Emiliano Sala (V. Michel/L'Equipe)

«Tu pouvais lui donner ta vie, il se serait battu pour elle» : pourquoi Nantes aimait tant Emiliano Sala

Parce qu'il avait réussi à se faire adopter pour sa fougue,son abnégation et sa disponibilité, Emiliano Sala était bien plusqu'un buteur pour ceux qui l'ont côtoyé chez les Canaris.

Rémy Riou, son coéquipier à Nantes (2015-17)

«À Nantes, lors de ma dernière saison là-bas, nous étions en chambre ensemble. "Emi", ce n'était pas un grand bavard, pas quelqu'un d'extravagant qui montre ses sentiments. On pouvait rester des heures sans se parler, en étant tranquillement ensemble sans déranger l'autre. Mais tu pouvais lui donner ta vie, il se serait battu pour elle. On discutait notamment de la famille, qui était très importante pour lui. Sa mère venait souvent le voir d'Argentine, ses amis aussi. Je me souviens de la dernière soirée à Nantes pour fêter notre fin de saison. Avec des joueurs et quelques-uns de ses amis argentins, on s'était rejoint chez lui. On avait refait le monde jusqu'à 10-11 heures du matin... Il était comme ça : tu pouvais t'inviter chez lui, sonner, il t'accueillait, te servait un verre de vin sans problème.»

David Alcibiade, son coéquipier à Nantes (2015-18)

«On aimait bien aller manger un bout, voir les matches de volley de sa copine. C'était un peu mon prof d'espagnol. (...) Je me souviens aussi de la musique d'Aya Nakamura, Djadja. Comme son surnom c'était "Jaja", à chaque fois qu'elle passait, il était là à danser et à crier partout. Dès que je l'écoute, je pense à lui. Avant les entraînements, on pouvait aller chez le kiné se faire masser. Et lui avait toujours cette période où il était peut-être un peu trop en forme, où il prenait un Stabilo et allait en mettre à tout le monde, surtout à son compère Nicolas Pallois. Il aimait bien également faire des petites blagues dans les chaussures des gars. Au départ, c'était pourtant un gars assez réservé, mais quand il se lâchait, c'était un petit marrant. On a eu des discussions très fortes tous les deux. Notamment sur la foi, puisqu'il était chrétien. Je me souviens d'une conversation chez lui. J'étais venu pour l'aider à mettre en place un barbecue. Puisqu'on avait fini en avance, on était partis promener sa chienne Nala dans les champs. On était tranquilles et on parlait à cœur ouvert. Il m'a dit : "O.K., le football, c'est bien, mais je veux plus dans ma vie." Il cherchait la sérénité.»

Maxime Bossis, légende du FC Nantes et consultant pour beIN Sports

«Il représentait ce qui se perd aujourd'hui dans le football. Il n'était pas formé à Nantes, mais il était très identifié avec le club. C'est un joueur comme on en voyait il y a vingt ou trente ans, qui reste dans un club car il s'y sent bien, même s'il avait fini par partir. Nantes est une famille assez particulière, assez fermée, et lui faisait vraiment partie de la famille. C'est le sentiment que j'ai. Même si on n'est pas de la même génération ou qu'on est un simple observateur, c'est le genre de joueurs qu'on aime forcément.»

L'intégralité des témoignages et du dossier sur la trace laissée par Emiliano Sala à Nantes est à retrouver dans France Football en kiosques ou ici en version numérique.