30th September 2015 - UEFA Champions League - Group B - Manchester United v VfL Wolfsburg - Man Utd manager Louis van Gaal - Photo: Simon Stacpoole / Offside. *** Local Caption *** (L'Equipe)
Ligue des Champions - 6e journée

Van Gaal et le théâtre des mauvais rêves

Depuis son arrivée en 2014, Old Trafford s'ennuie. Pour certains, le règne de Louis Van Gaal vire presque au cauchemar. Son management et sa personnalité soulèvent les critiques. Voici ses cinq erreurs.

Se mettre à dos les anciens

La diplomatie et le goût du dialogue ne sont pas les plus grandes qualités du Néerlandais. Ainsi, lorsque Paul Scholes lâchait, le 29 octobre, qu'il n'y a «aucune prise de risque, aucune créativité» et qu'il «n'aimerait pas jouer dans ce Manchester-là», la réponse du coach de Manchester United ne se faisait pas attendre. «Il n'a pas la responsabilité, donc il peut dire ce qu'il veut», rétorquait Van Gaal dès le lendemain. «Pourquoi dit-il de telles choses ? Pour le bien du club ou pour son bien à lui ?» Avant de conclure : «Tout ça parce qu'il est payé par la BBC ou par la Sky.»
Même Ryan Giggs, pourtant adjoint et compagnon quotidien, n'échappe pas aux sarcasmes de Van Gaal, surnommé "la Tulipe de Fer". Lors de l'annonce du recrutement d'Anthony Martial, l'ancien sélectionneur des Pays-Bas le pointait du doigt sans le nommer : «J'ai acheté Martial pour le prochain manager. J'ai l'impression de le présenter», affirmait-il alors que Ryan Giggs se trouvait juste à côté de lui. S'attaquer aux anciens du club, c'est s'attaquer à son identité. Il y a mieux pour s'intégrer et être accepté.

Ne pas avoir su gérer Di Maria

Débauché du Real Madrid à l'été 2014 contre 75 M€, Angel Di Maria n'a pas fait de vieux os du côté de MU. La faute à un Louis Van Gaal qui n'aura pas favoriser son intégration, ni faciliter son arrivée dans un nouveau pays et une nouvelle équipe. Pourtant auteur d'un début de saison canon en Premier League, l'Argentin sera ensuite trimballé de poste en poste (ailier gauche, ailier droit, milieu relayeur). Jusqu'à finir sur le banc. Le départ devenait alors inéluctable. Comme si le technicien ne savait pas comment l'utiliser au mieux, le laisser s'épanouir, installer un dialogue. Ce que le néo-parisien avait confié au Parisien le 1er septembre dernier : «Il est difficile de s'adapter à Van Gaal. J'ai eu plusieurs disputes avec lui.» Et le problème semble se répéter avec Memphis Depay...
Les poignées de main chaleureuses entre Di Maria et Van Gaal ont été peu nombreuses à United. (L'Equipe)
Les poignées de main chaleureuses entre Di Maria et Van Gaal ont été peu nombreuses à United. (L'Equipe)

N'avoir conservé aucun buteur expérimenté

Anthony Martial a du talent à revendre. On ne peut pas en dire autant au niveau de son expérience et de sa régularité. L'attaquant français, qui vient de fêter ses vingt ans, ne comptait qu'une cinquantaine de matches professionnels avant de signer dans le nord de l'Angleterre. Un transfert effectué dans les dernières heures du mercato estival, puisque tous les buteurs expérimentés avaient été poussés dehors : Van Persie et Javier Hernandez vendus, Falcao non conservé. Il ne restait plus que Wayne Rooney, qui n'a jamais été un buteur ou avant-centre type, et Martial, qu'il juge trop jeune pour jouer en pointe. LVG regrettait d'ailleurs le manque d'efficacité de ses buteurs samedi dernier, sur les ondes de la BBC Radio Manchester : «Le seul problème que nous avons, c'est que l'on se doit de finir nos actions.» Seulement, ce problème-là, il aurait fallu l'anticiper et l'éviter. Ce que Van Gaal, premier fautif, n'a pas fait.

Empiler les recrues aux mêmes postes

Recruter c'est bien. Avec raison, c'est mieux. À peine arrivé, Louis Van Gaal a dépensé des fortunes. Luke Shaw (33 M€), Marcos Rojo (20 M€), Daley Blind (17,5 M€), Ander Herrera (36 M€) rien que l'été 2014. Des transferts qui suivaient celui de Marouane Fellaini (32,5 M€) sous David Moyes, et précédaient ceux de Bastian Schweinsteiger (21 M€) et de Morgan Schneiderlin (35 M€) lors du dernier mercato. Soit trois latéraux et quatre milieux relayeurs, rejoignant Michael Carrick.
Le problème n'est donc pas de dépenser de l'argent, le budget le permettant, mais plutôt d'empiler les joueurs aux même postes et faire squatter le banc à d'onéreuses recrues. Sans oublier Victor Valdès, puni en réserve, alors que David De Gea voulait partir et a été retenu contre une prolongation avec une substantielle augmentation de salaire. Les victimes de la Tulipe de Fer ? Le budget du club, le bien-être des recrues, la cohésion de l'équipe...
Schneiderlin, une des nombreuses recrues de l'ère Van Gaal. (L'Equipe)
Schneiderlin, une des nombreuses recrues de l'ère Van Gaal. (L'Equipe)

Ne pas stabiliser les joueurs à un poste

Quasiment tous les joueurs cités ci-dessus ont été baladés sur le terrain. En particulier Daley Blind, tour à tour latéral gauche, défenseur central et milieu relayeur. Mais également Marcos Rojo (latéral gauche ou défenseur central), Ander Herrera (milieu relayeur ou offensif) et Marouane Fellaini (de récupérateur à avant-centre). Que les joueurs soient polyvalents et capables d'occuper deux à trois positions est, certes, un véritable plus. Qu'ils ne se stabilisent jamais à un seul l'est moins. Le manque de repères et d'automatismes se paient, les joueurs le subissent, l'équipe en pâtit.
Maxime Lavoine 
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tarak0 9 déc. à 20:26

Bonjour, effectivement je suis d'accord avec vous pour les 5 erreurs de Van Gaal.Maintenant, si vous êtes d'accord j'aimerai lister 5 choses que LVG a réussies à Old Trafford :1- Stabiliser la défense : on se rappelle de cette défense fébrile qui paniquait à la moindre passe dangereuse sous Moyes, et sous LVG pendant sa 1ère année.2- Finir dans le TOP 4 en 2014-2015 : Aux côtés d'Arsenal, City & Chelsea, c'est pas rien, surtout quand on est en reconstruction.3- (suite...)