Carlos Soler a marqué trois penalties à Thibaut Courtois, le gardien du Real. (J. Medina/Reuters)

Trois buts encaissés sur penalty et le Real Madrid se saborde à Valence (4-1)

Face à une équipe de Valence en manque de confiance, le Real Madrid avait l'occasion de revenir à un point de la Real Sociedad, leader de la Liga. Mais les hommes de Zinedine Zidane se sont inclinés lourdement sur la pelouse de Mestalla. En cause, une histoire de penalty et de VAR.

La leçon : quand la VAR et le penalty font bon ménage

Valence pour ne pas sombrer, le Real Madrid pour recoller. Tel était l'enjeu du choc de la 9e journée de la Liga. Ce choc, que dire, ce classique du Championnat n'a pas déçu en termes de spectacle et de jeu. Avec l'envie de revenir sur le leader, la Real Sociedad, les hommes de Zinédine Zidane se rendaient sur la pelouse de Mestalla pour affronter des Valenciens au plus mal. Seulement 16e au classement avant la rencontre, les locaux restaient sur une série de quatre matches sans victoire. Une crise de résultats qui coïncide avec les problèmes financiers et administratifs du club depuis l'été dernier. Sans compter la perte de Geoffrey Kondogbia (transféré à l'Atlético de Madrid) cette semaine. Une situation délicate donc avant d'affronter une équipe madrilène en pleine confiance.
 
Privés d'Eden Hazard, Casemiro, Eder Militao (Covid) ainsi que de Dani Carvajal, Nacho et Alvaro Odriozola (blessés), les Merengue souhaitaient poursuivre leur série d'invincibilité à l'extérieur. La Casa Blanca est invaincue depuis le 8 mars dernier loin de ses terres. Une performance qui aurait pu se poursuivre car les coéquipiers de Sergio Ramos avaient pris le meilleur dès le coup d'envoi. Grâce à un Karim Benzema omniprésent sur le rectangle vert. Encore et toujours. Que ce soit offensivement ou défensivement, le Français a sublimé les trente premières minutes. Sur un centre de Vinicius d'abord, le ballon est repris par Gabriel Paulista juste devant l'ancien attaquant de Lyon (8e) puis trois minutes plus tard, il reprend un corner de Luka Modric mais sa tête n'est pas assez dangereuse. Ce n'est que partie remise. Après un jeu à trois avec Vinicius et Marcelo, le numéro 9 madrilène est servi en retrait par le latéral brésilien. À l'entrée de la surface, Benzema contrôle et décoche une frappe sèche qui trompe Domenech à mi-hauteur (0-1, 23e). Ce but va sonner la révolte du côté de Valence qui va mettre très peu de temps à réagir en obtenant un penalty sur une main de Lucas Vazquez. Et d'un. Dans un premier temps, Courtois arrête le penalty de Carlos Soler mais le ballon revient sur le tireur. Il reprend du droit sur le poteau mais Yunus Musah a bien suivi et marque dans le but vide (30e). On croit alors à l'égalisation mais après consultation de la VAR, Jesus Manzano, l'arbitre de la rencontre, décide de faire retirer le penalty. Et de deux. Soler parvient cette fois à tromper le portier belge, pourtant parti du bon côté (1-1, 35e). Alors qu'on se dirige tout droit vers un score de parité, Raphaël Varane manque totalement son dégagement sur un centre de Gomez et il faut un nouveau sauvetage de Courtois. Après une nouvelle consultation de la VAR, l'homme au sifflet accorde le but (2-1, 45e).
 
Aux retours des vestiaires, rien ne change. Valence repart tambour battant et est tout proche d'inscrire un troisième but par l'intermédiaire de Kang-In. Mais sa frappe aux 20 mètres est déviée par le gardien adverse avant de mourir sur le poteau (47e). À force de jouer avec le feu, la Casa Blanca a fini par se brûler. Valence obtient un troisième penalty après une faute de Marcelo sur Gomez. Carlos Soler fait une nouvelle fois preuve de sang-froid et trompe Courtois, encore parti du bon côté (3-1, 54e). Mal inspiré en défense, le Real Madrid va concéder un nouveau penalty après une nouvelle utilisation de la VAR. Et de quatre. Le fautif cette fois, Sergio Ramos. Face à Musah, le capitaine madrilène emmène le ballon d'un geste maladroit du bras. Jamais deux sans trois. Soler marque son troisième en frappant le ballon à gauche de Courtois, toujours trop court (4-1, 63e). Malgré douze tirs lors du second acte, le Real Madrid n'est pas parvenu à se montrer dangereux et a payé cash ses erreurs défensives. Bien en place défensivement, Valence signe son troisième succès de la saison et remonte à la 9e place au classement.

Le gagnant : Carlos Soler, un triplé plein de sang-froid

Auteur d'un triplé ce dimanche soir, Carlos Soler a fait preuve d'un sang-froid remarquable pour tirer les penalties de son équipe. S'il a manqué le premier face à un Thibaut Courtois performant tout de même, la deuxième chance sur le premier penalty logiquement accordé par l'arbitre a permis au milieu de terrain valencien de se rattraper. Il ne perdra plus aucun face-à-face contre son vis-à-vis. L'Espagnol a réussi à prendre l'ascendant et à être précis pour tromper le gardien, qui est parti du bon côté à chaque reprise. Avec une lourde pression sur ses épaules connaissant la situation du club, Soler a rendu la copie parfaite. Important également dans l'entrejeu, le joueur de 23 ans a muselé Isco et a remporté 60% de ses duels. À noter également le très bon match du capitaine José Gaya, impliqué sur trois des quatre buts du match.

Le perdant : la défense gruyère du Real Madrid

Comment ne pas condamner la défense du Real Madrid à l'issue de la rencontre ? Chacun des défenseurs est fautif sur les buts adverses. Tout d'abord Lucas Vazquez qui provoque le premier penalty sur une main évitable. Raphaël Varane n'est guère mieux avec son dégagement raté. Au retour des vestiaires, Sergio Ramos et Marcelo prennent le relais. Le Brésilien se jette naïvement sur le centre de Gaya alors, le capitaine de la Maison Blanche imite son compatriote en touchant le ballon de la main. La troisième défense d'Espagne avant cette journée a sombré en donnant confiance à un adversaire qui en avait grandement besoin.

Paul Giffard

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