kolodziejczak (timothee) (A.Martin/L'Equipe)
Ligue 1 - Saint-Étienne

Timothée Kolodziejczak (Saint-Etienne) : «Peut-être que j'ai arrêté de me faire mal»

Après s'être quelque peu perdu sportivement en Allemagne et au Mexique, Timothée Kolodziejczak a retrouvé les terrains et la France avec Saint-Etienne. En toute franchise, l'ancien défenseur de Séville et de Nice fait son auto-critique et croit désormais en une seconde chance.

«Timothée, vous voilà de retour en France quatre ans après avoir quitté Nice. Vous avez joué les 12 matches de Ligue 1 des Verts cette saison. Comment jugez-vous vos premiers pas dans le Forez ?
Ça se passe nickel. Franchement, on a un super groupe, on rigole bien. L'intégration a été parfaite avec l'ensemble de l'équipe et du staff. C'est un club familial. Sur le terrain, ça suit, c'est encore mieux.

Il a fallu se faire une place au sein d'une défense solide (la deuxième plus performante de L1 lors de la phase retour en 2017-18). Pas chose aisée...
Je suis venu pour avoir du temps de jeu. C'est vrai qu'il y avait de la concurrence, mais j'ai bénéficié des blessures. Ça m'a permis de jouer tout de suite. J'ai dû m'entraîner plus que les autres pour reprendre le rythme, et j'ai tout de suite enchaîné les matches. Avec de bonnes performances. Tant mieux. J'ai repris beaucoup de confiance. Je les remercie pour ça.
Voir : la fiche de Timothée Kolodziejczak

Une confiance que vous aviez perdu ?
C'est surtout le plaisir de rejouer. J'avais perdu l'envie, par moments. Je l'ai retrouvée. Avec l'envie de gagner, ça se ressent sur le terrain. Je me sens épanoui comme je l'étais avant.

Pourquoi cette envie s'était-elle envolée ?
Je ne sais pas... Peut-être que j'ai arrêté de me faire mal. Peut-être me suis-je arrêté inconsciemment à une période où j'ai pu me dire que ça allait être facile. J'ai connu des périodes galères. Cette saison, j'ai voulu revenir en France pour me retrouver et voir que j'étais toujours là. Je suis très heureux à Sainté. On a retrouvé le Kolo !

«À Mönchengladbach, je me suis un peu laissé aller »

Quels événements ont pu vous mettre en difficulté ?
Lorsque je suis parti en Allemagne (NDLR : transféré du FC Séville au Borussia Mönchengladbach en janvier 2017. Il n'a disputé que huit minutes de Bundesliga en six mois). Je me suis un peu laissé aller. Je n'ai pas trop joué.

Ce choix de Mönchenglabach avait pu surprendre dans votre progression sportive tant vous étiez performant à Séville...
Au niveau des joueurs, des installations, du stade, Mönchengladbach est un grand club. Il y avait un bon groupe. C'était un coup que je voulais faire, mais ça n'a pas fonctionné.

Pourquoi ?
Le coach (NDLR : Dieter Hecking) n'avait pas confiance en moi et je ne donnais pas tout, non plus, pour qu'il change d'avis. C'était aussi très, très compliqué au niveau de la langue même si j'essayais de l'apprendre. C'était très dur. Pendant des entraînements, il y avait tellement de consignes que, parfois, j'étais perdu. Ce n'était pas évident. Et quand tu ne joues pas, c'est dur. Une expérience difficile, mais qui m'a apporté et qui m'a montré que je n'ai pas joué parce que je n'ai pas bossé comme il le fallait. C'était aussi délicat au niveau de la température : je suis arrivé en janvier en passant de 20 degrés à Séville à -10 et vingt centimètres de neige. Plein de petites choses comme ça. J'ai souffert un peu mentalement. Si c'était à refaire, je le ferais différemment. Mais c'est aussi peut-être grâce à ça que je me sens bien aujourd'hui et que j'ai retrouvé le goût de l'effort et du travail.

«Au Mexique, j'étais bien, j'étais libre »

Sans temps de jeu en Allemagne, vous avez opté pour le Mexique et les Tigres d'André-Pierre Gignac en septembre 2017. Les offres ne se bousculaient pas vraiment ?
Je pouvais rester à Gladbach ; Nice souhaitait aussi me faire revenir, mais ça n'a pas été plus loin. J'ai eu cette opportunité. Je voulais partir, voir autre chose. je suis arrivé sans être prêt physiquement. J'ai joué un match où deux erreurs de ma part ont coûté deux buts. Je revenais de deux mois de blessure... Derrière, le coach ne m'a jamais intégré dans le projet du club (NDLR : six apparitions en Championnat). Cela a été compliqué, mais je me suis accroché. Au final, humainement, cela a été l'une des meilleures expériences de ma vie. Un grand coup !

