belmadi (djamel) (A.Reau/L'Equipe)
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«Un joueur d'exception», «Il a le football dans le sang» : ils racontent le Djamel Belmadi joueur et le Djamel Belmadi entraîneur

Coach de l'Algérie championne d'Afrique, Djamel Belmadi a évidemment connu une carrière de joueur de quinze ans entre Marseille, le PSG, Cannes, Manchester City et autres... Ceux qui ont croisé sa route racontent sa personnalité et leurs souvenirs avec l'ancien milieu de terrain des Fennecs.

Luis Fernandez* : «Dans la continuité de Micoud et Vieira»

«Quand je le lance à Paris, c'est dans la continuité de ce que j'ai fait avec Didier Domi et Nicolas Anelka, ou Johan Micoud et Patrick Vieira à Cannes. Il l'avait amplement mérité. J'ai observé ses prises de balle, ses contrôles, son placement, son replacement tactique et je n'ai pas eu de craintes. Ce n'est pas quelqu'un de grand. Il était avec sa taille, sa qualité de contrôle orienté, cette vitesse qu'il avait en lui. Surtout, il avait un bon état d'esprit. Je regarde toujours ça chez les jeunes, c'est primordial. Voir s'ils sont là plus tôt, à l'heure, s'ils restent après. Lui a toujours été dans ce dernier registre. Il avait les qualités pour réussir au haut niveau, je l'ai toujours dit. Il a aussi cette confiance en lui. Avec cette confiance, il faisait tout pour s'imposer, pour réussir. C'est ce qui lui a donné la volonté de s'accrocher au plus haut niveau. Mais ce n'était pas de l'arrogance. C'est toujours quelqu'un qui est resté humble et sérieux. Mais je n'ai jamais ressenti quelqu'un en retrait pour autant, au contraire.
«J'ai observé ses prises de balle, ses contrôles, son placement, son replacement tactique et je n'ai pas eu de craintes.»
Si je l'ai gardé, c'est que le caractère et l'attitude étaient parfaits, et pour moi c'est une priorité chez un jeune. Il se comportait remarquablement bien. Si je l'ai lancé, c'est qu'il était sage. Tu apprends du parcours dans lequel tu commences. Quand on te donne ta chance et que tu réussis, tu te dis que plus tard, c'est à toi de faire partager aux autres. Djamel voit comme ça.» E.G.

*Il a lancé Belmadi en Ligue 1, en tant qu'entraîneur du PSG.

Andy Delort* : «La première fois, je tremblais»

«C'est la sincérité. C'est quelqu'un d'honnête, qui dit les choses, qui les fait. Quand il montre un chemin, il le respecte jusqu'au bout et c'est ce qu'il a fait avec nous pour la CAN. Je connaissais un peu le joueur, mais l'homme, avant la CAN, je ne le connaissais pas. On m'en avait dit que du bien et j'ai vu que j'avais eu les bonnes informations. La première fois qu'il m'a appelé, j'avais le stress. C'est un monsieur de la FAF (NDLR : La Fédération de football algérienne), qui s'occupait de mes documents (NDLR : Pour qu'il puisse jouer pour les Fennecs), qui m'appelait, et il m'a dit : "Tiens, je te passe quelqu'un." Je tremblais. C'était quelque chose de nouveau pour moi. Et c'était très touchant. Je ne l'oublierai jamais. J'avais eu un discours sincère de sa part. Il est super droit. J'ai rarement vu un entraîneur qui arrive à la fois à être sévère et proche des joueurs. Et, en plus, les joueurs savent faire la part des choses : quand il est proche de toi, tu ne vas pas trop prendre la confiance. Le coach trouve le juste milieu. Et dans une équipe comme la nôtre, jeune, avec des joueurs de caractère, c'est l'entraîneur parfait, et on l'a vu. Quand une équipe arrive à trouver son entraîneur parfait, des exploits se créent.
«Quand une équipe arrive à trouver son entraîneur parfait, des exploits se créent.»
On s'appelle de temps en temps. C'est quelqu'un de très, très simple. Il est très impliqué. C'est quelqu'un qui aime énormément son métier. Dans sa qualité sur ses vidéos, son coaching, il m'a impressionné. Ce qui m'a aussi marqué, c'est qu'au dernier moment, contre la Côte d'Ivoire, en quarts de finale de la CAN, il me fait entrer pour le coup franc et les tirs au but. Et ça, il me l'avait dit. Il m'avait dit : "Tu verras, tu auras un rôle à jouer." Et avant de rentrer, il m'a dit : "C'est maintenant." Il donnait sa chance à tous les joueurs. Je me rappelle aussi quand je les ai rejoints à Doha et que j'ai marqué mon but deux jours après (NDLR : en match de préparation pour la CAN 2019) alors que j'étais en vacances. Il était super content. Ce sont des moments inoubliables.» T.C.

