Diego Maradona s?élève et, de la main, envoie le ballon dans le but de Peter Shilton en 1986. (LECOQ/L'Equipe)
Arbitrage

Top 10 des erreurs historiques

L'International Board a donc autorisé des expérimentations d'arbitrage vidéo dès la saison prochaine. Notre Top 10 des plus grosses erreurs qui auraient pu être évitées.

1. La main de Maradona à la Coupe du monde 1986

Autorisée en match à titre expérimental sous certaines conditions dès la saison 2016-17 et pour au moins deux ans, l'aide de la vidéo pour l'arbitrage jouera son rôle pour déterminer si un ballon a franchi la ligne de but, influera sur les expulsions, les penalties et l'identité des joueurs ayant commis des fautes. L'un des scandales les plus marquants de l'histoire du ballon rond comme le but inscrit de la main par Diego Maradona contre l'Angleterre en quart de finale de la Coupe du monde 1986 aurait ainsi été signalé et évité. L'Argentine n'aurait du coup pas ouvert le score sur cette action, et qui sait ce qu'il serait advenu ensuite (deuxième but mémorable de Maradona au terme d'un fantastique slalom et succès 2-1 des Argentins)... ?

2. L 'agression de Schumacher sur Battiston

France-RFA, demi-finale de la Coupe du monde 1982 à Séville. On joue la 58e minute, le score est de 1-1 après les buts de Littbarski (17e minute) et Platini (27e sp), lorsqu'idéalement lancé par «Platoche», Patrick Battiston se présente seul devant Harald Schumacher, sorti à sa rencontre, avant d'être violemment percuté par le gardien allemand qui ne se soucie guère du ballon (lequel manquera de peu le cadre sur un tir lobé du défenseur français qui sortira inconscient du terrain sur une civière). Avec l'aide de la vidéo, l'agression caractérisée du dernier rempart aurait été sanctionnée et la RFA aurait été réduite à dix.

3. La main de Henry contre l'Irlande

Elle en a fait couler de d'encre celle-ci. Nettement dominée ce 18 novembre 2009 par l'Irlande au Stade de France en barrage retour (1-0 à l'aller pour les Bleus) à la Coupe du monde 2010, la France est menée depuis le but de Keane à la 33e minute et poussée à une prolongation délicate. Puis, suite à un coup franc de Florent Malouda, Thierry Henry contrôle le ballon deux fois de la main gauche en l'empêchant de sortir de l'aire de jeu et centre pour William Gallas dont la tête bat Shay Given (103e) et offre le but égalisateur synonyme qualification pour le Mondial sud-africain. Avec l'assistance vidéo, ce but n'aurait jamais été validé.

4. Le but accordé à Hurst en finale du Mondial 1966

Dans ce cas-ci, peut-être ne s'agit-il pas d'une erreur. Peut-être... Mais en tout cas, le doute aurait été levé une bonne fois pour toute grâce à la goal line technology. Ah, le fameux but de Geoffrey Hurst en finale de la Coupe du monde 1966 à Wembley... Alors que l'Angleterre et la RFA sont en pleine prolongation (2-2), l'Anglais décoche à la 101e minute une frappe qui heurte la transversale, rebondit sur ou derrière la ligne avant que le ballon ne soit dégagé par un défenseur allemand. Après avoir consulté son juge de ligne, le Soviétique Tofik Bakhramov, l'arbitre de la rencontre, accorde le but devant la fureur et les protestations des joueurs ouest-allemands qui estiment que le ballon n'a pas franchi la ligne. L'Angleterre triomphera finalement (4-2) et la polémique sera éternelle.

5. Le but de Lampard en 2010

Si les images de l'époque en 1966 n'ont jamais permis d'en avoir le cœur net, en 2010, là c'est certain, il y avait bien but. Après le tir sous la transversale de Frank Lampard en huitièmes de finale de la Coupe du monde, le ballon franchit clairement la ligne à la 38e minute, mais à la différence de tous les spectateurs et téléspectateurs, l'arbitre M. Larrionda n'accorde pas le pion au milieu de Chelsea qui aurait permis aux Anglais d'égaliser à 2-2 contre l'Allemagne, finalement victorieuse (4-1).

6. Le huitième et le quart de finale de la Corée du Sud en 2002

Avec l'arbitrage vidéo, la Corée du Sud n'aurait probablement pas atteint le dernier carré de sa Coupe du monde en 2002. Plusieurs faits de jeu discutables sont en effet allés dans son sens. Lors du huitième de finale face à l'Italie, l'arbitre Byron Moreno a infligé un second carton jaune à Francesco Totti pour simulation à 1-1 à la 104e minute alors que le penalty semblait évident puis refusé un but valable de Damiano Tommasi (111e), signalé à tort hors-jeu. Si l'expérimentation vidéo à venir aurait pu intervenir sur l'expulsion de l'Italien, elle n'aurait pu influer sur le deuxième fait de jeu intervenu alors que la Nazionale aurait pu mener 2-1 en cas, évidemment, de péno accordé et transformé. Sur un but en or à la 117e, Ahn Jung Hwan allait hisser ses coéquipiers en quarts où, là encore, la polémique s'était invitée. L'Egyptien Gamal Al-Ghandour avait refusé un but en or valable aux Espagnols (Morientes avait marqué sur un centre de Joaquin alors que le ballon n'était pas sorti) et refusé de faire retirer le tir au but manqué par Joaquin alors que le gardien sud-coréen Lee Woon-jae avait quitté trop tôt sa ligne.

