ikone (jonathan) pepe (nicolas) thiago mendes (P.Lahalle/L'Equipe)
Ligue 1 - 32e journée

Un trio d'enfer, un milieu brillant et une grande cohérence tactique : comment le LOSC a corrigé le PSG

Dans ce choc au sommet en Ligue 1, les Dogues n'ont fait qu'une bouchée du leader, le PSG (5-1). Explications de la recette gagnante de cette performance XXL.

Ce n'est pas la première fois qu'il le montre. Le LOSC est une équipe qui sait jouer au football. Et quand celle-ci s'applique à le faire, avec ses armes, elle le fait plutôt (très) bien. Même avant l'expulsion de Bernat (36e), les hommes de Galtier ont affiché une certaine cohérence tactique. Que ce soient dans les transitions offensives, les premières relances et l'utilisation des espaces. Le PSG, certes très remanié et toujours touché par une incroyable série de blessures, a souffert défensivement. Surtout, en face de lui, il y avait une équipe qui avait envie de jouer, bien loin d'une opposition «classique» à dix derrière. Dans l'attitude aussi, on a vu une belle mentalité des Lillois, agressifs sur le porteur de balle. Une manière de plus de confirmer que Lille est bien loin d'avoir volé sa place de dauphin. La preuve aussi que même quand on a moins de pétrole, mais de bonnes idées, on peut y arriver.

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Exploiter les espaces dans la profondeur et sur les ailes

Quelle maîtrise des transitions offensives ! À chaque récupération de balle, il y avait toujours les flèches qui partaient vite vers l'avant. Avant d'être en supériorité numérique, le LOSC a surtout tenté d'exploiter la profondeur sur les ailes, entre le piston et le défenseur central : Bernat-Kimpembe et Meunier (puis Alves)-Dagba. Et à chaque fois, on cherchait Bamba ou Pépé qui prenaient parfaitement les espaces dans le dos. Les nombreuses situations lilloises, même si elles ne débouchaient pas toujours sur une occasion franche ou un tir, venaient de là (15e, 20e, 33e, 35e). Le premier but est aussi venu ainsi, même s'il se termine sur un centre envoyé dans la surface, c'est un mouvement sur l'aile qui amène cette possibilité. Le deuxième but de Pépé résume à merveille les principes de jeu du LOSC : forte pression sur le porteur de balle, projections rapides à la récupération et une merveille de passe d'Ikoné pour Pépé qui partait tel un bolide (51e). Imparable.
Deux situations où le LOSC a réussi à prendre à défaut le PSG en attaquant dans le dos de sa défense, notamment en s'intercalant dans les grands espaces laissés par des Parisiens dépassés (capture d'écran : Canal+).
Deux situations où le LOSC a réussi à prendre à défaut le PSG en attaquant dans le dos de sa défense, notamment en s'intercalant dans les grands espaces laissés par des Parisiens dépassés (capture d'écran : Canal+).

«BIP-BIP», qui peut la stopper ?

On le sait : Bamba, Ikoné et Pépé, c'est du velours. Illustration parfaite dimanche soir, et contre le futur champion de France, qui plus est. Sur chaque situation, ils se projettent avec une vitesse déconcertante vers l'avant, mais toujours avec le souci de proposer des appels au bon endroit. Une vraie complémentarité se dégage, aussi. Les permutations n'étaient pas rares, notamment entre Ikoné et Pépé sur le flanc droit. Ikoné, en véritable meneur de jeu avancé, a aussi montré qu'il avait la faculté de bien lancer ses coéquipiers et de sentir les coups. Bamba et Pépé, les joueurs de côté, ont aussi permis d'attirer l'attention des Parisiens sur eux, et d'un peu faire oublier les latéraux (Celik et Koné), toujours dans ce souci d'utiliser les ailes. Et encore, le LOSC, son trio en tête, a aussi vendangé des contres alors qu'ils étaient en surnombre (43e, 62e, 63e). Le troisième but ? Un jeu en triangle entre Koné, Ikoné et Bamba (64e). Facile. Les trois ont été impliqués sur toutes les réalisations de leur équipe.

Thiago Mendes, maestro du milieu

Dans ce très séduisant LOSC 2018-19, il n'y a pas que la star, Pépé. Il y a aussi le très soyeux Mendes. Difficile d'assurer que le Brésilien sera encore un joueur de Lille la saison prochaine. On l'avait même annoncé du côté de la Porte d'Auteuil lors des derniers mercatos. Quoi qu'il en soit, si départ il y a, la perte sera très douloureuse, tant il pèse sur le jeu de son équipe. Dans ce rôle de régulateur du jeu en retrait, il a été encore une fois brillant. Bien aidé aussi par un Xeka qui est monté en puissance au fur et à mesure de la rencontre, alors qu'il peinait au départ. Mais c'est aussi la force d'un collectif bien rodé, dans lequel Mendes est une pièce maîtresse. C'est lui qui récupérait le ballon dans les pieds de Diaby sur le but de Pépé qui a permis de mettre le LOSC devant. Entre autres...

Une domination dans les airs

Bien sûr, la sortie de Silva n'a pas arrangé les choses. Lui d'habitude si précieux dans les airs, notamment sur les coups de pied arrêtés défensifs. Il était tout de même présent sur le premier but. Quand Xeka, seul entre Dagba et le Brésilien, déviait de la tête avant que Meunier ne marque contre son camp (7e). Les buts de Gabriel (71e) et Fonte (84e) sont également venus d'un coup franc et d'un corner. À chaque fois, les Parisiens étaient à la ramasse. Comme Kimpembe plus occupé à tenir le maillot du défenseur lillois que d'essayer de dégager le ballon sur le quatrième but, et complètement devancé par la tête rageuse de Fonte ensuite. Dans tous les domaines, c'est un match à oublier pour le PSG.
Jérémy Docteur 
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Charbey 19 avr. à 12:59

En ayant au PSG 9 absents et jouant à 10 pendant 1 heure...

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