bozok (umut) (V.Michel/L'Equipe)
Ligue 2 - Lorient

Umut Bozok (Lorient) : «Avec Nîmes, j'aurais aimé que ce soit plus professionnel»

Meilleur buteur de Ligue 2 en 2017-18, Umut Bozok n'a pas franchement vécu un rêve en Ligue 1 avec Nîmes. Alors qu'il a décidé de rejoindre Lorient, et donc de redescendre d'un étage, l'attaquant revient sur un épisode gardois qui l'a marqué. Avec l'envie de retrouver le plaisir du but en Bretagne.

«Dans quel état d'esprit débarquez-vous à Lorient ?
J'arrive plein d'envie et plein d'enthousiasme. Je suis content de retrouver un club dans lequel on m'accorde de la confiance et dans lequel, je pense, je peux avoir un rôle à jouer. Je vais retrouver du rythme, ça faisait longtemps, donc je suis content.
 
Comment s'est passée votre réflexion au sujet de votre avenir ?
La saison dernière, déjà, le club de Nîmes voulait me vendre. Puisqu'ils n'ont pas trouvé d'acheteur à un prix exorbitant, ils ont laissé tomber. Du coup, cet été, c'était comme une évidence. Le club ne m'a pas fait jouer, m'a fait part de ses envies et de ses projets. Je ne me retrouvais pas dedans. On a mis en place des discussions avec le club de Lorient, et cela s'est fait rapidement.
 
 
Que vous a-t-on dit à Nîmes pour que vous soyez convaincu d'aller voir ailleurs ?
Je n'aurai pas forcément eu du temps de jeu. Je n'allais pas être un attaquant avec un rôle important dans la saison. On me considérait comme un supplément. Ce n'est pas ce qui m'intéressait.

«J'étais un peu dans le flou»

Revenons sur cette saison 2018-19, votre première en Ligue 1 : auriez-vous un mot pour la définir ?
(Sans hésiter.) Longue.
 
Vous commencez titulaire...
Oui, mais pas longtemps. On gagne les deux premiers matches. Ensuite, je passe sur le banc contre Toulouse et le PSG. Contre Bordeaux, je marque mon premier but et je fais ma première passe décisive. Je fais un match très intéressant. Face à Guingamp, qui vient jouer à cinq derrière, le match est un peu fermé et je rate un penalty (7e journée, 0-0). C'est à partir de là que je ne rejoue pas (NDLR : Il enchaînera trois rencontres consécutives en tant que remplaçant ensuite).
 
À quoi avez-vous remarqué que ce penalty avait pu changer beaucoup de choses ?
Ce n'est pas que cela a changé beaucoup de choses, mais cela a confirmé certaines choses chez certaines personnes. Elles ne comptaient plus vraiment sur moi. Et le fait d'avoir raté ce penalty leur a donné une excuse sur quoi se reposer quand il fallait parler avec le coach. Pour moi, ce n'était pas une excuse valable. On me disait que ce n'était pas à cause du penalty que je ne jouais pas, mais j'ai très bien compris...

 
Dans le foot, ça va très vite : vous marquez 24 buts en Ligue 2 en 2017-18, puis, en quelques mois, tout change diamétralement... Comment l'expliquer ?
Dans ma tête, je voulais avoir du temps de jeu en Ligue 1, et avoir de la confiance au regard de ma saison en Ligue 2. La confiance, je l'avais puisque ça ne se perd pas comme ça. Mais je n'avais pas de temps de jeu. C'est quelque chose que je ne comprenais pas trop et on ne me donnait pas d'explications. J'étais un peu dans le flou. Ça s'est poursuivi et cela a fait que ç'a été une saison très longue pour moi.
Si Umut Bozok n'avait pas perdu la confiance, le manque de temps de jeu à Nîmes l'a pénalisé selon lui. (R.Perrocheau/L'Equipe)
Si Umut Bozok n'avait pas perdu la confiance, le manque de temps de jeu à Nîmes l'a pénalisé selon lui. (R.Perrocheau/L'Equipe)