*Joueur de Belmadi en sélection algérienne.
Belmadi après le sacre de l'Algérie lors de la dernière CAN. (Reuters)
Belmadi après le sacre de l'Algérie lors de la dernière CAN. (Reuters)

Brahim Hemdani* : «Pour lui, le maillot de l'Algérie, c'est sacré»

«Un homme avec des principes et des valeurs. Quelqu'un d'honnête et qui détonne un peu dans le milieu. Vous savez, c'est un milieu où il y a beaucoup d'hypocrisie, mais lui, non, il est entier. Il déteste l'injustice. Quand il a quelque chose à dire, il ne le fera jamais de manière détournée et ira directement sur l'objet et la personne concernés. Vous ne risquez pas d'être pris à défaut, par derrière. Pendant sa carrière, ça n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été prêté un certain nombre de fois. Il n'a pas eu l'opportunité et la chance de se stabiliser dans un club. Mais, malgré ça, il a fait partie des ces joueurs qui ont toujours poursuivi leur chemin bec et ongle, sans se morfondre sur leur sort. C'est un aussi un trait de personnalité : il est très têtu, il va au bout des choses. Joueur, il ne donnait pas facilement sa confiance. Par contre, quand il vous avait en ami, il n'y avait aucun souci, il était capable de rigoler, de se lâcher. Mais à la base, il est très méfiant.
«Les Algériens ont cette image de quelqu'un qui s'est donné pour l'équipe nationale.»
En Algérie, il a beaucoup joué pour l'équipe nationale, à une époque où il n'y avait pas forcément les moyens qu'il y a aujourd'hui. Et ce n'était pas une problématique pour lui. Pour lui, porter le maillot, c'était un honneur, c'était sacré, c'était un privilège. Malgré les circonstances compliquées, à chaque fois qu'il a été appelé, il a répondu présent. Les Algériens ont cette image de quelqu'un qui s'est donné pour l'équipe nationale. Quand il a été intronisé sélectionneur, les joueurs ont eu ce ressenti-là : le fait qu'il était respecté parce qu'il avait donné au maillot. Et ça, cela a eu un impact non négligeable sur la suite des événements.» T.C.

*Ancien coéquipier à l'OM et en sélection algérienne.

Mehdi Jean Tahrat* : «L'impression d'être un grand frère»

