Vahid Halilhodzic, lors de la défaite de Nantes à Saint-Etienne (0-3). ( A.Reau/ L'Équipe)
Ligue 1 - Nantes

Vahid Halilhodzic (Nantes) : « Vahid est unique pour ça »

Vahid Halilhodzic, l'entraîneur de Nantes, est revenu sur l'avenir de son attaquant Emiliano Sala et la difficulté pour un ancien grand joueur de devenir un bon entraîneur.

« Pour une question d'équité ou de récupération, souhaiteriez-vous que la rencontre Nîmes-Nantes, prévue samedi, soit reportée ou cela vous est-il égal ?
Ni l'un, ni l'autre, ce n'est pas moi qui décide.
Nîmes - Nantes également reporté
Quel est l'état physique de vos joueurs à deux jours de ce match ?
Il y a pas mal de petits coups après la victoire d'hier (3-2, contre Marseille). Il y a un petit peu de fatigue, comme pour Valentin (Rongier), qui n'avait pas joué depuis un certain moment. Un joueur pro qui est absent trois jours, il est déjà diminué, et lui, il n'avait pas joué la semaine dernière. Il lui manque le rythme de la compétition, c'est tout à fait normal. Quant à Tatarusanu (forfait face à Marseille à cause de sa blessure au dos), ce n'est pas encore réglé. C'est mieux, mais il ne pourra pas jouer ce week-end.
L'équipe marque beaucoup de buts, mais elle en prend également pas mal...
Si vous êtes plus attiré vers l'attaque, derrière vous vous exposez plus, vous prenez plus de risques, mais on a pris quelques buts sur coups de pied arrêtés. Hier (mercredi), on a pris un penalty aussi qui était un petit peu discutable... Vraisemblablement, on peut améliorer certaines choses. Ce n'est pas acceptable le but pris contre Angers, il était très naïf. On a encore une marge de progression tactique, c'est pour ça que je pense que l'équipe n'a pas dit son dernier mot.
« Si on est capable de battre une équipe comme ça (Marseille), c'est qu'on est capable de battre d'autres grandes équipes »
Vous parliez mercredi soir d'une victoire référence contre Marseille. Qu'entendiez-vous par là ?
Quand tu gagnes contre Marseille, un grand club, ça te donne et grand plaisir, mais aussi de la confiance, de l'ambition. Si on est capable de battre une équipe comme ça, c'est qu'on est capable de battre d'autres grandes équipes. C'est comme ça qu'une équipe peut progresser. C'est par exemple la même chose quand tu joues la Ligue des champions ou la Coupe du monde. Ah ! Je me souviens de Riyad Mahrez, il venait de nulle part et la Coupe du monde (au Brésil, en 2014), lui a donné une telle confiance qu'il est devenu un autre joueur. J'avais reçu des critiques invraisemblables quand je l'avais pris dans l'équipe... Ce n'est pas seulement en t'entraînant que tu progresses, c'est aussi à travers la compétition.
Sala a encore marqué face à Marseille. Êtes-vous inquiet d'un éventuel départ dès cet hiver ?
Pourquoi je serais inquiet ? Tant mieux qu'on parle de lui. Je ne suis pas inquiet. Il va partir ? Bah non, il ne peut pas partir. Pourquoi il partirait ?
Parce que tous les joueurs peuvent partir. Surtout quand ils flambent...
Non. Parce que j'ai dit non. Je ne pense pas qu'il puisse partir.
Avez-vous la garantie de l'avoir jusqu'en juin ?
Combien de contrat lui reste-t-il ? Un an et demi. Le club lui propose de prolonger. Après... Maintenant les entourages de joueurs, vous savez, ils ont les yeux grands ouverts... C'est le business, c'est comme ça. Je suis tranquille vis-à-vis de ça. J'ai d'autres soucis. Pour moi, il n'y a aucun problème. Peut-être que je ne sais pas tout ce qui se passe dans mon dos, moi je travaille sur le terrain. Peut-être que certains profitent de mon travail. C'est comme ça. Je ne suis pas jaloux. Peut-être que j'ai un mot à dire aussi. Tout le monde sait comment je me comporte sur certaines choses.
« Quand tu es joueur, tu ne penses qu'à ta gueule. Quand tu es entraîneur, le dernier à qui tu penses, c'est toi »
Avec Thierry Henry ou Patrick Vieira, on a vu plusieurs anciens grands joueurs devenir entraîneur. Comment passe-t-on le cap ? Que faut-il pour passer de grand joueur à grand entraîneur ?
Quand on devient entraîneur, il ne faut plus parler comme si tu étais joueur, c'est fini. Entraîneur, c'est un métier complètement différent. Quand tu es joueur, tu ne penses qu'à ta gueule. Quand tu es entraîneur, le dernier à qui tu penses, c'est toi. Après, pour être un bon entraîneur, il faut avoir des compétences. On ne les acquiert pas en quelques mois, il faut passer des diplômes. Moi je les ai passés, et j'ai beaucoup voyagé pour voir différentes méthodes d'entraînement. Pour devenir entraîneur, ça ne suffit pas d'avoir été un bon joueur : il y a un aspect social, la communication, la pédagogie, ce n'est pas seulement le terrain. Une équipe de première division, c'est une Formule 1. Et quand tu n'as pas beaucoup d'expérience, ce n'est pas facile. Oui, c'est facile d'arriver devant une caméra et de dire : "On fait ci ou ça". Mais pour faire des séances d'entraînement, ça ne se fait pas comme ça. Il faut un peu de temps. Tu dois te faire virer deux, trois fois, avoir de l'expérience, et des expériences pas toujours positives. Parfois, tu peux avoir de bons résultats et être remercié. Vahid est unique pour ça. Mais je suis encore vivant. »
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