«On n'a pas pris le temps de m'expliquer les choses»

Vous avez en effet vagabondé entre le terrain et le banc...
Plutôt entre le banc et le banc. Je m'échauffais, je ne rentrais pas. Des fois, j'entrais cinq minutes (NDLR : Il a été titulaire à quatorze reprises et est entré sept fois alors qu'il restait moins de quinze minutes à jouer). Des fois, j'entrais une minute, des fois un peu plus, mais c'était rare. Au final, on est obligé de l'accepter parce qu'on n'a plus trop le choix. Ce sont des choses qui arrivent, malheureusement. J'aurais aimé que ce soit plus professionnel. Peut-être que je ne méritais pas de jouer, même si je ne le pense pas. Mais si, pour eux, je ne méritais pas de jouer, qu'on me le dise clairement. On n'a pas pris le temps de m'expliquer les choses. C'est pour ça que j'ai trouvé la saison longue et que j'étais vraiment dans le flou. Même si cette saison a été enrichissante.
 
À qui en voulez-vous ?
En vouloir, c'est un grand mot. Je ne veux pas pointer du doigt certaines personnes. Aujourd'hui, je suis très heureux. Je souhaite le meilleur à Nîmes. Malgré ce qu'il s'est passé, j'ai quand même vécu une belle histoire. Je leur souhaite de se pérenniser en Ligue 1. Il faut rester professionnel, rester droit. Aujourd'hui, je ne suis plus à Nîmes, ça ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie.
 
Donc pas de rancune ?
Il y en a toujours parce qu'on n'est jamais fier que cela se finisse comme ça dans un club. Mais, au final, non, j'accepte, c'est comme ça, c'est le monde du foot.
«Lorient, pour moi, c'est une progression»
Rester en Ligue 1 n'était pas une priorité ?
Si, bien sûr que c'était la priorité. Quand on est en Ligue 1, on a envie d'y rester. Au final, il faut des fois réfléchir à certains projets. Et quand Lorient vous approche, ce n'est pas la même chose. Lorient, c'est un club de Ligue 1, avec des infrastructures de très haute qualité, avec des personnes très compétentes. Avec l'arrivée du coach (NDLR : Christophe Pélissier, en provenance d'Amiens) et de son staff, c'est encore plus attractif pour les joueurs. Le projet de Lorient m'a été proposé et a été tout de suite validé par mes proches, ma famille, mon agent et bien entendu par moi. Donc ça c'est fait très rapidement.
 
On ne se dit pas que c'est une régression ?
Non, pas du tout. Pour moi, c'est une progression. Ce n'est pas parce qu'on redescend d'une échelle qu'on ne progresse pas. Aujourd'hui, le plus important est de progresser sur le terrain. Si je n'ai pas de temps de jeu, je ne peux pas progresser. Je sais que je n'aurais pas progressé si j'étais resté à Nîmes. Le fait de rejouer va me faire retrouver du rythme, de la confiance, des repères. Des repères, à Nîmes, je n'en avais plus. Parfois, je ne jouais pas pendant deux mois avant de redevenir titulaire, sorti de nulle part. Tout le monde pense que c'est une régression. Je vais plutôt dire que je stagne pour mieux remonter.

«Humainement, j'ai envie de vivre une belle aventure»

Christophe Pélissier redescend également d'un étage. Que connaissiez-vous à son sujet ?
J'ai entendu énormément de bien de lui. À son arrivée, il a beaucoup parlé avec les joueurs. Il est très proche. Il a les mêmes valeurs que toutes les personnes qu'il y a dans ce club. C'est pour ça que ça va coller sur la durée. On est très heureux de l'avoir parmi nous.
 
Sentez-vous que ce club de Lorient est revanchard et ambitieux ? Cela fait maintenant deux saisons qu'il ne parvient pas à revenir en Ligue 1...
Oui, c'est un projet très ambitieux. Mais il ne faut pas absolument se mettre à l'idée de revenir en Ligue 1. L'objectif est de faire de belles performances. Ensuite, ça viendra tout seul.
 