«C'est le coach que j'ai le plus apprécié. C'est quelqu'un d'authentique, de vrai, de très, très professionnel. Il est ultra-rigoureux, il ne laisse pas de place au détail dans son travail. Concernant sa méthode, quand on commence les séances, il aime toucher le ballon. On sent que c'est un coach qui a été joueur, qui aime le football. Avant une séance, on en profite pour faire des exercices à deux touches de balle, il a gardé un vrai esprit de compétiteur, il n'aime pas perdre (Il sourit.). Quelqu'un qui est capable de vous donner l'impression d'être un grand frère dans la relation, mais, en même temps, il garde une certaine proximité professionnelle et une rigueur dans le travail. Vous l'appréciez comme un grand frère, mais vous le respectez parce que vous savez qu'il est exigeant dans le travail. Tellement exigeant que vous savez qu'il ne faudra pas rigoler. On sait que ce sera un autre Djamel. Pendant la CAN, il y avait des moments où on pouvait discuter et rigoler avec lui. Quand vous rentrez dans des séances vidéo ou d'analyse de match, il ne faut pas tenter de rigoler. On passe dans la phase de travail, et c'est alors quelqu'un de totalement différent. C'est ce qui le caractérise le plus.
«Quand on affronte le Nigeria en demi-finales, Riyad Mahrez s'apprête à tirer son coup franc. J'ai le souvenir que Djamel est assis sur la glacière à côté de nous et il nous dit : "Il va le mettre, c'est sûr."»
A la CAN, au fur et à mesure de la compétition, on sentait que ça tournait positivement et on avait ce sentiment que rien ne pouvait nous arriver. Quand on affronte le Nigeria en demi-finales, Riyad Mahrez s'apprête à tirer son coup franc (NDLR : Coup franc victorieux dans les arrêts de jeu). J'ai le souvenir que Djamel est assis sur la glacière à côté de nous et il nous dit :  "Il va le mettre, c'est sûr." En plus, il avait eu une discussion avec lui par rapport au gardien adverse : "Sur les coups francs, essaie de tirer côté ouvert, côté gardien. Si tu le fais correctement, ça peut rentrer." C'est ce qui nous permet de basculer en finale. Cela nous a marqué parce qu'après ça, on s'est dit que c'était impossible qu'on ne la gagne pas. Des fois, on peut avoir des conservations de la vie de tous les jours. Très récemment, il a pris des nouvelles, il demande comment ça se passe, si on va bien. Il est très attentionné. C'est quelqu'un de profondément humain.» T.C.
 
*Coaché par Belmadi en sélection algérienne.

Dame Traoré* : «Inadmissible de rater une passe»

«Je l'ai connu en tant que pote quand il était joueur et au Qatar il est devenu mon entraîneur (rires). C'était plutôt à moi de m'adapter à cette situation. Lui a toujours été le même. Il m'a aidé à m'intégrer, et je l'ai aidé aussi. Mais il a toujours eu ce petit truc pour la communication. Pour lui, le plus important, c'est l'humain. Il sait ce qu'il est capable de faire avec ce qu'il a entre les mains. Et mentalement, avec lui, on était préparé. Dès qu'il a pris l'équipe, on a gagné le Championnat deux fois d'affilée. Il sait ce qu'il veut. Avant de faire quelque chose, il a déjà tout étudié, il sait comment ça va se passer. Quand il vient, il nous expose directement son projet, et il faut le suivre, c'est tout. À l'époque, quand il a repris les rênes, le Barça marchait sur l'Europe, donc il s'en est inspiré. On jouait au ballon, on gardait la balle, on faisait tourner. Pour lui, c'est inadmissible qu'on puisse rater une passe à cinq mètres, un contrôle. En fait, pour lui, tout est un problème de concentration. Tout était important. Si ça durait 1h30, il fallait rester concentré 1h30. Il voulait que tout soit parfait à l'entraînement pour le transposer en match.
«À l'époque quand il a repris les rênes, le Barça marchait sur l'Europe, donc il s'en est inspiré. On jouait au ballon, on gardait la balle, on faisait tourner.»
Je me rappelle un match il y a deux ans. On est premiers et on joue Al-Sadd, deuxième. On perd 0-1 puis on mène 2-1 à la mi-temps. Après 2-2, 2-3. Il reste dix minutes. On revient à 3-3, et ce sont les arrêts de jeu. Youssef El-Arabi part tout seul en contre, il marque et on gagne 4-3. Mais sur le côté, j'ai vu Djamel courir et courir en même temps que Youssef et glisser sur les jambes. On aurait dit que c'était lui qui avait marqué. Il célébrait et glissait sur les genoux. Il vivait le match à fond.» E.G.