7. La main de Vata

Même s'ils ont remporté la C1 en 1993, tous les Marseillais se souviennent encore de la demi-finale retour de ce qu'on appelle encore la Coupe des clubs champions 1990. Vainqueur à l'aller (2-1) au Vélodrome, l'OM tient le 0-0 à Lisbonne ce 18 avril lorsque l'Angolais Vata marque de la main le but de la qualification pour le Benfica à sept minutes du coup de sifflet final (83e). Les protestations phocéennes auprès de M. Van Langenhove, l'arbitre belge du match, n'y feront rien. Même si le recours à la vidéo n'est pas encore clairement défini, l'attaquant lisboète aurait écopé d'un avertissement pour son geste répréhensible et vu son but non accordé. Et l'OM aurait peut-être atteint la finale...

8. L'expulsion de Barthez en finale de la C3 2004

L'International Board a opté pour la fin de la triple peine (carton rouge, penalty, suspension), mesure applicable à partir du 1er juin prochain et donc en vigueur lors du prochain Euro (10 juin-10 juillet) et la Copa America (3-26 juin). Sans cette mesure très critiquée ces dernières années, Fabien Barthez n'aurait pas laissé ses partenaires de l'Olympique de Marseille à dix en finale de la Ligue Europa en 2004 après sa faute sur Mista, Vicente n'aurait pas transformé  le penalty avant la pause (45e) et le club méridional aurait pu espérer mieux qu'un revers (0-2). Dans la même veine, la finale de Ligue des champions 2006 entre Barcelone et Arsenal au Stade de France aurait pu voir son destin différer sans l'expulsion rapide de Jens Lehmann (18e).

9. Les trois avertissements de Simunic

Vous l'avez peut-être oublié mais souvenez-vous... A la Coupe du monde 2006, Graham Poll a animé les gazettes pour un étonnant fait d'armes. L'arbitre anglais dirige alors un Croatie-Australie ce 22 juin en phase de poule. Durant la rencontre (2-2), il distribuera sept avertissements  dont... trois pour le même joueur, Simunic. A la 62e minute, le Croate est d'abord averti pour contestation avant d'être à nouveau sanctionné à la 90e pour un tacle rugueux. Pourtant normalement exclu, le défenseur reste sur la pelouse et écope d'un troisième carton dans le temps additionnel (90e+4), quand M. Poll lui signale enfin son expulsion ! Du grand n'importe quoi qui sera désormais impossible.

10. Thiago Motta aurait dû voir rouge contre Lyon

Comme pour le penalty, un assistant vidéo pourra user des différentes images issues des diverses caméras installées sur le stade pour déterminer la couleur d'un carton et notamment signifier  une expulsion auprès de l'arbitre principal. Absent du champ de vision du directeur de jeu, un joueur pourra alors être rattrapé par la patrouille. Thiago Motta, qui a donné un coup de poing à Jordan Ferri et seulement écopé d'un carton jaune lors de la défaite parisienne à Lyon (1-2) dimanche dernier, aurait ainsi dû quitter prématurément le terrain dès la 23e minute après son mauvais geste.

Et aussi...

Le penalty imaginaire accordé au Brésilien Fred face à la Croatie au Mondial 2014, ceux accordés à l'Allemand Rudi Völler en finale de la Coupe du monde 1990 et l'Italien Fabio Grosso  contre l'Australie au Mondial 2006, le but fantôme de l'Allemand Stefan Kiessling contre Hoffenheim en 2013, le but de la main inscrit par Lionel Messi face à l'Espanyol Barcelone le 9 juin 2007 avec Barcelone, la faute non sanctionnée de Mark Iuliano (Juventus) sur Ronaldo (Inter Milan) le 26 avril 1998...
Emmanuel Langellier
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florent02 18 mars à 18:22

Les historiens du football se souviendront toujours que la première utilisation "secrète" de la vidéo aura permis d'expulser Zidane en 2006. Je dis "secrète" mais c'était un secret de polichinelle et, à l'époque, elle était interdite par le "Board".

florent02 18 mars à 18:15

Le "but" de Hurst en 1966...J'ai lu quelque part que même les reconstitutions en 3 D n'avaient pas permis de trancher.La "goal line technology" est-elle parfaite au point de trancher ce genre de litiges vraiment "limites" ?

Lebourin 18 mars à 12:10

la vidéo pour Schumacher! sérieux!Même un aveugle l'aurait vu!