Vous parliez de progression. À quel niveau auriez-vous envie de vous améliorer assez rapidement ?
Dans à peu près tous les domaines. Changer d'air, repartir de l'avant dans un nouveau projet peut me faire du bien. Je peux toujours progresser. Humainement, j'ai envie de vivre une belle aventure. Il y a tout pour.
 
Avec forcément l'envie de redevenir un buteur. Vous n'avez marqué que deux fois en Ligue 1 en 2018-19...
L'émotion du but m'a manqué. J'espère la retrouver rapidement, rien qu'à l'entraînement pour que ça revienne petit à petit.

«Dans le football, on oublie très vite»

Quand on change de club, on fait parfois faire un bilan personnel. Depuis Marseille-Consolat, quel bilan faites-vous de vos trois premières saisons ?
Si je peux te dire une chose, c'est que dans le football, ou oublie très vite (Il sourit.). C'est comme ça. Il faut l'accepter. Mais, cette phrase, ce n'est pas moi qui l'ait inventé, c'est Monsieur Blaquart (NDLR : L'entraîneur de Nîmes) qui me l'a dit. C'est quelque chose que je retiendrai.
 
Dans les médias, souvent, dès qu'on parlait d'Umut Bozok, on parlait du pianiste. Est-ce que ça devenait lassant au bout d'un moment ?
Parfois, ça devient lassant. Mais, la saison dernière, il n'y avait pas de quoi parler d'Umut le footballeur parce que je n'ai pas trop joué. C'est quelque chose de particulier dans le monde du ballon. Des joueurs qui jouent du piano, il n'y en a pas beaucoup. Du coup, quand il y en a un, on "s'acharne" un peu sur lui. Ça ne me dérange pas.
 
Metz n'a pas cru en vous. Vous avez marqué 18 buts en National à Marseille-Consolat, puis 21 en Ligue 2 avec Nîmes, avant donc de connaître la Ligue 1, vous avez 22 ans : comment appréciez-vous, ou pas, ce monde professionnel ?
Ce n'est pas un monde facile, mais il faut savoir s'adapter. C'est aussi pour ça que j'avais une réelle envie de revenir dans la partie nord de la France. La Bretagne me convient très bien. J'ai entendu beaucoup de bien de cette région. Pour l'instant, je suis très bien accueilli et je suis très heureux ici.»
Timothé Crépin 
Réagissez à cet article
500 caractères max
bruno.miglietta 6 juil. à 11:57

Il fallait marquer des buts quand c'était le moment !! (cf: deux penaltys ultra importants manqués, Guimgamp et Nice), faire ta diva quand il a fallu prolonger ton contrat et surtout arrêter de te plaindre par presse interposée pour dénigrer le club !, en conclusion merci à toi pour tes deux saisons au Nîmes-Olympique et maintenant prouve ce que tu prétend être joue et surtout tais-toi !!.

fredathle 3 juil. à 10:50

Courte mémoire et quels remerciements pour ces 24 buts (2017-18)!, meilleur buteur lors de la montée L2-L1 donc pièce maîtresse des crocos , l’année d’après cirage de banc... Incroyable qu’il ne rebondisse pas sur un club de L1

GERRY 2 juil. à 18:12

Facile de cracher dans la soupe quand t'as été surpayé.

maximumuse 2 juil. à 13:33

C'est un renard des surfaces, il s'éclatera avec une équipe balèze qui l'alimentera en caviar, il aurait du rester en Ligue 1 par contre (Nice ou ASSE)A Nimes il est adoré et y sera tj le BienvenuBonne continuation Cher Umut aussi agile des pieds que des mains (il est pianiste)

maximumuse 2 juil. à 13:33

Entièrement d'accord avec Umut, lui avoir préféré Guillaume, attaquant pivot au bilan plus que nul, fût un très mauvais choix, même si Nimes a finalement réussi sa 1ere saison en L1, avec une autre tactique.

ADS :