*Ancien coéquipier à Valenciennes deux ans, ancien joueur de Belmadi deux ans à Al-Duhail.

Omar Belbey* : «Un joueur d'exception»

«Quand il est arrivé en sélection, on se retrouvait souvent à Marignane, à Marseille. On prenait notre avion ensemble. Avec certaines parties de rigolades. Quand on arrivait à l'aéroport, que la Fédération algérienne nous disait qu'on avait des billets électroniques, qu'il fallait juste prendre le passeport... et qu'il n'y avait rien du tout... (Il rit.) On devait téléphoner à droite, à gauche, pour savoir où étaient les billets. Je me souviens aussi du match de 2001, quand on a joué contre la France (1-4). Il y a ce coup franc. On est trois ou quatre autour du ballon. Djamel, dans toute sa splendeur, prend le ballon et dit : "Laisse, je la mets." On s'est écartés. Il nous a demandé de nous mettre à côté du mur. Il l'a juste fouetté au-dessus. Et il n'avait pas menti. Il avait promis, il la mise. C'était Djamel.
«En Algérie, il était considéré comme l'homme providentiel de par sa stature sur le terrain.»
A l'époque, pour moi, c'était un joueur d'exception. Il avait un certain talent, avec un don pour dénouer des matches et des situations sur une accélération, un geste technique. Quand on n'avait pas trop de solutions, on donnait le ballon à Djamel. Quelqu'un de très efficace balle au pied, de très professionnel, de très rigoureux dans ce qu'il faisait, de très exigeant, déjà à l'époque. En Algérie, il était considéré comme l'homme providentiel de par sa stature sur le terrain. Dans le comportement, il donnait beaucoup de conseils à tout le monde. Mais de là à dire qu'il allait être le prochain sélectionneur de l'équipe nationale, non, je n'avais pas pressenti ça. Mais en tant que joueur, il était très exigeant envers lui-même. Il était fâché contre lui. Cela démontrait une certaine envie de bien faire. Il a fait une très belle carrière de joueur, mais je pense qu'il aurait pu avoir autre chose de meilleur. Etre dans un club européen plus huppé, comme l'Arsenal de l'époque. Aujourd'hui, c'est une fierté. Quand, lors de la CAN 2019, il a dit : "On va aller au bout." et que tout le monde a légèrement souri, même moi, il ne s'est pas trompé. Il est venu, il a vaincu, il est reparti.» T.C.

*Ancien coéquipier en sélection algérienne.

Milan Bisevac* : «Il a le football dans le sang»

«Déjà, c'est quelqu'un qui est très respectueux. À Valenciennes, il accueillait bien les nouveaux joueurs, donc on avait un grand respect pour lui. Dans le football moderne, la communication, c'est hyper important, mais lui a toujours été comme ça. Il était proche des joueurs. Il parlait peu. Mais quand il parlait, tout le monde l'écoutait. C'était simple, discipliné, sérieux. Il savait exactement ce qu'il devait dire, quand, pourquoi, à qui et comment. Il savait que tout se passait dans le vestiaire, qu'avec ça on pouvait avoir des résultats. Donc en fonction du moment, il montait la voix ou il parlait tranquillement.
«Personnellement, je pense qu'il peut devenir un très grand coach, car il est très bon humainement.»
Dans sa tête, il savait ce qu'il voulait faire, il avait l'idée d'être coach. ll a le football dans le sang. Dès qu'il était sur le terrain, si on était bien placé ou mal placé, il était là pour nous mettre en place, pour nous prévenir à l'avance, faire bouger le bloc. On savait qu'on avait de la chance de l'avoir. On a vu quelqu'un qui avait un gros potentiel pour être entraîneur. Personnellement, je pense qu'il peut devenir un très grand coach, car il est très bon humainement.» E.G.

