Thomas Müller (L'Equipe)

Thomas Müller (Allemagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

4 mai - 14 juin : dans exactement 41 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixantième épisode avec Thomas Müller.

Son histoire avec la Coupe du monde

Entre Thomas Müller et la Coupe du monde, c'est une véritable histoire d'amour. Le joueur du Bayern Munich a brillé lors des deux dernières éditions et sera encore attendu en Russie cet été. En 2010, Joachim Löw faisait appel à lui pour être de l'aventure en Afrique du Sud. Il ne comptait que deux sélections mais il s'imposait d'entrée comme un titulaire au poste d'ailier droit. Dès son premier match, il marquait et délivrait une passe décisive lors du large succès contre l'Australie (4-0). L'Allemagne terminait à la première place de son groupe et s'imposait contre l'Angleterre en huitièmes (4-1), Müller claquait un doublé après avoir été passeur sur le deuxième but (voir ci-dessous). Le jeune joueur continuait sur sa lancée avec un nouveau but au tour suivant, lors de la démonstration allemande contre l'Argentine (4-0). Mais il écopait d'un carton jaune - son deuxième de la compétition - qui le privait de la demi-finale contre l'Espagne. Sans sa nouvelle pépite, l'Allemagne restait muette (0-1) et échouait dans le dernier carré pour la deuxième fois d'affilée. Il terminait le Mondial sur une bonne note avec un but contre l'Uruguay (3-2), à l'occasion du match pour la troisième place. Malgré la déception, la Coupe du monde de Müller était une réussite : meilleur buteur avec cinq réalisations - ses trois passes décisives ont fait qu'il devançait David Villa, Wesley Sneijder et Diego Forlan -, et élu meilleur espoir de la compétition.

En 2014, le gaillard était déjà considéré comme un cadre de la sélection nationale au Brésil. Il débutait encore une fois en fanfare avec un triplé contre le Portugal (4-0), lors du premier choc de la compétition. Pour les quatre premières rencontres, il était positionné au poste d'avant-centre (4 buts, 2 passes décisives), avant de retrouver son côté droit à partir du quart de finale contre la France (1-0). Avec un but et une passe décisive, Müller participait à la fête contre le Brésil (7-1) qui permettait à l'Allemagne de se qualifier pour la finale. L'attaquant du Bayern Munich ne parvenait pas à faire la différence mais le but de Mario Götze délivrait la Nationalmannschaft (1-0). Müller ajoutait alors la Coupe du monde à son palmarès - la quatrième gagnée par l'Allemagne -, un an après avoir remporté la Ligue des champions.

Le moment marquant

Dans un match entre deux rivaux historiques, l'Allemagne prenait le dessus sur l'Angleterre (4-1) en huitièmes de finale, le 27 juin 2010. Le score paraissait flatteur, tant le match avait été équilibré et incertain. Mais Thomas Müller s'était révélé un peu plus aux yeux du monde. Le joueur du Bayern avait été étincelant. Il avait été l'auteur d'une magnifique passe décisive pour Podolski (2-0, 32e), avant de valider la qualification de son équipe, en grande difficulté, qui aurait dû concéder l'égalisation si le but de Frank Lampard n'avait pas été injustement refusé. Müller n'avait pas tremblé pour inscrire un doublé sur deux contres intelligemment menés. Son activité et son sang froid épatant avaient alors épatés tous les observateurs.

Le chiffre : 5

C'est le nombre de buts marqués par Thomas Müller à chaque Mondial qu'il a disputé. L'international allemand avait terminé meilleur buteur de la Coupe du monde 2010 avec cinq réalisations, avant de récidiver quatre ans plus tard avec cinq nouveaux buts, même si James Rodriguez l'avait devancé d'une unité (6). Il ne lui reste plus qu'à faire perdurer la tradition cet été en Russie...

L'archive de FF

En 2011, Thomas Müller faisait déjà partie des joueurs nommés pour le Ballon d'Or. A cette occasion, FF revenait sur l'éclosion du Bavarois lors de la dernière Coupe du monde, le 22 novembre. «Avant son limogeage, en avril dernier, Van Gaal l'avait souvent répété : "Thomas jouera tout le temps." Son successeur n'en pense pas moins. Pour Jupp Heynckes, "il est un titulaire en puissance." En sélection, il est également devenu une pièce essentielle. "En match, Thomas travaille énormément. Il ne relâche jamais ses efforts. Pour ses adversaires, il constitue un danger permanent et il est souvent décisif", estime Joachim Löw. Avec la Nationalmannschaft, Müller a explosé aux yeux de la planète lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Avec cinq réalisations, il a été sacré meilleur buteur de la compétition, quelques semaines après avoir été à deux doigts de réaliser un triplé historique Coupe-Championnat-Ligue des champions avec le Bayern, battu en finale de C1 par l'Inter (...) S'il est devenu aussi essentiel en club et en sélection, c'est parce que son potentiel est énorme. Bon des deux pieds, doté d'un jeu de tête précis, Müller a fait de gros progrès au niveau de l'endurance. "Ce qui est prometteur, c'est que j'ai une belle marge de progression. Si, tactiquement, j'ai été bien formé, j'ai conscience que je dois encore franchir un palier sur le plan physique", note-t-il. Et dire qu'il n'est même pas aligné à son poste préféré !»

Clément Gavard

Les 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde