Le PSG à genoux face au Real Madrid. (A. Reau/L'Equipe)
Economie

Tout n'est pas perdu pour Paris

Non, tout n'est pas à jeter dans la stratégie du PSG malgré l'échec face au Real Madrid. Car pour Vincent Chaudel, l'atout de ce club est qu'il apprend vite de ses erreurs.

Évidemment aujourd'hui, les critiques (et à juste titre) pleuvent. Le PSG n'a pas été à la hauteur de son ambition et de ses moyens. Économiquement, je ne pense pas que les conséquences soient si importantes. Cette élimination représente essentiellement un manque à gagner de 20 à 50 M€ sur un budget qui certes en aurait eu besoin, fair-play financier oblige. Sportivement, ce n'est pas une catastrophe non plus. Des clubs éliminés par le Real Madrid, il y en a, et des grands. Sur ce point, la défaite est moins traumatisante que la remontada de l'année dernière. Certes, aucun club n'avait donné une telle leçon au grand Barca de la MSN à l'aller mais le monde entier retiendra la réponse du match retour. Peut-être par manque de culture sportive, on oublie trop souvent que les grands succès naissent de revers cuisants. Aurait-on gagné la Coupe du Monde 98 sans le traumatisant France - Bulgarie ? L'OM aurait-il remporté la coupe aux grandes oreilles sans la main de Vata ou les penalties de Bari ? ... Des matches perdus, il y en aura encore et même des importants. La clé du succès futur réside dans la capacité à en tirer les leçons.

Des erreurs vite réparées

Aujourd'hui, il est de bon ton de tirer sur le club et son management. Sans avoir l'intention de les exonérer de leurs responsabilités, je pense qu'il faut regarder tout le chemin parcouru en sept ans, dans un football désormais globalisé et «financiarisé». Car c'est un fait, même si ça nous irrite en France : depuis 15 ans au moins, toutes les C1 été remportées par des clubs du top 10 (pour ne pas dire du top 5) européen en termes budgétaires. Bref, le PSG version QSI construit vite, fait des erreurs mais les corrige également vite. L'élimination à Barcelone avait pointé la nécessité d'avoir un grand directeur sportif (poste que l'on pouvait considérer vacant depuis le départ de Leonardo) et un «marquee player» capable à lui seul de faire la différence lors des matches clés. Avec Antonio Henrique et Neymar (sans parler de Mbappé), le PSG 2017/18 affichait clairement son ambition européenne. Alors qu'a t'il manqué à ce Paris Saint-Germain ? Comment peut-il rebondir pour sortir plus fort de ce couac ? D'abord et c'est important, il va falloir finir une saison sans la star de l'équipe, sans réelle adversité sur le plan national (en théorie), avec des égos meurtris et un coach dont tout le monde sait qu'il ne passera pas l'été.
Ensuite, il va falloir trouver LE coach qui fera l'unanimité dans le vestiaire comme dans les médias français. Avec un tel effectif (s'il ne bouge pas) et des moyens aussi importants, nul doute que la liste des prétendants va rapidement s'allonger. Sans connaître le nom de l'heureux élu, on peut déjà dire qu'il aura deux atouts majeurs que n'avait pas Unai Emery en arrivant : Neymar et l'impopularité de son prédécesseur. Parce qu'il nous faut aussi faire notre autocritique, nous Français. En plus de ne pas être connu des non aficionados, Emery a commis le «crime» de remplacer une légende de France 98, Laurent Blanc. Dès son arrivée, nous n'avons cessé de lui trouver des défauts, d'appuyer sur ses points faibles (comme son français), sur ses difficultés dans le vestiaire... Peut-être maladroitement pour certains, la communication du club a essayé de créer un engouement populaire derrière son équipe avant le choc du Real, mais ce qui marche chez nos voisins sonne artificiel chez nous. Peut-être ne sommes-nous pas profondément supporters, passionnés en tout cas, et il a manqué à ce PSG la ferveur et la passion qui anime dedans comme dehors les grands clubs. Sujet délicat à corriger car pour le coup, ce ne sera pas une question d'argent mais de temps.

Vincent Chaudel
Directeur Communication & Marketing / Expert Sport chez Wavestone
 
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Hachem 8 mars à 20:48

Excellent. On ne peut être plus sincère. Les fins connaisseurs savaient dès le tirage que c'était presque mission impossible face au double vainqueur du trophée, idem pour Tottenham face au finaliste de 2017. Ces deux équipes n'ont rien à se reprocher et le tirage au sort leur attribuant Real et Juventus a été implacable pour elles.

christiano06 8 mars à 15:44

Merci pour cet excellent article!je vois qu'il existe encore des critiques objectives! On est loin des gazettes quotidiennes qui répandent leurs baves de crapauds à longueur d'articles!