Younes Belhanda of Galatasaray SK during the Turkish Spor Toto Super Lig football match between Fenerbahce AS and Galatasaray AS at the Sukru Saracoglu Stadium on April 14, 2019 in Istanbul, Turkey *** Local Caption *** (L'Equipe)
TUR - 33e journée

Turquie : les clés du choc entre Galatasaray et Basaksehir

A deux journées de la fin, Galatasaray et Ba?ak?ehir, à égalité de points en tête du Championnat, s'affrontent pour le titre. La victoire est cruciale pour les deux formations stambouliotes que tout oppose.

Rares sont les fins de Championnat qui galvanisent autant. Il y a bien eu le mano a mano entre Manchester City et Liverpool en Angleterre, avec un dénouement qui n'arrivait qu'à la 38e et dernière journée. Indéniablement, la Premier League a tenu tout le monde en haleine. Mais il parait peu probable de trouver plus bel affrontement que celui pour le compte de cette pénultième journée en Turquie. Il faut alors se rendre dans la ville la plus peuplée du pays, Istanbul, qui concentrent Besiktas, Fenerbahce... mais aussi Galatarasay et Basaksehir. Ce sont les deux leaders de la Süper Lig. Tous les deux à égalité de points (66), avec le même nombre de victoires, de nuls et de défaites. Comme le hasard fait bien les choses, ces deux formations vont s'affronter ce dimanche dans la Türk Telekom Arena, la chaude enceinte de quelque 55 000 places de Galatasaray. Toutefois, difficile de parler de derby. «Il n'y a pas de vraie rivalité entre les deux équipes. Le stade de Basaksehir est appelé le Fatih Terim stadium du nom de l'entraîneur de Galatasaray, explique Emre Sarigul, fondateur de Turkish-Football. La rivalité grandit, parce que Basaksehir commence à être une menace et qu'il y a de l'exaspération à propos de son expansion».

La défense comme point fort de Basaksehir

Et c'est dans une forme quelque peu chancelante que les visiteurs se présenteront. S'ils ont gagné le dernier match, ils restaient sur quatre rencontres sans succès. De quoi permettre à leurs rivaux, invaincus depuis début janvier en Championnat, de revenir à hauteur. Il y a un mois, Basaksehir comptait six points d'avance. Mais à ce moment-là, Besiktas les faisait tomber pour la première fois en 2019, eux qui semblaient pourtant imprenables. Depuis, c'est un peu la bérézina. «Basaksehir n'a pas ce douzième homme pour les pousser. Quand les autres clubs les ont vus prendre de l'avance, ils ont commencé à les scruter. Les médias, souvent intéressés par les grands clubs, ont commencé à se pencher sur leur cas, analyse notre témoin. Alors la pression a atteint les joueurs. Depuis la défaite contre Besiktas ils sont sur une pente descendante. C'est malheureux pour eux car ils ont pratiqué le plus beau football du Championnat cette saison». 

En plus, Galatarasay devrait se présenter dans l'euphorie de son succès en finale de Coupe de Turquie cette semaine (3-1, contre Akhisarspor). Mais fera face à la défense la plus solide (19 buts seulement concédés par Basaksehir, 31 pour Galatasaray). «Le secret du succès de Basaksehir ces dernières années a été sa défense. Ce n'est pas tellement la qualité individuelle des défenseurs mais plutôt l'organisation globale et la solidité de l'arrière-garde, avance Emre Sarigul. Leur gardien Mert Gunok a été superbe, et la blessure de leur défenseur Epreneu a coïncidé avec leur baisse de forme».

La légende Fatih Terim

Galatasaray est un habitué de ce genre de situations. En plus d'être tenant du titre, il a déjà remporté 21 fois le Championnat, plus que n'importe quelle autre formation (Fenerbahce est à 19, Besiktas à 15). L'emblématique entraîneur turc Fatih Terim est aux commandes. Il a été quatre fois l'entraîneur de Galatasaray depuis 1996. De retour depuis 2017 pour cette pige actuelle, il compte bien remporter le graal pour la huitième fois. «Ce n'est pas la plus grande équipe de Galatasaray que nous ayons vu. Ils ont dû compter sur le légendaire Fatih Terim pour les amener jusqu'ici, explique Emre Sarigul. Ils n'ont pas été flamboyants, mais ils n'abandonnent jamais, ils savent comment faire le boulot. Terim sait comment gérer la pression, il adore ce genre de situations. C'est un meneur d'hommes avant d'être un coach tactique. Et ces rencontres sont très psychologiques». De leur côté, les Stambouliotes de Basaksehir n'ont jamais eu la chance d'être couronnés, et aimeraient goûter aux joies de ce trophée tant convoité. La stature des deux clubs n'est, de fait, pas comparable. «Ils partagent certes la même ville mais c'est là que les similarités s'arrêtent. Galatasaray a été fondé en 1905 et a des millions de fans. Basaksehir a été créé en 1990, rappelle le spécialiste du football turc. Ils ont leur forme actuelle depuis 2014. Ils n'ont pas beaucoup de fans, ils ne s'en cachent pas. C'est utilisé comme un avantage pour avoir moins de pression».

Malheur aux vaincus

C'est aussi un duel qui verra s'opposer des noms connus des deux côtés. «Basaksehir, c'est un mix générationnel. Abdullah Avci a construit une équipe solide qui ne se base pas sur une ou deux stars, analyse-t-il. Ils ont Robinho, Adebayor, Clichy, Demba Ba, Emre Belozoglu, Arda Turan certes, mais c'est avant tout une équipe organisée, équilibrée et efficace». Citons également Clichy, Inler, ou Edin Visca, meilleur passeur du Championnat avec seize passes décisives, et qui peut aussi se targuer d'avoir inscrit douze buts. «Il est sorti du lot et a été nommé joueur de la saison». Et Mariano, Belhanda, Feghouli, Mitroglou ou Diagne, arrivé cet hiver, côté Galatasaray. «Mbaye Diagne a marqué 31 buts cette saison mais n'a toujours pas convaincu tous les fans à cause de son attitude et de son jeu. Onyekuru est le joueur à surveiller de leur côté, et Feghouli est en forme dernièrement». Alors qui sera sacré champion de Turquie ? La décision se fera très certainement lors de cette rencontre au sommet. Comme une dernière bataille. L'ultime combat. Celui qui décidera très probablement de qui sera couronné. Notamment dans le cas d'une victoire de la bande à Mitroglou. En effet, c'est la différence de buts particulière qui prime et le match aller s'était soldé sur un match nul (1-1). Si Basaksehir s'incline, il ne pourra renverser la situation lors de la dernière manche, même en cas de défaite de Galatarasay contre Sivasspor. Malheur aux vaincus.

Jérémy Docteur
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