Lire : Kolodziejczak : «La femme de Trémoulinas, c'est Top Chef !»

À ce point-là ?
Ç'a été très fort. Le pays m'a accueilli à bras ouverts. J'étais épanoui dans ma vie. Le foot est différent. La manière de voir les choses est différente. La vie est différente. En France, on est un peu plus froid... La mentalité, c'est autre chose, beaucoup plus ouvert. Je me retrouve davantage dans ce genre de pays. J'étais super bien. Je me suis attaché à des gens rencontrés là-bas ; si on se connaissait depuis dix ans, j'étais tout le temps avec DD (Gignac). L'ambiance, les gens, j'étais bien, j'étais libre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

CAMPEON Tigres @clubtigresoficial @tkolo_25 @10apg @eduardovargasrj1 #teamkolo #vamostigres #ligamx #tigresuanl

Une publication partagée par Timothée Kolodziejczak - KOLO (@timotheekolo) le

10 Déc. 2017 à 8 :30 PST
Imaginez-vous déjà aller vivre au Mexique après votre carrière ?
Pourquoi pas, oui ! J'y pense, même si c'est encore loin. Ce ne serait pas une grande surprise. Je vais y retourner pour les prochaines vacances déjà. C'est vrai que cela a été vraiment difficile de partir. Je suis revenu en France pour le foot. Car, au Mexique, je n'ai pas énormément joué, c'est dommage. Le coach (NDLR : Ricardo Ferretti) était à l'ancienne. Il ne pourrait pas entraîner en Europe.

Pourquoi ?
Parce qu'il a des méthodes qui ne marchent plus à l'heure actuelle. Aujourd'hui, en Europe, c'est impensable de s'entraîner comme on le faisait au Mexique. Il est connu et réputé là-bas. Je n'ai jamais connu ça. Je respecte beaucoup ce Monsieur mais je ne me revois pas rejouer pour lui, c'est impossible. J'ai vécu une année difficile.

«Je ne suis pas à la rue»

Un petit mot sur André-Pierre Gignac. Garde-t-il toujours une cote élevée sur place ?
Oui. C'est un dieu. Il est respecté, aimé, reconnu à sa juste valeur. Il se sent super bien là-bas, même chose pour sa famille. Il aurait pu revenir. Je pense qu'il y a eu des clubs européens sur lui. Mais il veut finir sa carrière là-bas, il a bien raison.

Mais entre une expérience de vie et votre carrière, il a fallu faire un choix. Comment ce prêt à Saint-Etienne a pu être possible ?
J'étais dans l'optique de rentrer parce que cela aurait été encore pire avec le coach cette saison. Il ne m'a pas parlé, il ne m'a rien dit... J'ai eu l'opportunité de la France. J'ai même pris l'avion sans rien dire à personne pour mettre la pression dans les négociations parce que Tigres ne voulait pas trop que je parte. Mais les deux clubs ont fini par trouver un accord, et je pense que c'est mieux pour tout le monde. On verra l'année prochaine par rapport à mon option d'achat... Je ne me prends pas la tête. Le plus important était de reprendre du plaisir et d'être constant sur une saison entière. Pour le moment, ça se passe bien.
«J'ai eu l'opportunité de la France. J'ai même pris l'avion sans rien dire à personne pour mettre la pression dans les négociations parce que Tigres ne voulait pas trop que je parte»
Vous avez 27 ans. Diriez-vous que Saint-Etienne est une sorte de nouveau départ dans votre carrière ?
C'est une année cruciale pour moi sachant que cela fait un an et demi que je n'ai pas trop joué... Dans le football, ça va vite, les jeunes poussent. À moi de montrer que je suis encore là malgré ce passage à vide. Que j'ai un palmarès (NDLR : Il a par exemple remporté deux Ligues Europa avec le FC Séville), j'ai évolué dans de bonnes équipes, j'ai disputé des matches importants. Je ne suis pas à la rue. Je suis en train de le démontrer de nouveau. Mais c'est dans la régularité qu'on parlera de moi de nouveau.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

@tkolo_25 #teamkolo #asse

Une publication partagée par Timothée Kolodziejczak - KOLO (@timotheekolo) le

7 Nov. 2018 à 10 :19 PST
A-t-on encore des rêves à 27 ans ?
Oui, des rêves d'évoluer dans des clubs qui jouent la Ligue des champions. Je l'ai vécu, et j'aimerais revivre ça. Je suis lucide. Je suis à Sainté pour me refaire une santé. On a une grosse équipe pour faire de belles choses. Pour le moment, je ne vois pas plus loin. J'espère qu'on atteindra nos objectifs.»
Timothé Crépin 
Réagissez à cet article
500 caractères max