs du joueur de ne pas avoir profité pleinement d'un tel talent. «Il faut faire l'analyse de pourquoi il part, au club des gens peuvent donner des réponses. Il est arrivé à 15 ans, repart à 19, il a toujours été au-dessus, alors pourquoi est-ce que ça n'est pas allé plus vite, s'est récemment interrogé Tranchant dans les colonnes de Ouest-France. C'est aussi une question de choix, d'utilisation à tel ou tel poste, de manière de le responsabiliser dans un projet global.»
«C'est le plus fort que j'ai jamais recruté pour le Stade Malherbe. (...) Il y a encore du travail dans la structuration de son jeu, mais il a le potentiel du très haut niveau.»
Mais ce transfert n'a pas surpris le technicien qui a découvert et misé sur Lemar. «On juge aussi un jeune joueur par ses capacités d'avenir, et c'est le plus fort que j'ai jamais recruté pour le Stade Malherbe. (...) Quand on investit comme ça sur un jeune, c'est que nécessairement on compte sur lui. Vu le nombre de matches que disputera Monaco avec la Coupe d'Europe, il aura du temps de jeu, pourra s'exprimer dans la confiance. Il y a encore du travail dans la structuration de son jeu, mais il a le potentiel du très haut niveau.»

Un destin à la Martial ?

À son arrivée sur le Rocher, Vadim Vasilyev, le vice-président monégasque, a déballé son petit discours soigneusement préparé. Ce qui n'a pas empêché l'homme d'affaires russe de voir clair et loin et de viser juste. «Thomas représente à son niveau l'avenir du football français. Il est de la même génération qu'Anthony Martial...» Voilà, on y revient. Le cas Lemar nous ramène inévitablement à la promesse lyonnaise partie éclore à Monaco pour quelques millions avant de faire péter les plombs à Manchester United. Pour l'instant, le néo-international, plus jeune que son copain de quelques semaines, a pris de l'avance. Le parallèle, flagrant, est constaté. Mais on ne peut pas parler de mimétisme. Pas encore, pas si vite. Mais bientôt. Le talent de Thomas Lemar s'en porte garant. On prend ici les paris.

Thomas Simon
Réagissez à cet article
500 caractères max
le_saxofun 9 sept. à 9:45

Pour le coups, il y a certainement la différence physique qui explique l'explosion plus précoce de Martial. L'air de rien, Martial, physiquement, c'est un sacré roc! Il est déjà très abouti, à maturité physiquement. Thomas Lemar sera certainement plus à son aise d'ici un ou deux ans. Le développement physique est propre à chacun.

DinamoKiev 9 sept. à 9:37

Pour ça faudrait-il encore que le coach l'aligne, hein !

ADS :