*Ancien coéquipier à Valenciennes.
Belmadi, brassard autour du bras, sous le maillot de Valenciennes. (LAHALLE/L'Equipe)
Belmadi, brassard autour du bras, sous le maillot de Valenciennes. (LAHALLE/L'Equipe)

Rolland Courbis* : «Le coéquipier avec qui on se régale d'être copain»

«On avait eu des échos de lui à Marseille. Un gars qui a le nez sur pas mal de joueurs maghrébins m'avait téléphoné. Au départ, c'était pour meubler l'effectif. Mais puisqu'on avait de très bons échos sur lui, jeune de Martigues avec une grande marge de progression, très sérieux, ça s'est fait. On a sympathisé tout de suite et on est restés en très bon terme. Je m'en rappelle quand j'étais parti de Marseille, je suis allé à Lens et lui était resté. Quand je suis revenu au stade Vélodrome avec Lens, évidemment, j'étais plutôt sifflé qu'applaudi. Mais lui malgré ça, il était venu me saluer, m'embrasser comme si de rien n'était car il pensait que j'avais filé un coup de main pour sa carrière, et ça m'avait fait très plaisir. Il n'a pas la mémoire courte. C'est un gars reconnaissant, et ce n'est pas pareil chez tout le monde.
«Si on parle d'Algériens, autant Zizou je ne me l'imaginais pas coach, autant Belmadi je n'ai pas été étonné quand je l'ai vu coach.»
Son passage a été une bonne chose, ça lui a permis de progresser, même s'il ne jouait pas tout le temps. Quand on est passé par Marseille et qu'on a réussi ou qu'on n'a pas échoué disons, on peut quand même jouer dans beaucoup d'autres clubs, et on progresse aux côtés de grands joueurs. C'était le coéquipier avec qui on se régale d'être copain. Un bon joueur, un gars sérieux qui avait le profil et la personnalité d'un futur coach. Si on parle d'Algériens, autant Zizou je ne me l'imaginais pas coach, autant Belmadi je n'ai pas été étonné quand je l'ai vu coach. Zizou était timide, sauf quand on était quatre ou cinq, il a progressé dans tout. Alors que Djamel était calme, sérieux, ponctuel, le joueur que tous les entraîneurs souhaitaient avoir. Je ne me gêne pas de le dire, il donnait envie à un entraîneur d'entraîner. Et aujourd'hui, c'est un entraîneur qui donne envie aux joueurs de jouer. On voit que son groupe est uni à ce qu'il se passe sur le banc. Voir qu'on mette un joueur comme Slimani sur le banc, et qu'il soit content pour son équipe, c'est fort. Et ça, on le doit à Djamel.» E.G.

*Ancien entraîneur de Belmadi durant deux ans à Marseille.

Yassine Bezzaz* : «Sa force, c'est d'aimer la victoire»

«Son parcours de joueur l'a aidé dans son métier d'entraîneur. J'ai côtoyé quelqu'un qui aime la gagne, même aux entraînements. Je me souviens après des entraînements à Valenciennes : on restait 1h - 1h30 à faire un jeu. Comme il aime gagner, il voulait toujours rester. Et quand il gagne, il aime bien chambrer. Sa force, c'est d'aimer la victoire. Il a transmis ça à ses joueurs. Il a aussi un grand cœur. Il est juste dans ses choix, il aime bien être juste avec les gens. Il aime aussi bien faire ses affaires discrètement. Même avec la réussite qu'il a, il n'aime pas être dans la lumière. Aujourd'hui, il est très respecté en Algérie par rapport à sa personnalité et à ses résultats.» T.C.

*Ancien coéquipier à Valenciennes.
Emile Gillet et Timothé Crépin
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Heraclite 17 avr. à 12:54

A lire tout ceci, on se dit qu'il n'a pas volé la dernière CAN

adakguogeb 16 avr. à 19:05

C'est vrais il est l'homme et l'enfant Algerien parfait

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