Un PSG - OM dans les années quatre-vingt-dix. () Archives  L'Équipe
Ligue 1 - OM

Un ancien collaborateur de Bernard Tapie affirme avoir corrompu l'arbitre d'un PSG - OM

Le Monde livre un témoignage accablant pour l'OM des années Bernard Tapie. Marc Fratani, longtemps proche de l'ancien président du club, affirme avoir « couvert » et même « participé » à des faits de corruption.

Au service de Bernard Tapie pendant trente ans, Marc Fratani, brouillé aujourd'hui avec l'ancien président de l'OM (avril 1986-décembre 1994), décrit dans Le Monde daté de dimanche-lundi les coulisses de sa collaboration avec l'homme d'affaires, qu'elle touche à la politique (rapprochement avec Jean-Marie Le Pen lors des élections législatives de 1993) ou à la gestion du club phocéen. Sur ce volet, l'homme de l'ombre affirme avoir été le témoin et parfois l'acteur de faits de corruption.
« J'étais au courant de toutes les activités de Jean-Pierre Bernès, le directeur sportif du club, détaille pour la première fois Marc Fratani. Je les ai couvertes et il m'est arrivé d'y participer. » « À partir de 1988-1989, il [Bernès] se lance avec Tapie dans une entreprise de corruption qui va durer quatre saisons. » « La corruption n'était pas intensive, il ne s'agissait pas d'acheter tous les matches. Ils ciblaient les adversaires principaux. Selon les dires de Jean-Pierre Bernès, l'OM a notamment volé deux titres à Monaco. » À l'époque, rappelle le quotidien du soir, la FFF avait diligenté une enquête sur plusieurs matches suspects, mais seule l'affaire OM-VA a eu des suites judiciaires en 1993.

« On déstabilisait aussi l'adversaire en utilisant des psychotropes »

Marc Fratani admet aussi dans son témoignage avoir été davantage qu'un observateur. « J'ai participé une fois à un achat d'arbitre, assure l'ancien attaché parlementaire de Bernard Tapie. C'était pour un match contre le Paris Saint-Germain, à Paris. Le lendemain de la rencontre, je suis allé lui remettre dans un endroit discret ce qui était convenu. »
Ce n'est pas tout. Fratani affirme encore que l'OM de Tapie a drogué des joueurs adverses. « On déstabilisait aussi l'adversaire en utilisant des psychotropes : du Haddol, un anesthésiant. À l'aide de seringues à aiguilles ultra fines, le produit était injecté à l'intérieur de bouteilles en plastique. Tout ce qui était consommable par l'adversaire était traité. »
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